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David Suzuki : une planète en héritage

Le Nid du Colvert | Le 14 octobre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: David Suzuki : une planète en héritage

David Suzuki en conférence à L'Espace pour la vie - dimanche 12 octobre 2014. Crédit photo : Dominique Boisclair, Ulysse Photo.

Rédigé par Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki et
Charles-Mathieu Brunelle, directeur général d'Espace pour la vie

Nous sommes la Terre, par les plantes et les animaux
qui nous donnent notre nourriture.
Nous sommes les pluies et les océans qui coulent
dans nos veines.

Notre demeure, la planète Terre, ne peut fournir
des ressources infinies; toute vie partage
les richesses de la Terre et l'énergie du Soleil.

À ce moment décisif de notre relation avec la Terre,
il nous faut évoluer
de la domination vers le partenariat,
de la fragmentation vers l'interdépendance.

C'est par ces mots écrits à Rio de Janeiro en 1992 que David Suzuki a prononcé par écrit son engagement envers la science, l'environnement et la justice entre les peuples et entre les générations. C'est avec ces mots gravés sur une plaque qu'Espace pour la Vie et la Fondation David Suzuki se sont unis pour rendre hommage à un scientifique d'exception.

Généticien, communicateur et scientifique engagé, David Suzuki a marqué plusieurs générations de Canadiens et contribué à ouvrir les yeux de millions de personnes, petits et grands, aux merveilles du monde naturel qui nous entoure et à la précieuse relation d'interdépendance que nous entretenons avec lui.

Nous ne sommes qu'une espèce parmi les quelque 30 millions qui tissent ce mince voile de vie qui entoure la planète Terre et que l'on appelle la biosphère. Nous partageons une histoire commune, inscrite dans nos gènes, et un avenir commun qui est aujourd'hui compromis. Nous sommes la première génération dans l'Histoire à tenir dans nos mains l'avenir de toutes celles qui nous suivrons. Nous portons sur nos épaules le poids de définir ce qui sera ou ne sera plus possible pour notre espèce et toutes les autres.
Ignorer la science n'est plus possible.

Nous sommes entrés dans l'anthropocène, une ère géologique nouvelle où l'Homme est devenu une force de la nature, le facteur déterminant de l'évolution de la biosphère. Notre consommation de ressources dépasse à chaque année la capacité de la biosphère de les régénérer. Nous vivons à crédit biologique, et le capital naturel qui s'épuise sous nos yeux prendra des dizaines de milliers d'années à se recomposer, si encore la chose est possible.

L'éducation et l'engagement sont les seules voies à suivre.

Nous ne pouvons changer les lois de la nature. Nous ne pouvons que transformer les lois humaines. Il nous faut désormais œuvrer à transformer notre économie, notre société et investir dans l'éducation environnementale des citoyens. Il faut éveiller les enfants à la nature, leur apprendre à connaître ce monde merveilleux qui les entoure. Il faut rapprocher la science des gens, offrir la connaissance en héritage. Il faut que des millions de personnes s'engagent aujourd'hui à protéger la vie, aujourd'hui et pour l'avenir.

C'est pourquoi nos organisations sont fières de rendre hommage à David Suzuki lors de son passage à Montréal dans le cadre de la Tournée bleu Terre, et de continuer de porter cette mission commune d'éducation, de sensibilisation et de transformation qui permettra de préserver cet équilibre sacré qu'est la vie sur Terre.

La biodiversité en miettes

Photo: La biodiversité en miettes

White Ibis Ballet, St. Marks National Wildlife Refuge, FL Crédit : David Hawkins via Flickr

Par Jean-Patrick Toussaint

Par Jean-Patrick Toussaint, Ph.D., Chef des projets scientifiques

Un rapport récemment publié par le Fonds Mondial de la Nature, faisant état du recul important de la biodiversité mondiale et de l'étendue sans cesse grandissante de l'empreinte écologie humaine, nous donne vaguement l'impression d'être pris dans le jour de la marmotte...version 2.0.

En effet, dans un billet rédigé il y a de cela deux ans, je faisais état du déclin alarmant de la biodiversité, compte-tenu que le rythme auquel les espèces disparaissent est actuellement 1000 fois plus élevé que le rythme naturel d'extinction des espèces. Or, le rapport de la WWF ne laisse plus planer de doute sur ce déclin massif puisque, selon l'ONG, les10 000 populations d'espèces animales étudiées ont connu un déclin de 52% en l'espace de 40 ans.

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Les environnementalistes, à quoi ça sert?

Le Nid du Colvert | Le 25 septembre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Les environnementalistes, à quoi ça sert?

