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Les œillères — Lettre à Michael Binnion

Le Nid du Colvert | Le 10 février 2012 | Laissez un commentaire
Photo: Les œillères - Lettre à Michael Binnion

(Credit: frado76 via Flickr)

Par Karel Mayrand, Directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki et Président, Réalité Climatique Canada d’Al Gore

« Je me demande si les militants écologistes radicaux critiquent l'industrie du gaz naturel parce qu'ils n'ont eux-mêmes pas d'idées. C'est plus facile d'être contre que d'avoir des idées. » — Michael Binnion, Président et chef de la direction, Questerre
Monsieur Binnion,

En lisant la première phrase de votre blogue j'ai tout de suite reconnu votre ton incendiaire. J'ai aussi remarqué l'usage du mot « radicaux » pour décrire les gens qui ne partagent pas votre point de vue. Je constate que vous semblez avoir rejoint ceux qui, dans ce pays cherchent à discréditer les groupes écologistes en les qualifiants de la sorte. Je vous comprends de le faire puisque cette campagne de relations publiques portée par des ministres fédéraux et plusieurs médias du pays vise à défendre votre industrie.

Je m'étonne, cependant, de vous voir utiliser un tel langage alors que votre industrie déploie des efforts pour convaincre les Québécois qu'un dialogue est possible avec les milliers de citoyens qui, sans être des radicaux, ont des questionnements légitimes face à l'implantation de l'industrie gazière dans leurs communautés.

Puis-je me permettre de retourner cette formule contre vous ? Il est plus facile de démoniser ses adversaires que de répondre à leurs arguments.

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L'art d'être responsable

Le Nid du Colvert | Le 9 février 2012 | Laissez un commentaire
Photo: L'art d'être responsable

Faites comme nous et exigez de nos dirigeants qu'ils prennent leurs responsabilités et protègent nos océans - il s'agit d'un jeu d'enfant!
(Crédit: Sookie via Wikimedia Commons).

Par Jean-Patrick Toussaint, Chef de projets scientifiques pour le Québec de la Fondation David Suzuki

Lorsque j'étais enfant, j'ai eu plusieurs animaux de compagnie — des chiens, des chats, des petits poissons rouges et même une tortue! La seule condition que mes parents m'ont toujours imposée afin d'être l'heureux propriétaire de ces petites créatures était de bien m'en occuper. Cette tâche était assez simple en soi : m'assurer que mon animal mange, qu'il puisse faire de l'exercice (si applicable) et surtout, que son environnement et son milieu de vie soient propres.

Ce fut là ma première grande leçon de vie en tant que tout jeune homme : apprendre ce que c'est que d'avoir des responsabilités.

Géographiquement, le Canada jouit d'une situation unique lui conférant une des plus grandes forêts boréales de la planète, de grandes réserves d'eau douce et, surtout, le littoral le plus long du monde grâce à ses trois océans qui le bordent. Politiquement, la situation canadienne est toutefois beaucoup moins reluisante.

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Monsieur Harper : Mon pays c'est l'hiver

Le Nid du Colvert | Le 8 février 2012 | Laissez un commentaire
Photo: Monsieur Harper : Mon pays c'est l'hiver

(Credit: World Economic Forum via Flickr)

Par Karel Mayrand, Directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki et Président, Réalité Climatique Canada d’Al Gore

Monsieur le Premier Ministre, permettez-moi d'abord de préciser que j'écris cette chronique sans être sous l'influence d'intérêts étrangers ou de radicaux. Je ne suis qu'un Canadien ordinaire qui aime l'hiver et le hockey autant que vous et qui s'inquiète, comme des millions d'autres, du Canada que nous allons léguer à nos enfants.

Depuis votre réélection, vous avez multiplié les gestes symboliques visant à renforcer l'identité canadienne en valorisant les symboles militaires et des épisodes oubliés de notre histoire, en imposant le portrait de la Reine Élizabeth à travers notre réseau d'ambassades ou en assurant que chaque canadien et canadienne puisse hisser notre drapeau sans entraves.

