Lettres d'opinion
Libre opinion — Pourquoi il faut dire non à Turcot
(Crédit: GREDELEGRE via Flickr)
Le week-end dernier se tenait à Nashville, au Tennessee, le premier sommet nord-américain rassemblant les ambassadeurs formés par Al Gore pour sensibiliser leurs concitoyens à la crise climatique. Le message de Gore était simple: il faut agir maintenant pour protéger notre climat, relancer notre économie et créer les emplois de demain. Six mois après l'élection de Barack Obama, ce message est entendu partout aux États-Unis.
Lisez le texte complet sur Le Devoir.com.
Pour un Québec libre du nucléaire
(Crédit: mirindas27 via Flickr)
La société de gestion des déchets nucléaires tient cette semaine des consultations à Montréal, Trois-Rivières et Québec pour trouver une communauté consentante à recevoir les déchets nucléaires radioactifs hautement toxiques produits depuis 50 ans au Canada. Ces consultations ne sont que la dernière manifestation d'un mouvement de relance du nucléaire qui a été amorcé avec l'annonce de la réfection de la centrale Gentilly-II en août dernier. Les Québécois ont encore le temps de dire non.
Lisez le texte complet sur le site web de Le Soleil.
Analyse du budget fédéral
« Même si ce budget propose ici et là quelques investissements verts, il représente, dans l'ensemble, un rendez-vous manqué avec l'occasion unique de faire du Canada un leader mondial de l'avenir économique vert. Quel contraste avec le choix privilégié par les Etats-Unis, notre premier partenaire commercial, sous la nouvelle présidence de Barack Obama. Le président Obama, en effet, vient tout juste d'annoncer un investissement immédiat de 55 G $ dans l'économie verte. Pendant ce temps, moins de 5 % du budget Canadien est alloué à une relance économique verte. » Peter Robinson, CEO, Fondation David Suzuki
Les mesures vertes dans le budget 2009
Le gouvernement fédéral continue de se montrer frileux quant aux dépenses favorables à l'environnement, alors qu'un rattrapage s'impose pour empêcher que les Canadiens ne trainent définitivement la queue des pays industrialisés. Ainsi, la déception la plus grande a été de constater l'absence d'un plan d'ensemble vert, qui aurait jeté les fondations d'une économie plus verte. Voilà un sérieux manque d'imagination, et une décevante carence d'innovation de la part du gouvernement fédéral.
Tout comme son voisin du Sud le Canada doit faire sa «révolution verte» ; au lieu que le budget fédéral 2009 adopte des demi-mesures, regardant le train passer... Pire, ce budget prévoit des dépenses majeures dans des projets dommageables pour l'environnement, tels que de nouvelles autoroutes qui, à terme, conduisent à l'étalement urbain, à plus d'embouteillages, à plus de problèmes de santé, au fractionnement d'espaces naturels...
Les mesures favorables à une relance verte, dans ce budget, incluent :
- 1 G $ ont été étalés sur six ans pour la recherche et le développement de technologies vertes aux fins de diminuer l'émission de gaz à effet de serre. Seulement 200 M $ seront disponibles cette année, pendant que des millions de subventions publiques continueront de supporter l'industrie des sables bitumineux. Alors que les scientifiques s'entendent pour fixer à 25 pour cent du niveau de 1990 la cible à atteindre en 2020 pour les émissions de gaz polluants, la cible actuelle du gouvernement se contente d'un faible trois pour cent. La seule technologie retenue comme projet de financement n'est pas une technologie verte, mais bien plutôt une sorte de «trappe à grande échelle» pour attraper et emprisonner le carbone ;
- 407 M $ sur deux ans visant l'amélioration de la compétitivité des services de trains de passagers (Via Rail) ;
- Des crédits d'impôt à valeur de 300 M $ sur deux ans afin d'améliorer le rendement énergétique des maisons.
