2010 : année internationale de la biodiversité... Que font le Québec et le Canada afin de l'honorer? | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki

Par Marie-Christine Dubé

Réunis pour la 10e Conférence des Parties (COP10) à Nagoya en octobre dernier, les représentants de 193 nations ont adopté un nouveau plan stratégique pour la Convention sur la diversité biologique pour les 10 prochaines années. Les nouvelles normes établies visent ni plus ni moins le maintient de la vie sur Terre. En attendant de connaître les nouveaux engagements du Canada et du Québec en matière de protection de la biodiversité, voici un survol de nos accomplissements.

Dans un rapport publié récemment par le gouvernement fédéral sur l'état de la biodiversité au Canada, on constate que la situation est plus inquiétante que rassurante; et souvent, elle « nécessite des mesures pour que les écosystèmes demeurent fonctionnels ». En fait, tous les biomes (ensembles d'écosystèmes distincts) sont dans une situation préoccupante, et plus de la moitié sont instables ou sur le point de ne pas se remettre. Les plus touchés sont les prairies, les zones côtières, les zones marines et les biomes de glace. Dans les régions éloignées, les richesses naturelles demeurent saines... mais pour combien de temps encore?

En fait, selon un récent rapport du WWF, les Canadiens figurent parmi les pires «délinquants environnementaux», le Canada affichant la 7ème plus grande empreinte écologique par personne sur 130 nations étudiées. D'après ce rapport, il faudrait quatre planètes pour répondre à notre rythme de consommation si tous les êtres humains vivaient comme les Canadiens.

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Saviez-vous que...?

  • Il faudrait 4 planètes pour maintenir le rythme de consommation actuel si tous les êtres humains vivaient comme les Canadiens!
  • En ce moment, près de 12% des terres et 1% des océans sont protégés à l'échelle mondiale. Les objectifs mondiaux de conservation pour 2020, issus du dernier sommet sur la biodiversité, ont été fixés à 17% pour les terres et de 10% pour les mers.
  • Au Canada, environ 9% des terres et moins de 1% des océans (incluant le Parc marin du Saguenay-St-Laurent, cogéré avec le Québec) sont protégés, alors qu'au Québec ce sont 8% des terres qui sont protégées.

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Et au Québec? Où en sommes-nous?

Selon le ministère de l'Environnement du Québec, nous n'arrivons pas à freiner la perte de la biodiversité. Bien des préoccupations environnementales demeurent également en suspens au Québec, notamment, la préséance des activités minières vis-à-vis les autres usages du territoire québécois, et la question de la protection partielle du Saint-Laurent face à l'exploitation pétrolière.

Il faudra bientôt calculer la valeur de ce qu'on appelle les services écologiques (la purification de l'eau par un marais par exemple) et les mesurer aux retombées économiques prévues lors de construction d'infrastructures afin d'illustrer l'importance de préserver notre biodiversité. Selon moi, le calcul de la valeur écologique des services fournis par l'environnement devra impérativement être mis en place et sera particulièrement utile lors de catastrophes environnementales.

Le Canada, les provinces et les territoires devront donc faire de réels efforts pour protéger la biodiversité, mais également pour collaborer dans l'atteinte d'objectifs clairs de protection de la biodiversité. Il faudra également faire des efforts pour intégrer les agendas de la biodiversité à ceux des changements climatiques et celui, moins « glamour », de la dégradation des terres.

Enfin, tel que le disait le directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et administrateur de la Convention sur diversité biologique, Achim Steiner : « Cette fois ces objectifs doivent être une source d'inspiration et de changement fondamental pour aller réellement vers un développement durable et une économie verte pour tous, pas seulement pour quelques-uns ».

À nous tous de porter le flambeau!

3 janvier 2011

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