Les stratégies d'énergie verte et l'échelle locale | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: Les stratégies d'énergie verte et l'échelle locale

(Crédit : olympi via Flickr)

Le terme environnement peut être compris et valorisé différemment selon chacun de nous, surtout lorsqu'il est en lien avec des projets qui sont vecteurs de changements au sein de la société.

À l'échelle planétaire, nous comprenons de plus en plus les effets de la pollution et la nécessité d'agir pour éviter ou réduire au minimum les émissions de gaz à effet de serre, de même que les mesures à prendre pour en diminuer les effets nocifs. Nous comprenons aussi à quel point le maintien des espaces verts dans les villes contribue à assainir l'environnement. Nous avons tous notre point de vue sur l'environnement dans lequel nous vivons et sur ce qui nous tient à cœur personnellement dans notre paysage local. Lors du dernier concours de photos présenté sur la page Facebook de la Fondation David Suzuki intitulé Le Saint-Laurent : Notre fleuve vivant!, les photos soumises illustraient les liens que nous avons avec certains paysages et ce qu'ils signifient pour nous, toutes choses qui nous incitent à travailler à la préservation de notre environnement.

Qu'arrive-t-il cependant lorsqu'une région ou une localité donne son aval, supposons, à un projet de production d'énergie verte visant à créer un environnement plus sain et que ce projet entre en conflit avec ce qu'aucun ne perçoit comme étant l'environnement dans lequel il souhaite vivre? Cette divergence de vues entre les avantages perçus par certains et l'incidence nuisible perçue par d'autres entraîne parfois des litiges entre les parties intéressées.

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Au Canada, de telles divergences ont récemment fait l'objet de deux affaires judiciaires en Ontario. Dans les deux cas, il s'agissait de groupes communautaires s'opposant à l'implantation de parcs éoliens dans le cadre de projets d'énergie verte. Ces projets doivent permettre de produire de l'électricité à partir de sources d'énergie non classiques telles que le soleil et le vent. Ils ont notamment pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre en diminuant notre dépendance aux sources d'énergie classiques polluantes et d'assurer une diversification des sources d'approvisionnement énergétique afin de pouvoir répondre à la demande d'énergie future.

Dans la première affaire, Hanna v. Ontario (Attorney General), un résidant de l'Ontario contestait un règlement sur les parcs éoliens adopté en vertu de la Loi sur la protection de l'environnement. Dans ce procès, le demandeur a exprimé ses inquiétudes quant à la trop grande proximité des éoliennes (potentielles) et a fait valoir que le règlement de retrait actuel concernant ces dernières n'assurait pas une protection suffisante pour la santé de ceux qui se trouverait a proximité des éoliennes. La Cour supérieure de l'Ontario s'est prononcée en faveur du gouvernement en affirmant que celui-ci avait effectué les consultations et les examens publics et scientifiques appropriés. La demande de pourvoi a été refusée. La décision de la Cour supérieure est accessible en ligne à l'adresse suivante.

Dans la deuxième affaire, Erickson v. Director, ministry of the Environment, l'Environmental Review Tribunal de l'Ontario s'est prononcé sur un appel contestant l'autorisation d'un projet de parc éolien par le gouvernement. Un groupe de citoyens de la localité concernée s'opposait à la mise en œuvre du projet en alléguant que celui-ci représentait un risque grave pour la santé de la population. Dans sa décision, le Tribunal a conclu que les preuves présentées par le groupe communautaire n'étaient pas suffisantes pour établir une prépondérance des probabilités quant aux risques graves que pourrait représenter la présence d'un tel parc pour la santé de tous. La décision du Tribunal est publiée à l'adresse suivante.

Ces questions et ces différends nous offrent une véritable occasion de réfléchir à notre propre relation avec notre environnement. Ils nous incitent à nous interroger sur la valeur des choses. Serais-je prêt, par exemple, à accepter que des aspects (visuels ou auditifs) de mon environnement immédiat, qui me sont chers, soient modifiés pour répondre à un objectif environnemental comme la production d'une énergie plus verte? Est-ce que mon point de vue sur ce que je considère bien pour l'environnement local et planétaire est le même que celui de mes amis? de mes voisins? Que signifie pour moi l'environnement?

17 août 2011

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1 commentaire

17 août, 2011
21:42

Intelligence spatio-temporelle

J’aime cet article dans sa forme, son sujet et son point de vue. En peu d’espace, il traite de plusieurs questions de fond. Parlons peu, parlons bien. Le point que je souhaite souligner est la recherche de compromis entre les enjeux locaux et globaux, entre l’intérêt personnel et collectif, …, entre la réalité actuelle et future. En particulier, les choix faits ici maintenant auront des effets ailleurs plus tard. Cette intelligence spatio-temporelle est difficilement comprise. Et les conséquences ailleurs et plus tard vont rapidement produire des effets globaux ressentis par tous.

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