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Climat : une question de certitude

Photo: Climat : une question de certitude

Par Dominique Paquin

Par Dominique Paquin, spécialiste en modélisation climatique et membre du Cercle scientifique

Il y a quelques jours paraissait le rapport de synthèse du cinquième rapport d'évaluation du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Sera-t-il prisé des médias ou éclipsé par l'Ebola ou bien par l'attaque des « loups solitaires »? Qu'importe, que contient ce rapport que nous ne savons pas déjà? Par le processus même du GIEC, les quelques 3 000 pages du rapport sont déjà publiées et la synthèse n'est au fond qu'un résumé succinct des faits saillants.

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Nos bénévoles mobilisés pour le droit de vivre dans un environnement sain

Photo: Nos bénévoles mobilisés pour le droit de vivre dans un environnement sain

Crédit photo: Rebecca Segal

Par Raïssa Epale

La Tournée bleu Terre a pris fin au Québec le 16 octobre dernier. En regardant tout ce qui a été accompli, nous ne pouvons qu'éprouver de la fierté et de la reconnaissance envers tous nos bénévoles qui n'ont pas hésité une seule seconde à donner de leur temps pour la réussite de ce grand moment.

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Le mouvement bleu Terre se déploie à l'échelle du Canada

Par David Suzuki

Au fil des années, j'ai pu constater à quel point le Canada et le monde ont changé, à la fois pour le mieux et pour le pire. Grâce en partie à l'énergie bon marché et à la croissance technologique, la grande famille humaine est devenue trois fois plus grande, soit 2,2 milliards en 1936, l'année que je suis né, jusqu'à 7 milliards aujourd'hui. Quand j'étais petit, je pouvais boire de l'eau directement des ruisseaux et des lacs sans me soucier d'en tomber malade. Mon père m'amenait pêcher le flétan, l'esturgeon et le saumon au bord de l'eau à Vancouver. Bref, pas mal tout était bio dans ce temps-là.

Mes parents sont bel et bien nés au Canada, et y ont grandi comme n'importe quel autre citoyen jusqu'à ce que notre famille soit incarcérée dans la région Intérieur de la Colombie-Britannique durant l'internement des Japonais-Canadiens durant la Deuxième Guerre mondiale. Étant des gens de couleurs, mes parents n'ont eu le droit de vote qu'en 1948. Les Autochtones, eux qui vivaient sur les réserves, n'ont eu ce droit qu'en 1960. Jusqu'en 1969, il était criminel d'être homosexuel — certains en ont fait de la prison -, mais les couples de même sexe ont aujourd'hui le droit de se marier. Grâce au système de soins de santé d'aujourd'hui, on ne s'inquiète plus de devenir malade comme mes parents l'avaient fait dans le passé. Les temps ont réellement changé.

Il est aussi vrai que notre environnement naturel a subi le coup des comportements humains depuis les années 30 et 40, mais nous avons néanmoins fait du progrès extraordinaire en matière de droits fondamentaux et de programmes sociaux. Notons bien que c'est grâce aux luttes sociales que nous témoignons de ce progrès. Il importe de protéger et faire avancer les droits déjà acquis ainsi de protéger le filet de sécurité sociale, choses qui font de notre pays un des meilleurs au monde pour ses citoyens comme pour ses visiteurs. Mais l'intégrité de nos systèmes naturels est au cœur de ces atouts. Sans eux... Bref, leur protection est primordiale.

On nous demande fort trop souvent de choisir entre un environnement sain et une économie saine, ou entre les soins de santé et la protection de l'environnement. Mais il s'agit ici d'une fausse dichotomie, d'un faux choix. La prospérité à long terme et la pleine santé de la population dépendent de façon instrumentale sur la conservation et l'utilisation judicieuse de nos ressources, et sur la promesse que la qualité de notre air sera assez saine pour la respirer, que l'eau sera assez propre pour la boire, que la quantité d'aliments (nutritifs!) sera assez abondante pour nous permettre de demeurer non seulement en santé, mais en vie. La protection de l'environnement, les amis, c'est bon pour la santé humaine, mais c'est aussi vrai pour la santé de l'économie!

Prenons l'eau. Sans elle, la survie est impossible. Pourtant la plupart des citoyens tiennent pour acquise l'abondance de notre eau fraîche. Or, le cabinet d'avocats à but non lucratif œuvrant sous le nom d'Ecojustice fait le constat suivant dans son rapport intitulé Waterproof: Standards (Normes à l'épreuve de l'eau) : « Les normes canadiennes relatives à l'eau potable continuent à prendre du retard sur les données repères internationales et risquent de prendre encore plus de retard. » À tout moment au pays, plus de mille avis concernant l'eau potable sont en vigueur, dont plusieurs au sein des communautés autochtones. Il est fâcheux que le Canada ne se soit pas encore doté d'une politique nationale en matière d'eau, ni même de normes nationales contraignantes en matière de la qualité de l'air.