Mais qu'est-ce qui définit l'identité canadienne, qui distingue et fait la réputation de notre pays à travers le monde, sinon nos hivers vigoureux ? Monsieur le Premier Ministre, notre pays c'est l'hiver. Et cet hiver faiblit d'un océan à l'autre.

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La santé environnementale est une question de justice intergénérationnelle

Vert santé | Le 7 février 2012 | Laissez un commentaire
Photo: La santé environnementale est une question de justice intergénérationnelle

(Credit: Peggy Olive)

Peggy Olive est une scientifique émérite à la British Columbia Cancer Agency. Ses recherches ont porté principalement sur l'utilisation des dommages à l'ADN afin de prédire la façon dont les patients vont répondre aux traitements contre le cancer. Elle s'implique auprès des Aînés de Suzuki. Cette association de bénévoles, qui se considèrent comme « ainées », travaille en collaboration avec la Fondation David Suzuki pour faire du mentorat autant auprès d'autres aînés qu'auprès des générations qui suivent de motiver et d'appuyer ceux-ci dans leurs dialogues et leurs gestes portant sur les questions environnementales. Vert Santé à demander à Dre Olive de nous faire part de ses opinions sur le côté intergénérationnel des questions portant sur la santé et l'environnement.

Vert Santé : Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir bénévole auprès des Aînés de Suzuki?

Dre Olive : Un matin de novembre 2009, j'étais à peine sortie du lit lorsque j'ai entendu l'animateur de l'émission matinale de la CBC à Vancouver, Rick Cluff, faire l'annonce d'une réunion ce jour même à la bibliothèque municipale de Vancouver. Les Aînés de Suzuki tenaient un forum portant sur les aînés et l'environnement. Même si je faisais du bénévolat pour la Fondation David Suzuki depuis que j'avais pris ma retraite cette année-là, je n'avais jamais entendu parler de ce groupe. J'ai donc décidé de participer à cette rencontre. C'est ce qui m'a poussée à me joindre à l' Association des aînés de Suzuki (en anglais seulement), avec l'intention de me motiver, ainsi que d'autres, à poser des gestes sur ce qui touche les questions environnementales critiques. Nous avons récemment organisé, avec succès, un deuxième forum, et le nombre d'adhérents à notre groupe ne cesse de croître.

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Pimachiowin Aki : Arche de Noé pour un territoire boréal

Photo: Pimachiowin Aki : Arche de Noé pour un territoire boréal

(Crédit : The Saylesman via Flickr)

Par David Suzuki

Selon une étude publiée il y a quelques années dans la revue scientifique Science, très peu d'endroits sur la planète demeurent toujours à l'abri des impacts de la vie humaine. Des images de satellites prises à des milliers de kilomètres au-dessus de la Terre au fil des dernières décennies nous révèlent un monde irrévocablement transformé par l'exploitation des terres par les humains (en anglais). Toundra arctique, forêts pluviales naturelles, déserts arides... le monde naturel se voit de plus en plus morcelé par le l'apparition de villes et de municipalités, de plus en plus quadrillée par ce réseau grandissant de routes goudronnées, de lignes de transmission et de pipelines, contusionné de chevalets de pompage, de torches de brûlage et de toutes ces autres infrastructures servant à l'extraction de combustibles fossiles, du forage à la fracturation en passant par l'exploitation à ciel ouvert.

Devoir maintenant fournir à la fois alimentation, fibre, carburant, habitation et eau douce à plus de sept milliards d'êtres humains est précisément ce qui alimente cette conversion massive de nos forêts, de nos zones humides, de nos prairies et de nos autres écosystèmes. Selon les chercheurs, il y a maintenant autant de terres agricoles et de pâturages sur la planète qu'il y a de forêts vierges, soit 40 de la surface terrestre dorénavant destinée à la production alimentaire. Bien que les avancées en agriculture moderne aient transformé des millions d'hectares de broussailles en terres agricoles, l'impact environnemental de notre « empreinte alimentaire » augmente à un rythme alarmant dans certaines régions, comme le démontre la perte des habitats d'espèces sauvages, la dégradation de la qualité d'eau et l'érosion généralisée du sol. Le taux d'utilisation d'engrais au fil des 40 dernières années s'est vu augmenté de 700 afin de maximiser le rendement des cultures sur des superficies encore plus grandes.