- Une portion discrétionnaire d'une enveloppe de 1 G $ sur deux ans sera consacrée la rénovation énergétique de logements sociaux.
- 165 M $, sur deux ans, ont été alloués pour compléter des projets d'infrastructure aux fins d'assainissement des eaux, pour 18 communautés des Premières Nations à travers le Canada.
- 80 M $, sur deux ans, augmenteront les sommes dévolues à la gestion et à l'évaluation des sites fédéraux pollués ; on prévoit investir 165 M $, toujours sur deux ans, pour les travaux d'assainissement.
- 10 M $ iront à l'amélioration des communications gouvernementales au chapitre des indicateurs-clés de la santé environnementale (air, eau, émissions de gaz à effet de serre...).
- On a également prévu revitaliser la Gare Union de Toronto, plaque tournante du transport en commun pour le Grand Toronto. Aussi la ligne de train rapide Evergreen Transit, à Vancouver, bénéficiera de fonds budgétaires.
Le Budget Fédéral 2009 était une occasion historique d'initier la mutation de l'économie canadienne en Économie Verte. Certes, il contient quelques petites victoires pour l'environnement, mais il confirme surtout un doute persistant au sujet de la volonté du gouvernement actuel de faire du Canada un leader mondial de la Nouvelle Économie Verte.
L'inaction verte dans le budget 2009
La Fondation David Suzuki déplore le rendez-vous manqué entre le budget 2009 et l'opportunité exceptionnelle d'investir dans la protection et la restauration de la nature. Au premier chef, le Gouvernement a raté sa chance d'instaurer des mesures qui auraient pu aider le Canada à contenir ses émissions de gaz à effet de serre. Le Canada continuera de trainer à la queue du reste du monde pour son retard à mettre en place un plan crédible pour contrer les changements climatiques ; alors qu'il aurait pu prendre le leadership de l'Économie Verte de demain.
Le budget 2009 échoue le test du Plan d'Action Vert sous plusieurs aspects :
- Aucun financement prévu pour le programme gouvernemental d'énergie renouvelable (écoÉNERGIE), dont les fonds sont pratiquement épuisés. Un programme similaire et plus généreux, aux USA, vient tout juste d'être reconduit pour trois ans (26 Janvier 2009). Le gouvernement du Canada a aussi refusé de se joindre à l'Association Internationale de l'Énergie renouvelable : message clair à l'intention des industries de l'énergie propre au Canada (éolienne, solaire et autres), à l'effet qu'elles n'entrent pas dans les priorités gouvernementales. Malheureusement, il faut s'attendre à l'exode vers les USA des investissements en faveur de l'énergie renouvelable.
- Quelques prévisions de dépenses, dans le budget, retarderont l'inévitable transition du Canada vers les énergies propres, en le rendant davantage dépendant d'énergies polluantes et non renouvelables. En effet, le gouvernement a mis tous ses œufs dans le même panier en subventionnant les coûts d'investissement relatifs à la captation et à l'emprisonnement du carbone, au détriment d'enveloppes dédiées à une «Économie basée sur les Énergies Vertes». Pire encore, un montant additionnel de 351 M $ (un cadeau immédiat pour la présente année
- Le budget 2009 a manqué le bateau qui aurait pu conduire à l'assainissement des écosystèmes d'eaux douces et d'océans, au moment où les industries et les communautés qui en dépendent font face à des défis qui mettent en jeu leur survie. Par exemple, rien de prévu en faveur des activités économiques maritimes telles que le cabotage et les lois environnementales qui doivent le régir, ou pour soutenir la régulation des pêcheries.
- Aucun subside dédié à la restauration de «l'intégrité écologique» de nos parcs. Certes des enveloppes de financement ont été consenties, mais elles ne sont destinées qu'aux édifices ou à la construction de routes. Dommage, car c'est surtout la restauration et la protection de notre héritage naturel qui en auraient besoin.