À Walkerton en Ontario, des familles ont perdu des êtres chers suite à la présence de la bactérie E.coli dans leur eau, tandis que dans le territoire autochtone connu sous le nom de Grassy Narrows en Ontario, le mercure d'origine hydrique empoisonne l'eau, ainsi que les résidents qui en dépendent. Dans le sud de l'Ontario, à Sarnia, dans un secteur qu'on surnomme « La vallée chimique », les toxines dans l'air et dans l'eau s'en prennent à la santé des habitants. Pareillement à Fort Chipewyan en Alberta, cette fois grâce au cocktail local mortel issu des produits chimiques de l'exploitation des sables bitumineux.

Ces instances sont tout à fait inacceptables dans un pays aussi prospère et riche en ressources tel le nôtre. Donc la question s'impose : comment s'assurer que tous les citoyens disposent du droit de profiter de l'air frais, de l'eau propre et d'une alimentation saine? Nous pourrions très certainement suivre l'exemple de plus de la moitié des nations du monde et consacrer le droit à un environnement sain à notre charte des droits et des libertés.

C'est en fait un des objectifs de la Tournée bleu terre auquel je me suis engagé ensemble avec la Fondation David Suzuki, ainsi que de nombreux amis et sympathisants. Et avec vous aussi!... du moins c'est ce que j'espère. Cet objectif témoigne de l'importance de cette tournée et le mouvement qu'il vise à créer, un mouvement auquel de nombreux musiciens, artistes et grands penseurs ont prêté leurs noms afin de conscientiser chaque citoyennes et citoyens. Artistes dont le poète Shane Koyczan, le légendaire Neil Young, ainsi que Bruce Cockburn, l'interprète de chant de gorge inuit Tanya Tagaq, l'artiste de renommée internationale Feist, membres du groupe canadien bien connu Blue Rodeo, l'auteure et poète lauréate Margaret Atwood, le groupe rock/folk de Vancouver Hey Ocean, le polyvalent musicien néo-écossais Joel Plaskett, l'artiste autochtone Roy Henry Vickers, le duo musical Whitehorse, les membres du célèbre groupe Barenaked Ladies, l'artiste multi-instrumentiste Danny Michel, l'auteure-compositrice-interprète Kinnie Starr, les leaders politiques Stephen Lewis et Ovide Mercredi, et tant d'autres, dont notamment dans le cadre de la tournée au Québec, Les Cowboys Fringants, Alexandre Désilets, Half Moon Run, Jean Lemire, François Reeves, Emily Haines et Jimmy Shaw de Metric, The Franklin Electric, et Maxim Martin.

La Tournée prévoit 20 évènements à travers le pays dont tous s'annoncent amusants et divertissants. Mais leur but est soigneusement vêtu d'un important sérieux, c'est-à-dire favoriser un dialogue à l'échelle nationale et provoquer un mouvement national visant à ce que chacun de nous s'engage à prendre soin de cette terre de nos aïeux, terre nous ayant légué d'innombrables bénéfices.

L'histoire est remplie de regroupement d'individus bien conscientisés qui, ensemble, façonnent une vague de fond favorisant un changement positif. Nous espérons que cette tournée pourra inspirer les citoyens de même, à s'engager dans leurs communautés pour faire en sorte que leurs communautés se tourneront ensuite vers leurs provinces pour favoriser leur engagement en ce même sens, pour enfin venir à faire reconnaitre notre droit fondamental de vivre dans un environnement sain, et ce, à l'échelle nationale.

Le chemin s'annonce long, c'est vrai. Mais entrepris ensemble, ce parcours nous mènera infailliblement au but. Alors... qui embarque?

Rédigé à partir de contributions du rédacteur en chef de la Fondation David Suzuki Ian Hanington.

Découvrez davantage au www.davidsuzuki.org



David Suzuki : une planète en héritage

Le Nid du Colvert | Le 14 octobre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: David Suzuki : une planète en héritage

David Suzuki en conférence à L'Espace pour la vie - dimanche 12 octobre 2014. Crédit photo : Dominique Boisclair, Ulysse Photo.

Rédigé par Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki et
Charles-Mathieu Brunelle, directeur général d'Espace pour la vie

Nous sommes la Terre, par les plantes et les animaux
qui nous donnent notre nourriture.
Nous sommes les pluies et les océans qui coulent
dans nos veines.

Notre demeure, la planète Terre, ne peut fournir
des ressources infinies; toute vie partage
les richesses de la Terre et l'énergie du Soleil.

À ce moment décisif de notre relation avec la Terre,
il nous faut évoluer
de la domination vers le partenariat,
de la fragmentation vers l'interdépendance.

C'est par ces mots écrits à Rio de Janeiro en 1992 que David Suzuki a prononcé par écrit son engagement envers la science, l'environnement et la justice entre les peuples et entre les générations. C'est avec ces mots gravés sur une plaque qu'Espace pour la Vie et la Fondation David Suzuki se sont unis pour rendre hommage à un scientifique d'exception.

Généticien, communicateur et scientifique engagé, David Suzuki a marqué plusieurs générations de Canadiens et contribué à ouvrir les yeux de millions de personnes, petits et grands, aux merveilles du monde naturel qui nous entoure et à la précieuse relation d'interdépendance que nous entretenons avec lui.