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Pas à pas vers de nouveaux horizons

Le Nid du Colvert | Le 23 janvier 2012 | 1 commentaire
Photo: Pas à pas vers de nouveaux horizons

Bernard Voyer, O.C., C.Q.,
Explorateur et alpiniste confirmé, il compte à son actif 30 années d’expéditions et d’aventures. Il a entre autres rejoint le pôle Nord, le pôle Sud et le plus haut sommet de la Terre, l’Everest (8850 mètres). Il sera conférencier lors du volet scientifique du Sommet de l’hiver 2012 le 27 janvier 2012 au Centre des congrès de Québec

Tout comme vous, je me questionne sur l'avenir de notre planète.

Comment peut-on ignorer ou faire semblant d'ignorer les bouleversements climatiques que nous subissons? Comment peut-on croire que notre toute petite planète peut fournir tant d'énergie et de nourriture à une population mondiale grandissante et surtout, de plus en plus énergivore? Comment peut-on affirmer que nos lacs sont encore propres aujourd'hui, comme ils l'étaient il y a 100 ans? Et qu'il y aura toujours toujours de la morue dans les océans... Avons-nous le droit d'être aussi optimistes, encore aujourd'hui? Si nous sommes conscients de la fragilité de nos écosystèmes, alors pourquoi se fier uniquement aux gouvernements pour sauver la planète?

Si froid et si important

La question environnementale peut être scrutée par différents angles. On peut se pencher sur la désertification ou sur l'érosion, sur les races en péril, etc. Pour ma part, mon regard se tourne vers les endroits lointains, glacés et si merveilleux, aux extrémités de notre planète. C'est pas à pas que j'ai parcouru les régions de l'Arctique, comme celles de l'Antarctique. Amoureux de l'hiver, mais également conscient de l'importance de ces zones polaires sur le climat mondial, je me questionne. Je cherche à comprendre ce qui se passe depuis une vingtaine d'années.

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L'ABC de la conférence de Durban et les implications du retrait du Canada du Protocole de Kyoto

Photo: L'ABC de la conférence de Durban et les implications du retrait du Canada du Protocole de Kyoto

(Crédit : Pierre Marcel via Flickr)

En décembre dernier, les Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se sont réunies en conférence à Durban (Afrique du Sud) dans le cadre d'une série de rencontres tenues une fois l'an. Au Canada, les travaux de la conférence ont retenu l'attention de nombreux observateurs, tout comme l'annonce hautement médiatisée et controversée du retrait de notre pays du Protocole de Kyoto. Cette conférence était importante, car elle devait permettre de déterminer l'avenir du Protocole et de fixer les objectifs d'un nouvel accord sur les changements climatiques. Voici quelques observations concernant le but de la conférence, les considérations juridiques en lien avec la Plateforme de Durban et les conséquences du retrait du Canada du Protocole.

À propos de la Conférence de Durban

La rencontre de Durban était la 17e réunion annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques, connue sous le nom de Conférence des Parties (COP17); il s'agit d'une tribune où, entre autres, les Parties souscrivant au Protocole de Kyoto prennent des décisions concernant l'application de la Convention. Parmi les participants à la Conférence, on comptait les États-Parties, les États observateurs (ceux qui adhèrent à la Convention, mais non pas au Protocole) de même que des organisations observatrices accréditées et des représentants de médias accrédités.

La CCNUCC encourage les pays à stabiliser les objectifs chiffrés de leurs émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, le Protocole de Kyoto représente l'engagement des pays industrialisés à atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés en vertu de la Convention. Fait important, il s'agit d'un traité ayant force obligatoire, ce qui signifie que les États-Parties ont l'obligation légale d'adopter des mesures nationales ou des mesures axées sur les conditions du marché pour honorer leurs engagements de réduction d'émissions. Par conséquent, l'issue de la conférence est importante quant à son incidence éventuelle sur les obligations légales des Parties.

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