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Une leçon sur les changements climatiques vieille de 56 millions d'années
(Crédit : Snugg via Flickr)
Avec la participation d'Ian Hanington, Spécialiste des communications et d'éditions
Notre planète est une sphère en perpétuelle évolution ainsi qu'une source infinie de mystères et de merveilles. Par l'étude des sédiments, d'échantillons de calottes glaciaires, des arbres et des fossiles, les scientifiques sont parvenus à reconstituer une partie de sa formidable évolution. Nous, les êtres humains, n'avons habité la Terre que depuis une période relativement courte de son histoire, notre survie et notre prospérité ayant été rendues possibles par l'apparition de conditions uniques qui ont créé l'état d'équilibre que nous connaissons aujourd'hui.
Tout au long de notre brève histoire, nous avons été soumis aux forces de la nature. Malgré tout, depuis le début de notre existence, notre planète se trouve dans une phase de son évolution qui nous a permis de prospérer largement. Cela, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de le prendre pour acquis. En examinant le monde de plus près grâce aux sciences, on découvre avec stupéfaction les cycles de l'eau et du carbone, de même que des processus tels que la photosynthèse qui nous permettent de respirer, de manger, etc. Nous observons également des sécheresses, des inondations, des invasions d'insectes et des extinctions qui peuvent modifier l'équilibre de la vie de manière radicale.
Continuer »Pas à pas vers de nouveaux horizons
Bernard Voyer, O.C., C.Q.,
Explorateur et alpiniste confirmé, il compte à son actif 30 années d’expéditions et d’aventures. Il a entre autres rejoint le pôle Nord, le pôle Sud et le plus haut sommet de la Terre, l’Everest (8850 mètres). Il sera conférencier lors du volet scientifique du Sommet de l’hiver 2012 le 27 janvier 2012 au Centre des congrès de Québec
Tout comme vous, je me questionne sur l'avenir de notre planète.
Comment peut-on ignorer ou faire semblant d'ignorer les bouleversements climatiques que nous subissons? Comment peut-on croire que notre toute petite planète peut fournir tant d'énergie et de nourriture à une population mondiale grandissante et surtout, de plus en plus énergivore? Comment peut-on affirmer que nos lacs sont encore propres aujourd'hui, comme ils l'étaient il y a 100 ans? Et qu'il y aura toujours toujours de la morue dans les océans... Avons-nous le droit d'être aussi optimistes, encore aujourd'hui? Si nous sommes conscients de la fragilité de nos écosystèmes, alors pourquoi se fier uniquement aux gouvernements pour sauver la planète?
Si froid et si important
La question environnementale peut être scrutée par différents angles. On peut se pencher sur la désertification ou sur l'érosion, sur les races en péril, etc. Pour ma part, mon regard se tourne vers les endroits lointains, glacés et si merveilleux, aux extrémités de notre planète. C'est pas à pas que j'ai parcouru les régions de l'Arctique, comme celles de l'Antarctique. Amoureux de l'hiver, mais également conscient de l'importance de ces zones polaires sur le climat mondial, je me questionne. Je cherche à comprendre ce qui se passe depuis une vingtaine d'années.
Continuer »L'ABC de la conférence de Durban et les implications du retrait du Canada du Protocole de Kyoto
(Crédit : Pierre Marcel via Flickr)
En décembre dernier, les Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se sont réunies en conférence à Durban (Afrique du Sud) dans le cadre d'une série de rencontres tenues une fois l'an. Au Canada, les travaux de la conférence ont retenu l'attention de nombreux observateurs, tout comme l'annonce hautement médiatisée et controversée du retrait de notre pays du Protocole de Kyoto. Cette conférence était importante, car elle devait permettre de déterminer l'avenir du Protocole et de fixer les objectifs d'un nouvel accord sur les changements climatiques. Voici quelques observations concernant le but de la conférence, les considérations juridiques en lien avec la Plateforme de Durban et les conséquences du retrait du Canada du Protocole.
