Prévenir l'infarctus ou y survivre | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: Prévenir l'infarctus ou y survivre

Par Dr François Reeves

En tant que cardiologue d'intervention, je n'ai jamais eu la prétention d'être un expert en environnement.

Cependant, un événement climatique a éveillé ma conscience sur les liens qu'il peut y avoir entre le cœur et l'environnement. La question est la suivante : Comment la dimension environnementale peut-elle influer sur les facteurs de risques cardiovasculaires ?

Etant à Paris en 2003 pour des raisons professionnelles, j'ai pu noter à quel point la tristement célèbre canicule du mois d'août a été dévastatrice ; elle a fauché 15 000 vies dans la région parisienne et au-delà (près de 70 000) en Europe.

Mes amis cardiologues et urgentologues parisiens m'ont fait part de la situation d'urgence qu'ils ont vécu lors de cet événement climatique imprévu : un état de siège des services d'urgence débordés. Le système de santé semblait submergé et à bout de souffle après une manifestation bien concrète des changements climatiques et de la pollution atmosphérique.

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À la suite de ce coup de chaleur fatidique, les études de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ont apporté les éclairages suivants :

  • Pour la première fois depuis la guerre, l'espérance de vie en France reculait.
  • 72% des décès étaient d'origine cardiovasculaire, à savoir : infarctus, défaillance cardiaque et arythmies malignes.
  • La conjonction chaleur et smog (pollution industrielle mélangée au brouillard) était particulièrement toxique.
  • Beaucoup moins de décès étaient observés dans les départements voisins de Paris, plus verdoyants et moins pollués.

Comment ne pas faire le lien entre santé et environnement alors que de tels résultats nous sautent aux yeux ? Il est alors devenu pour moi essentiel de faire réaliser aux gens que la pollution atmosphérique n'est pas bénigne comme beaucoup le croient. Le « manque » d'effets directs sur la santé des individus a mis pendant longtemps les gens à l'abri de telles préoccupations. Aujourd'hui, il est temps de réaliser que la pollution climatique engendrée par les combustibles fossiles a des effets dévastateurs sur notre santé et cela ira probablement en empirant si nous n'agissons pas maintenant. Prévenir l'infarctus ou y survivre, telle est la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Nous avons à présent la possibilité de faire les bons choix pour ne plus subir les effets de la pollution, à nous d'agir !

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22 février 2010

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