Crédit : André Querry via Flickr

Par Jean-Patrick Toussaint, Ph.D., Chef des projets scientifiques

« On sait bien, eux-autres, tout ce qu'ils font c'est chialer et dire non à tout »!

Voilà une prémisse qu'il m'a souvent été donné de lire ou d'entendre à l'égard des groupes et militants environnementaux — les « écolos ». Pour être de bonne guerre, je peux comprendre que ce qui est perçu par le grand public est l'opposition fréquente des environnementalistes à certains projets — d'autant plus que c'est ce qui est le plus régulièrement rapporté dans les médias.

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L'Arbre et le Cœur

Cercle scientifique | Le 24 septembre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: L'Arbre et le Cœur

La Journée de l'arbre de la santé est le 24 septembre

Par Dr François Reeves

Par François Reeves, cardiologue d'intervention au CHUM et à la Cité-de-la-santé de Laval, professeur agrégé de médecine à l'UdeM
Représentant le secteur de la santé, le Dr François Reeves fait maintenant partie du Comité-conseil sur les changements climatiques, élaboré par le Ministère du développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

L'étude du cœur réserve beaucoup de surprises : on y découvre la racine aortique, le tronc commun, les branches marginales et les branches diagonales, l'arborisation coronarienne, les faisceaux de conduction, les feuillets valvulaires et les capillaires. Au-delà de la nomenclature, l'arbre et l'homme sont parents, issus de la différentiation du même organisme, un ancêtre commun, il y a 500 millions d'années. La preuve est dans nos cellules. Il est surprenant et merveilleux de constater que l'hémoglobine et la chlorophylle ont exactement la même structure moléculaire. Ces deux protéines jumelles se distinguent par la présence du fer dans l'hémoglobine et du zinc dans la chlorophylle, leur donnant leur couleur rouge et verte respective, comme par hasard les couleurs complémentaires dans le spectre optique. Dans une perpétuelle partie de tennis moléculaire, elles s'échangent l'oxygène.

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Jour du dépassement : l'endettement écologique explose

Photo: Jour du dépassement : l'endettement écologique explose

Crédit : JD Hancock via Flickr

Par Jean-Patrick Toussaint, Chef des projets scientifiques

Alors que l'analyste économique Gérald Fillion nous apprenait récemment sur les réseaux sociaux que l'indice boursier TSX avait atteint un sommet historique, voilà qu'en contrepartie, le Global Footprint Network (GFN) nous apprenait que notre planète avait épuisé son capital écologique en huit mois en date du 20 août 2014.

Deux indices différents, deux réalités qui semblent elles aussi différentes, mais qui pourtant ne devraient pas être en dichotomie : économie et environnement. Pourquoi? Parce qu'un système économique viable se devrait d'être la résultante d'un environnement sain...plutôt que le contraire, tel qu'on l'observe présentement.

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Petit manuel d'autodéfense pétrolière

Photo: Petit manuel d'autodéfense pétrolière

Depuis que l'industrie pétrolière a pris pied au Québec, une impressionnante machine de propagande s'est mise en place, propagande qui est relayée dans les médias et qui s'enracine peu à peu dans notre perception des enjeux pétroliers. Qui d'entre nous n'a pas entendu ces arguments pro-pétrole sur des lignes ouvertes, dans les commentaires d'une page web, dans notre milieux de travail, dans notre voisinage, dans notre famille. Voici un petit florilège des arguments les plus utilisés et quelques outils pour les contrer.

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La Tournée bleu Terre : c'est l'affaire de tous

Photo: La Tournée bleu Terre : c'est l'affaire de tous

Par David Suzuki

Une photo maintenant célèbre prise en 1972 par les astronautes d'Apollo 17 à 45 000 kilomètres est connue sous le nom de « la bille bleue ». Le regretté scientifique Carl Sagan a, lui aussi, décrit une photo de 1990 prise à six milliards de kilomètres par la sonde Voyage 1 comme « un point bleu pâle ».

Le fait de pouvoir voir la Terre depuis le lointain espace secoue profondément quiconque a chance d'en faire une telle observation. « Quand on regarde la Terre depuis l'espace, on voit cette planète, impressionnante, magnifique au-delà des mots », racontait Ron Garan, astronaute dans la Station spatiale internationale. « Ça ressemble à un organisme qui vit et qui respire. Du même coup, [cet organisme] semble extrêmement fragile. » Quand il parle de l'atmosphère, Garan ajoute qu' « il est vraiment triste... de réaliser que c'est cette couche, mince comme du papier, à elle seule qui protège tout ce qui vit sur Terre. »