- Des milliards de dollars sont alloués pour le pavement de nouvelles routes et à la construction ou à la rénovation de toutes sortes de ponts et de viaducs, mais rien pour les pistes cyclables ou piétonnières.
- Aucune restriction verte n'a été considérée dans les octrois consentis aux industries de l'automobile et forestières.
Aucun subside consenti au financement de projets d'énergie éolienne, même ceux déjà pratiquement «clé en main». Une fois encore, les investissements afférents prendront le chemin des USA. Dommage pour le Canada.
L'économie verte
Malgré une situation économique de plus en plus préoccupante, «une majorité de Canadiennes et Canadiens croient qu'il est urgent de mettre en place de nouveaux projets environnementaux au Canada» ( Environics Research, décembre 2008). Pourtant, on a peu abordé la possibilité d'un plan de relance économique vert au Canada.
Aux États-Unis, on mise sur un président qui prend au sérieux le problème du réchauffement planétaire. Comme l'affirmait Barack Obama en décembre dernier : «Le temps du déni est révolu». «Nous sommes tous convaincus, ainsi que les scientifiques l'ont démontré depuis des années, que c'est une question d'urgence et de sécurité nationale, à laquelle nous devons faire face très sérieusement. J'ai bien l'intention d'y employer mon administration.»
Le Président élu Obama reconnaît aussi que la création d'emplois verts, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, est un excellent moyen pour stimuler et relancer l'activité économique.
Occasion unique : une relance économique verte, «made in Canada» !
Créer suffisamment de nouveaux emplois de «cols verts» pour contrôler le réchauffement planétaire et, inclusivement, offrir un espoir économique pour celles et ceux qui en ont le plus besoin, est un défi majeur. Voici quelques suggestions de la Fondation David Suzuki pour que des politiques favorables à l'environnement servent à propulser la «nouvelle économie». (Au besoin Cf. sujets pertinents dans la boîte à votre droite).
C'est avant tout une question d'énergie !
En ce nouveau siècle, le secteur industriel le plus productif sera celui de l'énergie, notamment au chapitre des nouvelles sources d'énergie : concevoir de nouvelles technologies d'application, tant pour le solaire que pour l'éolien ou pour d'autres alternatives ; reconvertir les habitations, les bureaux et les véhicules à des formes innovatrices de consommation énergétique. Beaucoup de nouveaux emplois seront également nécessaires à la construction de parcs éoliens et à l'installation de panneaux solaires.
Des emplois de «cols verts» pour renforcer la classe moyenne !
Les emplois des cols verts sont des emplois de qualité. Un investissement massif dans une relance économique verte nécessitera une main d'œuvre qualifiée, qui ne sera pas à la merci des fluctuations cycliques, comme c'est le cas des emplois dans le secteur des matières premières.
La plupart des emplois verts sont locaux !
Le verdissage de notre économie exige des interventions aux endroits mêmes où nous vivons et travaillons, notamment dans notre façon d'y circuler. Les emplois afférents peuvent donc difficilement, sinon pas du tout être exportés.
Le bien-être de la planète et la productivité économique vont de pair !
À mesure que le verdissage économique augmente l'efficacité énergétique tout en préservant les matières premières, c'est la productivité de l'économie canadienne toute entière qui en bénéficie. À ce chapitre, malheureusement, notre performance traîne à la queue du peloton des pays de l'OCDE.
Un emploi de col vert renforce le tissu social !
Qu'on soit en ville, en campagne ou dans les communautés nordiques, nos municipalités souffrent depuis des décennies du manque d'intérêt et d'investissement dans leur croissance. Par contre, de nouveaux investissements dans les transports en commun, et des programmes d'évaluation énergétique pour nos villes et municipalités, de même que la multiplication de parcs éoliens et l'extension du Programme ecoÉnergie pour les populations nordiques ou éloignées, voilà du pain sur la planche pour les nouveaux cols verts qui en feront bénéficier tout le tissu communautaire.
