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Autour d'un vert d'épinette
Chaque mois, un membre du Cercle scientifique David Suzuki offre gratuitement une conférence. Ce mois-ci, le Dr. Sébastien Sauvé est professeur agrégé en chimie environnementale à l'Université de Montréal, présente sa conférence sur les médicaments dans l'environnement.
L'utilisation croissante des médicaments, des produits de soins personnels et des perturbateurs endocriniens engendre des apports continuels dans les eaux de surface et les eaux potables.
Lors de cette conférence, Sébastien Sauvé présente ses travaux de recherche sur l'occurrence des contaminants émergents (ex.: composés pharmaceutiques, produits de soins personnels, hormones, pesticides, etc.), dans les eaux d'égouts et les effluents et les boues des stations d'épuration des eaux usées, dans le fleuve et les rivières ainsi que dans l'eau potable de la région montréalaise.
Pas à Montréal? Pas de problème : la conférence sera diffusée en ligne. Envoyez un courriel à l'adresse scientifiques@davidsuzuki.org pour vous inscrire et reçevoir les détails.
L'échec fondamental de l'environnementalisme
(Crédit : marinephotobank via Flickr)
L'environnementalisme a échoué. Au cours des 50 dernières années, les environnementalistes ont réussi à sensibiliser les gens, changer les pratiques d'exploitation forestière, arrêter les méga-barrages, les forages en mer et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais nous étions si concentrés à nous battre contre nos opposants et à chercher l'appui du public que nous ne nous sommes pas rendu compte que ces batailles sont le reflet d'une vision fondamentalement différente de la place que nous occupons dans le monde. Et c'est notre vision sous-jacente et profonde du monde qui détermine la manière dont nous traitons ce qui nous entoure.
En tant qu'espèce, nous n'avons pas fait face aux grands événements qui ont changé notre relation avec la planète. Au cours de la majorité de l'existence de l'espèce humaine, nous avons vécu comme des chasseurs-cueilleurs nomades dont l'impact sur la nature pouvait être absorbé par la résilience de la biosphère. Même à la suite de la révolution agricole, il y a 10 000 ans, l'agriculture a continué de dominer nos vies. Nous avions la nature à cœur. Les gens qui vivent près de la terre comprennent que les saisons, le climat, la météo, les insectes pollinisateurs et les plantes sont essentiels pour notre bien-être.
Continuer »Les médicaments dans l'environnement
(Crédit : e-magic via Flickr)
Quels médicaments pourraient se retrouver dans l'environnement? Les médicaments qu'on retrouve en pharmacie peuvent tous se retrouver dans l'environnement. Dans une mesure limitée, il peut y avoir des rejets aux points de production industrielle des médicaments, mais sauf en cas de lacunes réglementaires, cette voie de contamination est généralement minimale. On s'inquiète aussi de la vidange des médicaments non consommés dans les toilettes, mais on estime généralement que moins de 10 % des médicaments consommés sont ainsi jetés. Je me permets de souligner l'importance de rapporter les médicaments non utilisés à la pharmacie pour qu'ils puissent ainsi être détruits convenablement.
La contamination de l'environnement par les médicaments vient donc principalement de leur consommation par les humains ou par les animaux. Les gens qui consomment des médicaments vont en rejeter une portion significative intacte ou transformée à travers l'urine et les selles. Des quantités très significatives de plusieurs médicaments et de leurs métabolites se retrouvent dans les égouts et vont transiter vers les stations d'épuration urbaines avant d'être ensuite rejetées dans les cours d'eau environnants. On obtient une situation similaire en milieu agricole pour l'utilisation vétérinaire des médicaments sur les animaux malades, par contre, cet usage plus restreint est sûrement moins dommageable que les immenses quantités de médicaments qui sont utilisés de façon prophylactique à grande échelle pour accélérer la croissance du bétail, des volailles ou encore en aquaculture.
Continuer »Le 4 juin, Silence, on parle!
(Crédit : martisak via Flickr)
Ces derniers mois, les lois environnementales qui protègent l'extraordinaire patrimoine naturel de notre pays — notre air, l'eau, le sol et la trame de la vie — ont été vidées de leur substance. Parallèlement, ceux qui veulent protéger cet héritage naturel ont été la cible d'un effort sans précédent et concerté visant à discréditer, brimer et étouffer leurs voix.
Le 29 mars, le gouvernement fédéral est allé plus loin encore en se donnant les moyens de ses ambitions. Plutôt que de suivre les procédures prévues pour faire modifier les lois, et de permettre à nos représentants élus de tenir un débat approfondi, le gouvernement a enfoui une réforme de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale dans un gigantesque projet de loi omnibus sur le budget, le C-38.
