La gestion de l'environnement comme moteur de développement socio-économique : l'exemple du Burkina Faso | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: La gestion de l'environnement comme moteur de développement socio-économique : l'exemple du Burkina Faso

(Crédit : kinderpate via Flickr)

Par Christophe Gamsonré

En Occident, les problématiques environnementales sont intimement liées au mode de vie que « l'Homme moderne » veut défendre. Ses corollaires : l'industrialisation ainsi que la « course à l'énergie » alimentent toutes les polémiques. Mais une question fondamentale demeure sans réponse : notre réalité socio-économique et géopolitique permet-elle un changement? Éloignons-nous un peu de ce contexte pour s'intéresser à ce qui se passe outre-mer.

Au Burkina Faso, petit pays enclavé d'Afrique occidentale, la question environnementale ne se pose pas de la même manière. En effet, les régions du nord font face à des problèmes récurrents de sécheresse et de famine caractéristiques de la zone sahélienne (territoires bordant le Sahara). La dégradation des conditions climatiques participe à la paupérisation de la société ainsi qu'à la dépendance alimentaire.

Plus globalement, deux facteurs essentiels sont à prendre en compte dans ce processus de désertification 1 :

  • Les aspects physiques : baisse de la pluviométrie et érosion hydrique (décapage des sols par l'eau de ruissellement) ;
  • Les aspects humains : la croissance démographique et la mauvaise gestion des ressources naturelles induite par la pauvreté (exploitation forestière, surpâturage...)

Il faut donc gérer un environnement à la base défavorable, dans une optique de subsistance et de développement durable.

Dans ce contexte de précarité, certaines actions locales permettent néanmoins de faire une différence : la technique du « zaï » en est un exemple concret. Originaire du Mali, elle a été adoptée puis améliorée par les agriculteurs burkinabés, depuis les années 1980 jusqu'à aujourd'hui. Étymologiquement, « zaï » est un dérivé du mot « zaiégré » qui signifie, dans la langue locale, « se lever tôt et se hâter pour préparer sa terre » 2. Mais en quoi consiste exactement ce procédé?

Le principe de base est assez simple : une longue période de sécheresse influence les propriétés pédologiques et participe à amoindrir la capacité de stockage superficiel des sols. Résultat : l'eau ruisselle de manière intensive. Dans ce contexte, la pratique du « zaï » vise à préparer la terre très tôt durant la saison sèche, en creusant manuellement des cuvettes d'environ 30 cm de diamètre et de 15 à 20 cm de profondeur. La terre est rejetée vers l'aval de façon à capter les eaux de ruissellement ainsi que les particules (sable, limons...) transportées par le vent.

Mais l'ingéniosité ne s'arrête pas là! Dès le début de la saison des pluies, les paysans y déposent de la matière organique afin d'attirer des termites qui creuseront des galeries dans le fond des cuvettes! Le tout est, ensuite, recouvert d'une mince couche de terre. Environ deux semaines après les premières pluies, les semences peuvent y être déposées; les eaux issues du ruissèlement vont s'y engouffrer et permettre la formation de poches d'humidité en profondeur, protégées d'une évaporation rapide 3.

Grâce à ce procédé, on voit apparaître ça et là de véritables « oasis » garants d'une certaine sécurité alimentaire. Voilà un exemple, parmi tant d'autres, de ce que l'on peut faire localement avec un bon sens pratique et une bonne dose de détermination.

L'environnement est l'affaire de tous et les liens sont globaux. On connaît les mécanismes de rétroaction qu'il existe entre désertification et changement climatique 4; le recul des terres cultivables (ou le contraire) au Burkina Faso a donc un impact sur l'écosystème général, y compris sur celui du Québec.

À l'heure où la notion de « réfugié climatique » va bientôt prendre tout son sens, il est nécessaire que le transfert technologique se développe entre sociétés. Mais ça, c'est un autre débat!

Références

1 Causes de la désertification

2, 3 Fiche technique numéro 5 : la technique du « zaï »

4 Tapsoba, P. 2006. « Liens entre la désertification et les changements climatiques ».

13 juin 2011

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1 commentaire

20 août, 2011
21:06

Another complaint was when he mentioned how loans were insured it led viewers to believe that that was the only reason we are backing loans (I.E. bailout out banks) He should have explained some basics on banking so people understand that insured or not the government must bailout bank failures or loose much more in currency depreciation or currency collapse. They would start to ask why our government (yes Greenspan and Bush were key here) refused to regulate the finance sector when problems were brought up multiple times.

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