Un col vert est un employé de la planète !
Hé oui ! Le col vert s'emploie à préserver et à augmenter la qualité de l'environnement. Sa mission supporte un complexe industriel dont la croissance nous aidera à vaincre notre dépendance au pétrole, à contenir nos émissions atmosphériques, à éliminer les agents toxiques et à préserver les écosystèmes.
C'est avant tout une question de leadership !
La résolution de la crise à laquelle nous sommes confrontés dépend moins de notre capacité d'innovation technologique que d'interventions de leadership responsable et consistant.
Nous devons créer de nouveaux emplois d'un nouveau type en investissant dès maintenant dans un projet d'économie prospère et durable pour le 21 e Siècle. Ces emplois devront reposer sur les progrès du savoir dirigé vers le développement et l'exploitation de sources d'énergie alternatives/renouvelables.
La récession actuelle offre l'occasion de s'assurer que les investissements publics et privés dédiés à la relance économique, soient dirigés vers des solutions énergétiques propres, à faible émission de gaz carboniques.
Lettre au ministre Flaherty
Monsieur le ministre Flaherty,
Pendant la période des Fêtes, alors que vous établirez les bases du budget à venir, permettez-moi de vous lancer un défi : soyez innovateur! L'occasion vous est offerte d'aborder, non pas une, mais bien deux crises majeures auxquelles le Canada et le reste du monde sont confrontés. Alors que la situation économique actuelle fait quotidiennement les manchettes et que les épargnes des ménages canadiens disparaissent, le consensus scientifique concernant le réchauffement de la planète continue de susciter une douche froide à Ottawa.
En faisant preuve d'un leadership fort, vous avez le pouvoir d'entreprendre un chantier national pour résoudre ces deux crises étroitement reliées en un seul coup de maître.
Premièrement, envisagez cette crise sous un angle nouveau. Plutôt que de relancer l'économie en mettant notre environnement de côté, pourquoi ne pas saisir l'opportunité pour jeter les bases d'une nouvelle économie plus prospère? Désormais, l'économie durable est la nouvelle économie.
Deuxièmement, considérez une réforme fiscale écologique ou la création d'un ensemble de mesures de relance vertes qui permettra au Canada de transformer son économie en une économie d'avenir. Cette nouvelle économie verte s'appuiera sur la connaissance et sur l'exploitation de sources d'énergies alternatives et renouvelables. Remplaçons les emplois perdus par des emplois dans les nouvelles technologies vertes. Investissons dans les infrastructures vertes en privilégiant des voies ferrées et le transport en commun plutôt que des routes; dans les énergies renouvelables plutôt que dans l'énergie nucléaire; dans des bâtimentsintelligents plutôt que des structures inefficaces; dans des véhicules performants sur le plan énergétique plutôt que ceux plus énergivores. L'énergie constituera le secteur le plus dynamique du prochain siècle.
Il est clair que de tels investissements représentent des coûts. Mais puisque vous avez déjà reconnu que vous aurez à dépenser pour sortir le Canada de cette récession, il ne vous reste plus qu'à faire preuve de vision dans vos choix. La bonne nouvelle est que si vous dépensez intelligemment, vous réaliserez davantage à moindre coût. N'est-ce pas la une bonne décision pour investir dans l'avenir ?
Le retour sur l'investissement sera rapide avec plus de 40 000 emplois créés à court terme et ce, dans des secteurs diversifiés, allant de la construction aux emplois manufacturiers, en passant par la recherche et le développement.
En ce temps de crise, le secteur privé se tourne vers vous pour faire preuve de leadership. Alors qu'une toute nouvelle industrie émerge, celle des infrastructures et des énergies propres, nos entreprises ont besoin d'être supportés pour convaincre leurs investisseurs.
