Feu, feu joli feu...?? | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: Feu, feu joli feu...??

Source : NASA et MODIS Rapid Response Team

Contrairement à l'air populaire chanté autour d'un feu de camp par un joli soir d'été, l'ardeur des feux de forêts qui sévissent actuellement dans le nord québécois est loin de nous réjouir.

Au moment d'écrire ces lignes, encore 35 feux étaient en activité dont cinq étant hors contrôle selon la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). Ainsi, les vents dominants du nord-ouest nous on donné droit à une idée de l'ampleur de ces feux, lorsque dans la nuit du 30 au 31 mai dernier la fumée a envahi la grande métropole de Montréal (ainsi que plusieurs autres villes du Québec).

L'indice de qualité de l'air moyen enregistré sur l'île de Montréal se situait donc à plus de 220 au courant de la journée du 31 mai, selon les données fournies par le réseau de surveillance de la qualité de l'air de Montréal — alors qu'un indice de 51 et plus est considéré comme étant mauvais.

Bien que ces événements soient malheureux, nous sommes familiers avec les feux de forêts ici au Québec. La situation des derniers jours n'est donc pas surprenante surtout si l'on considère que l'hiver canadien 2009-2010 aura été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des enregistrements des températures canadiennes, mais aussi le plus sec, selon Environnement Canada.

La tendance des températures à l'échelle canadienne et mondiale au cours des vingt dernières années (voir les 150 dernières années) est sans équivoque : celles-ci n'ont cessé d'augmenter. Cette réalité est telle que la communauté scientifique affirme que cette augmentation des températures observée depuis le dernier siècle est fort probablement (i) due à l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre occasionnées par l'Homme. Par conséquent, la fréquence d'événements météorologiques extrêmes (pluies diluviennes, tempêtes, sécheresse, feux de forêts, etc.) augmente également depuis plusieurs années.

Ainsi, les modèles de précipitations sont de plus en plus bouleversés dû aux changements climatiques : les températures globales plus élevées occasionnent l'évaporation des grandes masses d'eau, ce qui alimente les tempêtes (e.g. ouragan, cyclone, etc.), et des sols, ce qui peut causer des sécheresses. De plus, un hiver plus chaud avec moins de précipitations, comme celui que nous avons eu cette année, contribue directement à l'augmentation de la probabilité de risque de feux de forêts.

Il va donc sans dire que si nous ne prenons pas la réalité des changements climatiques au sérieux, si nous n'agissons pas de manière concrète pour réduire notre empreinte carbone, et si nos élus ne prennent pas des mesures législatives pour faire face à ce problème, nous risquons d'être exposés de manière régulière à des épisodes tels que nous l'avons connu dernièrement avec les feux de forêts au Québec.
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(i) Ici, notons que fort probablement correspond à 90% de certitude (ce qui n'est pas peu dire, scientifiquement parlant).

3 juin 2010