Plusieurs astronautes ont fait part d'un sentiment d'être connecté, un sentiment qui dépasse les frontières et les conflits mondiaux — ce qu'on appelle « overview effect », ou « effet d'ensemble ». Edgar Mitchell, qui a participé à la mission Apollo 14, dit : « On développe une conscience globale instantanée, un intérêt pour les gens, un dégoût intense de l'état actuel du monde, et une pulsion pour faire changer tout cela. D'ici sur la Lune, la politique internationale nous paraît si insignifiante. »

Comment quelqu'un qui a vu une telle photo de la Terre peut traiter notre belle petite maison bleue avec autant de dédain et de détachement? Comment quelqu'un peut ne pas reconnaître le caractère précieux et limité de nos ressources, en particulier de l'eau — et le fait que nous devons nous partager et protéger ce que avons?

La photo de la « bille bleue » prise dans Apollo 17, la dernière mission lunaire habitée, a propulsé le mouvement environnemental à l'échelle planétaire. Désormais, alors que des gens partout dans le monde se battent pour l'air, l'eau et le sol — non pas seulement entre eux, mais contre des corporations menées par le profit, coûte que coûte — nous avons besoin de revenir en force pour sauver notre petite planète bleue.

C'est pourquoi je me lance dans ce qui sera probablement ma dernière tournée à travers le pays. Du 24 septembre au 9 novembre, je traverserai le Canada, de Saint-Jean de Terre-Neuve à Victoria, en Colombie-Britannique, en faisant 20 arrêts sur ma route comprenant Montréal et Québec Mon objectif est de travailler avec des citoyennes et citoyens de tous les horizons afin de protéger les gens et les lieux qui nous tiennent à cœur. C'est de loin la plus grande chose que j'aie accomplie de toute ma vie.

Et ce sera amusant! Parce qu'ils aiment tout autant notre pays et la planète, beaucoup de mes amis se joignent à moi tout au long de ce parcours, comme Feist, Neil Young, les Barenaked Ladies, Margaret Atwood, Kinnie Starr, Raine Maida, Grimes, Danny Michel, Stephen Lewis, Bruce Cockburn, Robert Bateman, Shane Koyczan et bien d'autres. Au Québec, ce sera au tour des Jean Lemire, Les Cowboys Fringants, Yann Perreau, Ariane Moffat, d'Emily Haines et Jimmy Shaw de Metric, Half Moon Run, The Franklin Electric, Alexandre Désilets de se joindre à la Tournée bleu Terre.

Le but de notre Tournée bleu Terre est de travailler avec les leaders locaux, les groupes, les gouvernements, les Premières Nations, les musiciens, auteurs, et experts légaux et — nous l'espérons — vous, dans des initiatives locales, régionales et nationales afin d'assurer que toutes et tous auront accès à une eau pure, de l'air propre et des aliments sains. Au bout du compte, nous aimerions que le droit de vivre dans un environnement sain soit entériné dans la Charte des droits et libertés de la Constitution canadienne.

Ceci semble un défi de taille, mais ce n'est pas hors du commun. Plus de la moitié des pays du monde — au moins 110 — ont des droits environnementaux figurant dans leurs constitutions. Cela ne fait pas de doute qu'une telle absence dans un pays comme le Canada, où la pureté de l'air et de l'eau, la nature spectaculaire et la richesse de la faune, de la flore et des ressources nous donnent fière allure et font l'envie des gens du monde, est d'une étrangeté capitale.

Peut-être prenons-nous notre bonne étoile pour acquis. Mais nous ne devrions pas. Déjà, les risques environnementaux causent la mort de 36 000 personnes au pays chaque année, et la moitié d'entre nous vivons dans des endroits où nous sommes exposés à des niveaux de pollution trop élevés pour la santé. La pollution coûte 100 milliards $ par année au Canada, et plusieurs souffrent d'asthme ou de maladies cardiovasculaires à cause de contaminants environnementaux.

Alors qu'il devient urgent d'extraire, de déplacer et de vendre les combustibles fossiles pendant qu'il y a encore un marché, la situation ne fera qu'empirer — à moins que nous n'intervenions tous. Ce n'est pas d'agir à l'encontre du développement ou du progrès, c'est d'engager une conversation sur le genre de pays que nous désirons avoir. Et c'est d'assurer que notre économie crée plus de bienfaits que de dommages aux gens et aux écosystèmes qui nous maintiennent en vie et en santé.

Nous espérons que vous vous joindrez à nous. Visitez le site latourneebleuterre.ca pour tous les détails et pour les dates de la tournée dans votre région.

Écrit avec la contribution de Ian Hanington, éditeur-en-chef pour la Fondation David Suzuki.
Apprenez-en plus sur www.davidsuzuki.org

Traduction : Edmond Pelletier