Les Canadiens réclament des politiques qui protègent l'environnement. Indiquez-leur la voie vers des solutions d'énergie propre avec des objectifs clairs. Rapidement, les investissements relanceront une économie du XXIème siècle plus prospère, plus compétitive et surtout, plus durable.
Selon des données de l'institut Pembina, en finançant des projets d'énergies renouvelables, le Canada pourra réduire ses dépenses d'importation de gaz naturel et de pétrole tout en triplant la valeur de son investissement. De plus, le financement de projets d'autobus à haut rendement énergétique ou de trains légers pourraient générer des retombées de plus de 31 milliards de dollars sur notre PIB.
Une étude réalisée le mois dernier par la Fondation David Suzuki et l'institut Pembina a démontré que l'économie canadienne pouvait croître de 20 tout en rencontrant des engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 25 par rapport au niveau de 1990. Alors que la pression internationale se fait de plus en plus forte pour que le Canada réduise ses émissions de gaz à effet de serre, les investissements verts sont une option logique autant sur le plan économique que politique.
Le temps est venu de relever ce défi. Sous la présidence de Barack Obama, l'économie américaine s'apprête à prendre un virage majeur en faveur d'une économie durable. Les entreprises et industries canadiennes ne doivent pas être laissées derrière. La crise que nous vivons nous offre l'occasion de relancer notre économie en positionnant l'énergie et l'environnement au centre de ce nouveau chantier national.
Très sincèrement,
Karel Mayrand
Directeur général de la Fondation David Suzuki au Québec
Lettre de David Suzuki au Père Noël
Cher Père Noël,
Je sais que vous avez travaillé fort la nuit de Noël et que vous savourez un repos bien mérité. Mais comme beaucoup d'enfants canadiens, je suis impatient de voir ce que nous réserve la prochaine distribution budgétaire du Gouvernement Harper. Je crains qu'il n'y en ait que pour la liste des grippe-sous de la relance économique : l'industrie automobile, les compagnies forestières et le monde des affaires... Mais vous devez laisser sous le sapin de vrais certificats-cadeaux au service d'une croissance économique durable. Je m'empresse donc de vous adresser ma propre liste en espérant que vous pourrez conseiller M. Harper.
1. Récompenser les enfants sages
Père Noël, à chaque jour depuis des semaines des industries en difficulté ont réclamé des cadeaux de plus en plus gros. Plusieurs d'entre elles sont responsables de leurs difficultés et du chagrin de plusieurs autres enfants. Père Noël vous ne devez récompenser que les enfants sages. Pas les vilains qui ont fait sourde oreille aux appels insistants en faveur d'une plus grande efficacité énergétique et boudé les perspectives de développement durable. Pour recevoir vos certificats-cadeaux, ils doivent dorénavant s'engager à être sages et veiller aux intérêts économiques et environnementaux, à long terme, de tous les canadiens.
2. Écouter l'esprit des Noëls à venir
Quand monsieur Harper recevra la visite des esprits de Noël, il devra écouter attentivement l'esprit des Noëls à venir. Il verra les menaces que font planer les changements climatiques sur nos infrastructures en décrépitude : les températures extrêmes et les inondations qui abiment nos infrastructures d'eau, nos routes et nos ponts. Nos immeubles qui sont des paniers percés... Imaginez si M. Harper écoute l'esprit des Noëls passés pour construire l'avenir. Oh là là! Quel gâchis!
Une lueur d'espoir, cependant, pourrait venir des programmes d'investissement massif dans les infrastructures, auxquels les gouvernements ont recours en temps de crise. Il faut rénover en faveur de l'efficacité énergétique, améliorer les transports publics et le système ferroviaire plutôt que de paver de nouvelles routes. On doit aussi investir dans les énergies renouvelables et lancer un programme de conservation de l'énergie. Les enfants appauvris par la crise apprécieront une réduction de leur facture énergétique.