À propos de la Conférence de Durban
La rencontre de Durban était la 17e réunion annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques, connue sous le nom de Conférence des Parties (COP17); il s'agit d'une tribune où, entre autres, les Parties souscrivant au Protocole de Kyoto prennent des décisions concernant l'application de la Convention. Parmi les participants à la Conférence, on comptait les États-Parties, les États observateurs (ceux qui adhèrent à la Convention, mais non pas au Protocole) de même que des organisations observatrices accréditées et des représentants de médias accrédités.
La CCNUCC encourage les pays à stabiliser les objectifs chiffrés de leurs émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, le Protocole de Kyoto représente l'engagement des pays industrialisés à atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés en vertu de la Convention. Fait important, il s'agit d'un traité ayant force obligatoire, ce qui signifie que les États-Parties ont l'obligation légale d'adopter des mesures nationales ou des mesures axées sur les conditions du marché pour honorer leurs engagements de réduction d'émissions. Par conséquent, l'issue de la conférence est importante quant à son incidence éventuelle sur les obligations légales des Parties.
Continuer »Gérer les émotions liées aux changements climatiques: une affaire de famille
Michael Ocana est un pédopsychiatre de Kelowna, Colombie-Britannique, qui porte un intérêt particulier aux problèmes climatiques. Docs Talk a demandé à M. Ocana de partager ses idées sur les façons de prendre soin de notre santé mentale face aux défis environnementaux et de mieux soutenir nos enfants tout au long de leur développement dans un monde en changement.
Vert Santé: Quelles sont les émotions liées à notre réaction face à la crise climatique?
Dr Ocana : Premièrement, j'ai constaté qu'il nous est très difficile de prendre conscience des modifications que les changements climatiques apporteront. Pas facile d'imaginer que le monde qu'habiteront nos enfants et petits-enfants puisse être profondément différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. Lorsque nous parvenons à nous l'imaginer, il est possible que nous éprouvions des émotions telles que la tristesse, la colère, la frustration, l'angoisse et la culpabilité. Gérer toute cette gamme d'émotions n'est pas une mince affaire. Notre culture n'est pas sans comporter une certaine pression sociale qui veut que nous « pensions de manière positive » et « faisions preuve de courage » face à l'adversité. Il est également possible que nous ayons à faire face à la résistance des autres dans nos débats intérieurs avec cette nouvelle prise de conscience. Dans nos sociétés modernes, il est rare que nous ayons accès à un réseau social qui puisse nous aider à accepter et faire face à ce type d'émotion. Le pouvoir d'un individu à influencer le cours des choses semble être très limité. Il est très facile de renoncer en croyant que toute action que nous pouvons entreprendre serait de toute façon dénuée de sens. Pourtant, nous avons bel et bien le pouvoir d'influencer les choses, aussi limité que puisse être ce pouvoir. Nous ne pouvons pas nous oublier complètement nos responsabilités collectives. Ceci représente un contexte susceptible de provoquer des sentiments de culpabilité, de même que des dissonances cognitives. On peut même se sentir comme s'il fallait choisir entre le déni, la chute dans l'angoisse et la paranoïa. La ligne qui sépare ces deux extrêmes peut parfois être très fine.
Continuer »À quoi sert un gouvernement?
(Crédit : Peter Blomert via Flickr)
Avec la collaboration du biologiste de la vie aquatique de la Fondation David Suzuki Jeffery Young
À quoi sert un gouvernement? Selon certains, la population ne se porterait que mieux en l'absence d'un gouvernement — une telle idée frôle cependant l'absurde. Même les libertaires s'accordent sur le fait qu'il devrait exister une forme d'instance policière et un système de justice qui veillerait à la protection des libertés individuelles et à la propriété. Sinon, comment pourrait-on s'assurer d'une résolution juste et équitable lors de conflits opposants les libertés individuelles aux droits et libertés de propriétés ?
Un autre courant veut que le gouvernement priorise l'économie et sa croissance en encourageant l'entreprise privée, qu'en se débarrassant ainsi des limites et contraintes, l'économie ne s'en porterait que mieux.
La raison d'être d'un gouvernement est de protéger ses citoyens, tâche plus compliquée qu'elle ne le semble. Les droits des citoyens sont habituellement énoncés dans les lois constitutionnelles des pays démocratiques. Ainsi, la constitution canadienne énonce de nombreux droits, et ce, dans de divers domaines : droits fondamentaux, droits démocratiques, garanties juridiques, droit à l'égalité, droits linguistiques,...