Nous ne sommes qu'une espèce parmi les quelque 30 millions qui tissent ce mince voile de vie qui entoure la planète Terre et que l'on appelle la biosphère. Nous partageons une histoire commune, inscrite dans nos gènes, et un avenir commun qui est aujourd'hui compromis. Nous sommes la première génération dans l'Histoire à tenir dans nos mains l'avenir de toutes celles qui nous suivrons. Nous portons sur nos épaules le poids de définir ce qui sera ou ne sera plus possible pour notre espèce et toutes les autres.
Ignorer la science n'est plus possible.

Nous sommes entrés dans l'anthropocène, une ère géologique nouvelle où l'Homme est devenu une force de la nature, le facteur déterminant de l'évolution de la biosphère. Notre consommation de ressources dépasse à chaque année la capacité de la biosphère de les régénérer. Nous vivons à crédit biologique, et le capital naturel qui s'épuise sous nos yeux prendra des dizaines de milliers d'années à se recomposer, si encore la chose est possible.

L'éducation et l'engagement sont les seules voies à suivre.

Nous ne pouvons changer les lois de la nature. Nous ne pouvons que transformer les lois humaines. Il nous faut désormais œuvrer à transformer notre économie, notre société et investir dans l'éducation environnementale des citoyens. Il faut éveiller les enfants à la nature, leur apprendre à connaître ce monde merveilleux qui les entoure. Il faut rapprocher la science des gens, offrir la connaissance en héritage. Il faut que des millions de personnes s'engagent aujourd'hui à protéger la vie, aujourd'hui et pour l'avenir.

C'est pourquoi nos organisations sont fières de rendre hommage à David Suzuki lors de son passage à Montréal dans le cadre de la Tournée bleu Terre, et de continuer de porter cette mission commune d'éducation, de sensibilisation et de transformation qui permettra de préserver cet équilibre sacré qu'est la vie sur Terre.

La biodiversité en miettes

Photo: La biodiversité en miettes

White Ibis Ballet, St. Marks National Wildlife Refuge, FL Crédit : David Hawkins via Flickr

Par Jean-Patrick Toussaint

Par Jean-Patrick Toussaint, Ph.D., Chef des projets scientifiques

Un rapport récemment publié par le Fonds Mondial de la Nature, faisant état du recul important de la biodiversité mondiale et de l'étendue sans cesse grandissante de l'empreinte écologie humaine, nous donne vaguement l'impression d'être pris dans le jour de la marmotte...version 2.0.

En effet, dans un billet rédigé il y a de cela deux ans, je faisais état du déclin alarmant de la biodiversité, compte-tenu que le rythme auquel les espèces disparaissent est actuellement 1000 fois plus élevé que le rythme naturel d'extinction des espèces. Or, le rapport de la WWF ne laisse plus planer de doute sur ce déclin massif puisque, selon l'ONG, les10 000 populations d'espèces animales étudiées ont connu un déclin de 52% en l'espace de 40 ans.

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Les environnementalistes, à quoi ça sert?

Le Nid du Colvert | Le 25 septembre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Les environnementalistes, à quoi ça sert?

Crédit : André Querry via Flickr

Par Jean-Patrick Toussaint, Ph.D., Chef des projets scientifiques

« On sait bien, eux-autres, tout ce qu'ils font c'est chialer et dire non à tout »!

Voilà une prémisse qu'il m'a souvent été donné de lire ou d'entendre à l'égard des groupes et militants environnementaux — les « écolos ». Pour être de bonne guerre, je peux comprendre que ce qui est perçu par le grand public est l'opposition fréquente des environnementalistes à certains projets — d'autant plus que c'est ce qui est le plus régulièrement rapporté dans les médias.

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L'Arbre et le Cœur

Cercle scientifique | Le 24 septembre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: L'Arbre et le Cœur

La Journée de l'arbre de la santé est le 24 septembre

Par Dr François Reeves

Par François Reeves, cardiologue d'intervention au CHUM et à la Cité-de-la-santé de Laval, professeur agrégé de médecine à l'UdeM
Représentant le secteur de la santé, le Dr François Reeves fait maintenant partie du Comité-conseil sur les changements climatiques, élaboré par le Ministère du développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

L'étude du cœur réserve beaucoup de surprises : on y découvre la racine aortique, le tronc commun, les branches marginales et les branches diagonales, l'arborisation coronarienne, les faisceaux de conduction, les feuillets valvulaires et les capillaires. Au-delà de la nomenclature, l'arbre et l'homme sont parents, issus de la différentiation du même organisme, un ancêtre commun, il y a 500 millions d'années. La preuve est dans nos cellules. Il est surprenant et merveilleux de constater que l'hémoglobine et la chlorophylle ont exactement la même structure moléculaire. Ces deux protéines jumelles se distinguent par la présence du fer dans l'hémoglobine et du zinc dans la chlorophylle, leur donnant leur couleur rouge et verte respective, comme par hasard les couleurs complémentaires dans le spectre optique. Dans une perpétuelle partie de tennis moléculaire, elles s'échangent l'oxygène.

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