3. Pas d'or noir dans mon bas de Noël vert
Comme habitant du Grand Nord, Père Noël, vous subissez les effets les plus désastreux du réchauffement planétaire. Présentement le Canada utilise l'atmosphère comme dépotoir gratuit pour ses émissions polluantes, largement produites par la combustion, l'extraction et la production des carburants fossiles. Cette situation perdure parce que le Gouvernement Harper continue de croire que des mesures volontaires suffiront à réduire nos émissions. Ceci empêche le Canada de saisir l'énorme marché de la production industrielle propre qui représentera bientôt 500 milliards annuellement.
Père Noël : notre économie se fossilise! Il urge donc que le gouvernement amorce un virage vers les nouvelles industries vertes. Cela ne peut se faire qu'en fixant un prix sur nos émissions de carbone et en soutenant financièrement les technologies vertes de l'avenir. Pas celles du passé. Donc surtout pas de lingots d'or noir dans mon bas de Noël!
4. Des espaces verts pour vos rennes
Père Noël, notre planète est notre maison. Elle est aussi celle d'une multitude d'autres espèces qui, si elles profitent d'écosystèmes en santé, contribuent à notre qualité de vie et à l'indispensable production économique qui la soutient. Seule la protection des terres agricoles, des forêts, des cours et des plans d'eau, des terres humides ainsi que des autres espaces verts, peut assurer aux Canadiens de pouvoir respirer de l'air pur, boire une eau propre et consommer des aliments sains.
Pensez à vos rennes : les forêts du nord du Canada sont un poumon écologique qui contribue à retirer et entreposer du carbone de l'atmosphère. Le gouvernement de M. Harper doit faire le nécessaire afin que celles-ci soit restaurées et protégées. Vos rennes pourront y courir librement pour des centaines d'années.
Voilà Père Noël. Sans doute ai-je abusé de votre générosité...
J'attendrai le cœur vibrant d'espoir. Ce que je désire avant tout comme cadeau est un grand bas de Noël vert, plein de projets pour un Canada qui a l'opportunité de se réinventer. Il ne suffira pas d'envelopper de vert les habituels cadeaux aux industries. Les enfants du Canada méritent mieux que ça !
Sincèrement,
David
« C'est l'économie, stupide ! »
Commentaire sur la première semaine de campagne électorale au Québec
Lors de la campagne présidentielle américaine de 1992, Bill Clinton avait rendu cette phrase célèbre en s'en servant contre George Bush père qui présidait les États-Unis lors d'une crise économique dont le pays se remettait difficilement. Les campagnes électorales canadiennes et américaines 2008 ont à leur tour été marquées par une des pires crises financières et elle en a été l'élément déterminant. Sans surprise, la campagne électorale québécoise a démarré sur le même thème.
Après une semaine de campagne, il est toujours difficile de bien comprendre ce qu'offrent les partis politiques pour s'attaquer aux causes structurelles de la présente crise. Outre les aides d'urgences et autres mesures temporaires, les partis font preuve de peu d'imagination pour saisir cette crise et renforcer notre économie à long terme. Mais surtout, la crise financière a évacué les enjeux environnementaux des discussions. Voici donc quelques suggestions à l'intention des partis visant à définir une vision à long terme et à établir les bases d'une économie durable au Québec.
Atteindre le déficit écologique zéro
Le déficit zéro a été érigé en dogme depuis une décennie. Pourtant, chaque année l'économie québécoise creuse une dette écologique que l'on remet aux générations futures. Notre capital écologique se déprécie et disparaît à une vitesse effarante et la capacité de nos ressources à se renouveler a franchi une limite. L'épuisement de notre capital écologique met en péril notre croissance future puisque le Québec demeure une économie basée sur ses ressources naturelles. Notre développement économique actuel revient à brûler les planches de notre maison pour chauffer le poêle. Devant l'urgence d'arrêter ce pillage, le parti Libéral propose d'ouvrir le Nord au développement tous azimuts. Le parti Québécois souhaite développer des gisements gaziers sur les rives et dans le golfe du Saint-Laurent. L'Action démocratique préfère vendre Hydro-Québec. Le Québec demeure un pays d'extraction de ressources. Une colonie comptoir moderne.
