Une étude montre que le Canada peut à la fois respecter le Protocole de Kyoto
April 30, 2002 -
OTTAWA - Le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) a publié une nouvelle étude dissipant le mythe selon lequel des dizaines de milliers d’emplois seront éliminés si le gouvernement fédéral met en oeuvre le Protocole de Kyoto.
Le syndicat canadien le plus grand du secteur de l’énergie, soit le Syndicat des communications, de l’énergie et du papier, et la Fondation David Suzuki se sont joints au CCPA ce matin pour donner une conférence de presse lançant le rapport d’étude sur le changement climatique.
Selon ce rapport intitulé Making Kyoto Work: A Transition Strategy for Canadian Energy Workers, l’augmentation de l’efficacité énergétique et le perfectionnement de technologies nouvelles, dans les domaines des combustibles de remplacement, des véhicules à faible consommation d’énergie et des énergies éolienne, géothermique et marémotrice, présentent d’énormes possibilités économiques. Le rapport d’étude comprend une stratégie qui permet au Canada d’honorer les engagements qu’il a pris à Kyoto et d’assurer une aide à la transition et des emplois aux travailleurs et travailleuses de l’énergie qui perdront les leurs.
Dale Marshall, analyste en politiques sur les ressources qui travaille au bureau du CCPA en C-B et qui est l’auteur du rapport, prévoit que 12 800 personnes travaillant dans le secteur canadien de l’énergie perdront leur emploi au cours des 10 prochaines années si le Canada honore ses engagements pris à Kyoto mais que 16 000 emplois seront créés dans le secteur de l’énergie au cours de la même période.
M. Marshall dit que « les nouveaux emplois n’exigeront pas nécessairement les mêmes compétences et ne seront pas nécessairement dans la même région, et c’est pour cela qu’il faut établir une stratégie aidant à la transition des travailleurs et travailleuses ».
Le SCEP, qui comprend 150 00 membres, a appuyé la ratification du Protocole de Kyoto. Sa politique sur l’énergie comprend une stratégie du genre décrit ci-dessus.
« L’étude appuie notre position selon laquelle l’élimination de certains emplois pendant la période de transition sera compensée dans une certaine mesure par la création d’emplois dans les industries des énergies renouvelables qui prennent de l’expansion dans tout le Canada », déclare Brian Payne, président du SCEP.
« Il n’est pas nécessaire de faire un choix entre les emplois et la protection de l’environnement », ajoute M. Payne. « Il est clair que nous pouvons avoir les deux. »
La Fondation David Suzuki s’est prononcée en faveur de la mise en oeuvre d’un plan de transition équitable pour les travailleurs et les travailleuses de l’énergie. Gerry Scott, de cette fondation, dit que « même s’il y a une augmentation globale des emplois, certains travailleurs et travailleuses verront éliminer peu à peu leur emploi. Une stratégie de transition judicieuse leur permettrait de ne pas payer seuls le prix de la protection du climat. »
« C’est de ce genre d’esprit d’initiative et de prévoyance dont nous avons besoin », a dit David Suzuki. « Plutôt que de nier le besoin d’un changement, comme l’ont fait d’autres groupes d’intérêts, le Syndicat des communications, de l’énergie et du papier s’efforce de régler le problème que peut poser le changement. »
Selon le rapport, un programme canadien de transition équitable pour les travailleurs et travailleuses déplacés dans le secteur de l’énergie coûterait environ 1 milliard de dollars en dix ans. « C’est un bien bas prix à payer pour s’assurer que les travailleurs et travailleuses canadiens de l’énergie ne soient pas laissés en plan », dit M. Marshall. « De plus, le Canada devrait procéder à d’autres investissements judicieux qui créeraient des emplois dans des industries émergentes, notamment en établissant des caisses de l’efficacité énergétique, en faisant passer les subventions des énergies conventionnelles aux énergies renouvelables et en finançant les transports en commun.» Le gouvernement fédéral pourrait obtenir les fonds nécessaires à ces investissements en vendant des permis d’émission échangeables.
Rapport entire
Le Centre canadien de politiques alternatives
L’énergie, soit le Syndicat des communications, de l’énergie et du papier
Pour obtenir une entrevue, veuillez communiquer avec :
CCPA : Kerri-Anne Finn, 613 563-1341
SCEP : Michelle Walsh, 613 230-5200
Fondation David Suzuki : Sarah Marchildon, 604 732-4228