Continuer »Les Noëls blancs en voie d'extinction ?
(Credit: JMVerco via Flickr)
À chaque année lorsque Noël arrive, des souvenirs me reviennent de mon enfance, du bonheur des jeux dans la neige dans le temps des Fêtes. Je quittais Rimouski le 22 ou le 23 décembre — si la météo le permettait — et arrivais à Sainte-Foy, où mon grand-père me faisait toujours une petite glissade en neige, qu'il faisait glacer avec de l'eau. La glissade avait trois marches, un véritable Everest que je peinais à gravir avec mes grosses bottes Sorel. Nous avions aussi une patinoire extérieure et allions faire des excursions en ski de fond. Je revenais les joues rouges, les yeux brillants et le cœur chaud comme le chocolat au lait de ma grand-mère.
Cette année Noël s'annonce plutôt gris et mes enfants en sont très déçus. En fait d'un bout à l'autre du pays les Noëls deviennent de moins en moins blancs en raison du réchauffement climatique. Une analyse des 55 années de données météorologiques réalisée par Environnement Canada montre que la probabilité d'avoir des Noëls blancs est en net recul d'un océan à l'autre du pays.
De 1964 à 1982, la probabilité d'avoir un Noël blanc était de 79% à Montréal. Au cours de la dernière décennie, cette probabilité est tombée à 68%. À Moncton, cette probabilité est passée de 84% à 63%. À Calgary, de 74% à 47%. À Toronto, de 47% à 37%. Heureusement qu'il nous reste Québec où la probabilité d'un Noël blanc est toujours à 95%. Mais cette donnée en cache une autre : l'épaisseur moyenne de la neige au sol à Noël a diminué de moitié, passant de 42 à 21 centimètres en trois décennies à Québec.
Continuer »Science, on tourne!
(Credit: L'imaGiraphe via Flickr)
Voilà plus d'un an déjà que j'aborde avec vous la question de l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures dans le golfe. De manière naturelle, le dossier a évolué au fil des mois, mais certaines façons de faire n'ont, quant à elles, pas suivi cette même progression.
Laissez-moi le soin de vous expliquer.
Comme pour tout projet d'envergure ayant un impact environnemental potentiellement important, il est normal, voire essentiel, que la population puisse exprimer ses inquiétudes face à de tels projets. C'est pour cette raison que nous avons au Québec le Bureau d'Audiences Publiques sur l'Environnement (BAPE), dont la mission est généralement bien vue de l'opinion publique.
Ainsi, un BAPE a eu lieu en 2004 afin d'évaluer les enjeux liés aux levés sismiques dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Au cours de ce BAPE, bien des citoyens, groupes environnementaux et scientifiques ont pu faire part de leurs craintes, de leurs avis d'experts ainsi que de leurs recommandations face à ce sujet épineux. Résultat : un programme d'Évaluations Environnementales Stratégiques (ÉES) a été mis sur pied afin d'examiner la portée et la nature des effets environnementaux et socioéconomiques potentiels de l'exploration et de l'exploitation d'hydrocarbures.
Nous sommes présentement dans les derniers souffles de la phase « consultative » de l'ÉES qui porte sur la partie québécoise du golfe du Saint-Laurent; consultations auxquelles j'ai eu la chance de participer récemment.
Malgré les bonnes intentions de ce type de consultations (dont la portée géographique est très restreinte, soi-disant passant), il est difficile de passer sous silence le manque de cohésion et de diligence que ce type de processus fait ressortir. Force est donc de constater que dans la foulée de vouloir nous faire avaler la pilule de l'acceptabilité sociale d'un projet tel que celui des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent, plusieurs constats scientifiques sont (in)volontairement ignorés ou mis à l'écart quant à l'impact de cette industrie sur les milieux marins.
À titre d'exemple, l'énoncé des pratiques canadiennes d'atténuation de l'impact des ondes sismiques en milieu marin a été critiqué à quelques reprises déjà par des membres de la communauté scientifique comme étant insuffisant à certains niveaux, compte tenu de la plus récente littérature scientifique à ce sujet.
Ce genre « d'omission » des faits scientifiques n'est pas chose nouvelle.
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