Augmenter l'épargne des ménages
Une des principales causes de la crise financière actuelle est la grande facilité d'accès au crédit des ménages, combinée à un conditionnement de tous instants à la surconsommation. Les ménages sont aujourd'hui plus endettés que jamais au Québec, avec un taux d'endettement représentant 110% de leur revenu disponible en 2008. Les faibles taux d'épargne inquiètent depuis longtemps les économistes. Les partis souhaitent stimuler la consommation et faciliter l'accès au crédit pour sortir de la crise. N'est-ce pas là la cause même de cette crise ? Nous vivons à crédit dans notre compte de banque et aussi à crédit sur notre environnement. Il est temps d'arrêter cette spirale et d'aider les Québécois à réduire leur empreinte environnementale en regarnissant leur compte de banque.
Rétablir notre balance commerciale
Le Québec a eu un déficit commercial de 11 milliards $ en 2007. Ce déficit commercial est principalement dû aux importations de pétrole d'une valeur de 14 milliards $. Notre dépendance au pétrole impose une saignée financière qui nous appauvrit collectivement. Jusqu'à présent, un seul des trois partis a annoncé son intention de diminuer notre dépendance en... 2030. En investissant massivement dans la réduction de notre dépendance au pétrole, nous pourrions atteindre nos objectifs de lutte aux changements climatiques, améliorer notre balance commerciale et nous enrichir collectivement de plusieurs milliards.
Investir dans nos infrastructures pour relancer l'économie
Les investissements dans les infrastructures québécoises qui ont été amorcés depuis un an contribuent à doper le PIB en ces temps de ralentissement. Cependant, la majorité des sommes investies dans les infrastructures routières vont à la réfection de routes et à la construction de nouveaux tronçons. Les investissements énergétiques les plus importants vont dans l'hydro-électricité et le nucléaire. Alors que l'on renouvelle une grande partie de nos infrastructures, nous avons l'occasion rêvée de repenser notre développement et de créer des emplois structurants. Plutôt qu'investir dans le béton, ne devrions-nous pas investir dans l'innovation et de vraies solutions : les transports collectifs et l'efficacité énergétique, notamment dans le bâtiment. La deuxième Baie-James est ici, à Montréal.
Rehausser notre productivité
La productivité de notre économie est grevée par les problématiques de circulation automobile et de transport routier, notamment dans la région de Montréal. Les coûts en perte de productivité de la congestion routière à Montréal sont évalués à 600 millions de dollars annuellement pour les entreprises et à 500 millions de dollars pour les particuliers. L'explosion du parc automobile dans la région de Montréal a mené à un accroissement de la circulation et des problématiques qui en découlent. Le temps perdu dans les bouchons et les problèmes de santé liés aux épisodes de smogs chroniques constituent un poids sur notre économie et notre système de santé. Aucun parti ne propose à ce jour de solutions à long terme bien que la première semaine de campagne se soit déroulée sous un smog épais.
Alors que la seconde semaine de campagne s'amorce, la tentation est forte pour les partis de saupoudrer ici et là des solutions à court terme pour satisfaire des électeurs inquiets et de faire passer l'environnement à l'arrière plan, comme c'est le cas lorsque l'économie est en difficulté. Mais les temps changent. Devant les constructeurs automobiles qui demandent une aide d'urgence, le Président élu Obama vient d'affirmer qu'il rendrait cette aide conditionnelle à la mise sur le marché de véhicules plus performants au plan énergétique.
Relancer l'économie et créer des emplois de qualité tout en protégeant notre environnement. Voilà une vision d'avenir : c'est le développement durable, stupide !


