2010 : année internationale de la biodiversité... Nous devons faire plus! | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki

Les Nations Unies ont proclamé 2010 l'Année internationale de la biodiversité et ont invité les gens à travers le monde à faire un effort particulier pour sauvegarder les richesses naturelles et freiner la perte de la diversité biologique.

Lors de la 10e Conférence des Parties (COP10) à la Convention sur la Biodiversité (CDB) qui s'est tenue à Nagoya, au Japon, en octobre dernier, les représentants de 193 nations faisaient état des enjeux très élevés de cette rencontre puisque les perspectives de la biodiversité globale sont actuellement sur le seuil d'un point de non-retour (1), tel que révélé dans l'une des récentes publications phares du secrétariat à la CDB, « Perspectives mondiales de la biodiversité ». Sur le seuil... Cela signifie que nous n'avons pas dépassé ce point, mais que nous sommes dangereusement proches de la catastrophe. Les scientifiques ont beau tenter d'éviter de diffuser des scénarios d'épouvante, la réalité est tout de même alarmante.

Selon la troisième édition des « Perspectives mondiales de la biodiversité » (dont le sigle anglais est GBO-3), le monde a manqué à ses engagements visant une réduction significative de la perte de la biodiversité d'ici 2010 (2). Selon la dernière « Liste rouge mondiale des espèces menacées de l'UICN », le tiers des espèces répertoriées est gravement menacé et, de ce nombre, plusieurs se trouvent en voie d'extinction. Enfin, plusieurs des bénéfices qu'offre la nature, que nous avons jusqu'à ce jour pris pour acquis et dont nous avons profité sans bourse délié, sont dorénavant à risque de s'épuiser (1). Selon le « GBO-3 », il devient important de nous engager à agir vigoureusement et de manière appropriée pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité afin d'éviter la dégradation rapide et l'effondrement des systèmes naturels qui supportent la vie, l'économie et les moyens de subsistance sur la planète (2).

« Une fraction des sommes engagées pour éviter un effondrement de l'économie mondiale nous permettrait d'éviter un effondrement beaucoup plus préoccupant et profond : celui des écosystèmes de maintien de la vie sur Terre. » Secrétariat à la CDB, 3e édition des « Perspectives mondiales de la biodiversité », 2010.

Notant que les efforts déployés ont mené à des résultats positifs, par exemple du côté de la conservation et de l'élimination d'espèces de la « liste rouge », les participants de la COP10 se sont engagés, entre autres, à mettre en œuvre un nouveau plan stratégique pour les 10 prochaines années, comprenant 20 objectifs pour s'attaquer à la crise de l'extinction des espèces et restaurer le capital naturel. Des ressources financières importantes, notamment en provenance du Japon, seront dédiées à la cause. Le nouveau plan fixe notamment comme objectif une augmentation sensible des aires protégées de la planète. Ces dernières représentent actuellement 13% de la surface totale des terres et un peu moins de 1% de la surface totale des océans. Les objectifs négociés pour 2020 sont de 17% pour les terres et de 10% pour les mers.

Plusieurs nations ont saisi l'occasion de travailler plus fort afin de mieux gérer et de mieux protéger la biodiversité sur leur territoire, et ce, dès 2010. Malheureusement, ces efforts sont insuffisants puisque, ultimement, c'est le bien-être présent et futur de l'humanité qui en est l'enjeu! Mais en sommes-nous pleinement conscients? Et surtout, nous, que faisons-nous? La fin de l'année approche... Qu'auront à présenter le Canada et le Québec comme bilan au terme de cette année? Et que proposerons-nous pour le maintien de la vie sur Terre?

Mon prochain blogue tentera de répondre à ces questions.

Références

(1) « Deadline Life — Nagoya defines future for life on earth » :
http://www.iucn.org/cbd/meetings/nagoya_2010/?6406%2FDeadline-Life—Nagoya-defines-future-for-life-on-earth

(2) « Une nouvelle vision est requise pour empêcher la perte dramatique de biodiversité, affirme un rapport de l'ONU »
http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=624&ArticleID=6558&l=fr

6 décembre 2010

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