Continuer »Le Québec puissance pétrolière : Dream Baby, Dream
(Crédit : mrpbps via Flickr)
Les revoilà. L'Institut économique de Montréal (IEDM) vient de publier une note économique sur la consommation de pétrole et le potentiel d'exploitation de cette ressource au Québec. Pour ceux qui ne connaissent pas l'IEDM, il s'agit d'un institut de recherche indépendant qui prône la création de richesse par le libre-marché. L'Institut, aux sources de financement confidentielles, bénéficie d'une visibilité médiatique considérable.
L'IEDM prétendait en 2008 qu'il y avait des surplus d'eau dans le fleuve Saint-Laurent qui se perdaient dans la mer, ce qui justifiait d'exporter l'eau douce québécoise. L'une des administratrices, Nathalie Elgraby-Levy (aussi administratrice de TVA), nous assène périodiquement des chroniques qui nient l'existence des changements climatiques. Disons que nous pouvons qualifier la crédibilité scientifique de l'IEDM sur les enjeux environnementaux de douteuse, tout au mieux.
Nous nous réjouissons donc que l'IEDM ait choisi dans sa note économique sur le pétrole de ne pas s'avancer sur le terrain environnemental. C'est tout à son honneur. Cela dit, l'IEDM n'a consacré que... quatre pages (!) à étudier l'importante question de la consommation et de la production de pétrole au Québec. C'est peu, pour dire le moins.
Continuer »La règlementation environnementale ne doit pas être allégée, elle doit être renforcée.
(Crédit : - POD - via Flickr)
Si le gouvernement fédéral avait proposé des changements aux processus d'évaluation et de règlementation environnementales permettant d'augmenter leur efficacité, sans nuire à leur applicabilité, peu de gens s'y seraient opposés. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Non seulement les changements annoncés faciliteront, autant pour le gouvernement que pour l'industrie, la mise en chantier de plusieurs projets comportant des risques économiques et environnementaux, mais ils minimiseront aussi la portée de la voix de la population canadienne sur des sujets pourtant d'intérêt national.
D'après l'énoncé budgétaire, nous pourrions croire que les doublons et les échéanciers jugés trop longs forment le nœud du problème. Faux. Comme le souligne l'institut Pembina, environ un grand projet d'exploitation minière de sables bitumineux a été approuvé chaque année au cours des cinq dernières années, et ce nombre est en croissance. Certaines personnes, dont Peter Lougheed, ancien premier ministre de l'Alberta, soutiennent d'ailleurs qu'il serait plus profitable de ralentir le processus, tant pour des raisons économiques qu'écologiques. La plupart du temps, les blocages dans les processus d'évaluation environnementale sont causés soit par le manque de volonté de l'industrie à respecter les délais pour transmettre les informations aux organismes gouvernementaux, soit par le manque de ressources au sein même du gouvernement. La situation ne risque pas de s'améliorer puisque le financement gouvernemental en matière de surveillance et d'application des lois environnementales fera l'objet d'éventuelles coupures.
Continuer »Le 22 avril vu de l'intérieur
À 14h, le 22 avril 2012, les cloches de 1200 églises au Québec ont résonné. Puis, perchés au sommet d'une scène au bout de la Place des Festivals, Fred Pellerin, Marina Orsini et Dominic Champagne ont martelé : « Nous, hommes, femmes et enfants de bonne volonté, nous nous rassemblons pour dire au monde que nous avons à cœur la terre riche, généreuse et fragile que nous habitons. Et la défense du bien commun en ce pays! » Puis un grand tonnerre a résonné, le grand exutoire tant attendu, la libération, 300 000 personnes qui reprennent la parole. Dans ce pays où il faut 300 000 personnes pour faire contrepoids à quelques dizaines de lobbyistes, le tocsin a sonné. L'heure du grand réveil est arrivée.
Depuis des années — est-ce dix, quinze ou vingt ans? On ne s'en souvient même plus — les gens ont perdu l'espoir de pouvoir décider ensemble de leur avenir, de celui de leurs enfants. Depuis des années, la croissance économique à tout prix nous est assénée comme un culte, une fatalité. La qualité de vie a fait place au culte de la croissance. Plus de choix possible. Chacun porte sa désillusion. Puis nous avons compris que nous ne serions plus seuls le 22 avril. Nous sommes venus de partout en famille, entre amis, le regard plein d'espoir et de fierté. Les autobus ont convergé sur Montréal en provenance de 50 villes du Québec. Nous avons pris la ville, puis nous avons étreint la montagne, notre montagne. Notre pays.
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