logo

 

 

 

Email This PagePrint This Page

Le changement climatique affectera le bassin des Grands Lacs

April 8, 2003 -

TORONTO – Le changement climatique affectera la région des Grands Lacs : il entraînera plus d’inondations et de sécheresses, abaissera le niveau des lacs, réduira leur couverture de glace et provoquera plus d’événements météorologiques extrêmes, selon une nouvelle étude exhaustive publiée aujourd’hui par la Union of Concerned Scientists et la Fondation David Suzuki. Quarante-cinq pour cent des Québécois tirent leur eau du Saint-Laurent, qui prend sa source dans les Grands Lacs. Les changements dans les précipitations, l’évaporation et la recharge des eaux souterraines vont affecter tous les utilisateurs.

Le rapport conclut que le changement climatique pourrait provoquer en Ontario, d’ici à la fin du siècle, une hausse de température de 3 à 6 degrés Celsius en hiver et un réchauffement de 4 à 8 degrés en été. L’analyse scientifique démontre également comment le changement climatique risque d’aggraver les problèmes de santé et d’environnement dans la région. On y conclut cependant qu’il est possible de prendre dès maintenant les mesures nécessaires pour prévenir un bon nombre des impacts les plus graves.

« Le changement climatique va modifier le caractère de l’Ontario, posant des défis à son environnement, son économie et sa population », affirme l’un des auteurs du rapport, la climatologue Katharine Hayhoe. « Pour parer aux impacts les plus graves du réchauffement planétaire, nous pouvons, en faisant appel à notre savoir-faire industriel et notre force économique, réduire la quantité de combustibles fossiles que nous consumons pour produire de l’électricité, faire rouler nos voitures et faire marcher nos industries ».

Confronting Climate Change in the Great Lakes Region est une initiative conjointe de l’Ecological Society of America, de la Union of Concerned Scientists et de la Fondation David Suzuki. Rédigé par des scientifiques américains et canadiens, le rapport est publié simultanément, aujourd’hui même, à Toronto, Chicago, Détroit, Madison, Milwaukee et Minneapolis-St.Paul. Cette étude de deux ans résume les connaissances scientifiques actuelles sur les impacts du changement climatique, principalement dus aux émissions de dioxyde de carbone résultant du brûlage de combustibles fossiles.

« Le réchauffement des températures va mettre en péril la truite de lac et la truite mouchetée de l’Ontario, tout en augmentant le nombre des espèces invasives telles que la moule zébrée et la carpe », déclare Brian Shuter, scientiste chercheur au ministère des Ressources naturelles de l’Ontario et à l’Université de Toronto. Des changements climatiques marqués vont forcer de nombreuses espèces à quitter la région en migrant plus au nord, tandis que de nouvelles espèces vont arriver du sud. Ce phénomène pourrait se prolonger et créer le chaos. »

L’étude produit, en combinant les modèles les plus avancés du système climatique de la Terre et 100 ans de données climatiques historiques sur la région, les prévisions les plus récentes et les plus fiables sur le changement climatique dans la région des Grands Lacs.

Le rapport montre que le nombre de journées de grande chaleur dans la région Toronto-Niagara pourrait doubler d’ici aux années 2030 et dépasser la cinquantaine d’ici aux années 2080. Le taux annuel de décès dus à la chaleur, qui est de 19 à Toronto, pourrait augmenter de 10 à 40 fois d’ici à la fin du siècle, nécessitant l’amélioration des systèmes d’alerte et de la préparation nécessaire pour éviter de tels impacts humains. La hausse des températures va probablement prolonger la période récréative estivale en Ontario, mais la chaleur extrême, les fortes précipitations, l’augmentation des niveaux d’ozone et l’augmentation possible du risque de maladies causées par les insectes et par l’eau vont tempérer l’enthousiasme pour les loisirs de plein air.

« La région des Grands Lacs que nous connaissons va changer définitivement, » fait observer le scientifique et communicateur David Suzuki. « C’est là que j’ai grandi; je me rappelle mes belles journées de canotage et de pêche sur les lacs, d’observation des oiseaux, posté dans les champs des fermiers; le changement climatique est en voie d’affecter dramatiquement les espaces naturels de la région. Cette recherche démontre la gravité du problème actuel »

L’Ontario contient environ le tiers de l’eau douce du globe. Par suite des variations saisonnières des précipitations, les réserves d’eau de la région peuvent diminuer, surtout en été, lorsque les précipitations ne peuvent compenser l’effet d’assèchement d’un climat plus chaud. Les niveaux des cinq Grands Lacs de l’Ontario et de leurs lacs intérieurs sont susceptibles de baisser et l’humidité du sol pourrait diminuer de jusqu’à 30 pour cent en été, sans compter que la compétition pour les ressources hydriques nécessaires à l’irrigation, l’approvisionnement en eau potable et autres usages risque d’augmenter.

En revanche, le rapport montre comment la région des Grands Lacs peut relever le défi du changement climatique, grâce à une approche à trois volets : réduction des émissions de gaz à rétention de chaleur; réduction maximale des pressions humaines sur les écosystèmes; enfin, planification en prévision des impacts d’un changement climatique. L’Ontario pourrait réduire les émissions en augmentant l’efficacité énergétique des industries et des maisons, en développant les sources d’énergie renouvelable telles que l’énergie éolienne et en augmentant la performance énergétique des véhicules.

« En mettant tout de suite en avant des solutions connues, les dirigeants et les citoyens peuvent protéger le riche patrimoine naturel, l’économie dynamique et le bien-être des gens et des communautés de tout l’Ontario », déclare Kevin Knobloch, directeur administratif de la Union of Concerned Scientists. « Si l’on tarde à réduire les émissions, on fera inévitablement augmenter la gravité, le coût et la probabilité de pertes irréparables – une terrible tragédie à léguer à nos enfants et petits-enfants.

Une vidéo d’information est à la disposition des journalistes.

On peut télécharger, à partir de www.davidsuzuki.org/greatlakes, le rapport intégral et un résumé des impacts sur l’Ontario et de leurs solutions.

Pour plus d’information, s’adresser à :

Sarah Marchildon
Spécialiste en communication
Fondation David Suzuki
(604) 732-4228 poste 237

Paul Fain
Secrétaire de presse
Union of Concerned Scientists
(202) 223-6133

Alex Boston
Premier responsable de campagne
Fondation David Suzuki
Cellulaire 604-897-6648