Les biens et services écologiques et la santé | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: Les biens et services écologiques et la santé

(Crédit : cockaigne via Flickr)

Par Jérôme Dupras

frenchlogo-FB.jpgDepuis quelques années, l'expression « biens et services écologiques » (BSE) retient l'attention autant chez les scientifiques, que chez les citoyens et décideurs. On retrouve ce concept à la base de nouvelles politiques publiques en environnement et de stratégies d'entreprises novatrices. L'utilisation de ce concept fait référence aux bénéfices que tirent les sociétés humaines de la nature et vise à concevoir les écosystèmes en une série d'attributs, vecteurs de bien-être, qui rendent la vie possible à l'homme. Si certains travaux en font mention à partir des années 60 et 70 (voir notamment le rapport Meadows : The limits to growth), c'est principalement depuis la sortie en 2005 du Rapport sur l'Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire que le sujet s'est étendu au-delà du monde environnemental.

Le raisonnement généralement accepté veut que ces BSE naissent des structures et processus naturels; les structures étant les supports biotiques (flore, faune, etc.) et abiotiques (climat, géologie, etc.), alors que les processus relèvent des cycles et interactions entre ces supports.

Inscrivez-vous à notre bulletin

Ainsi, en considérant le capital naturel comme étant la somme des réserves des ressources naturelles et environnementales, incluant également l'ensemble des écosystèmes et du territoire, les BSE représentent la totalité des bénéfices (sociaux, économiques, sanitaires, spirituels, etc.) que tire l'homme du capital naturel, de sa gestion et de sa préservation jusqu'à sa création. Suivant ce raisonnement, une forêt ne sert pas seulement à approvisionner l'être humain en bois. Elle sert aussi à réguler le climat en agissant en tant que puits de carbone, à purifier l'air, à offrir un habitat à la biodiversité, à permettre aux usagers de s'y promener ou encore en générant un paysage agréable.

De plus en plus, la relation entre les bénéfices rendus par la nature et la santé humaine est mise de l'avant. Si le lien entre services écologiques et santé est intuitif, il est aussi confirmé par de nombreuses études scientifiques. Voici quelques exemples qui illustrent cette relation : Ulrich a démontré dans un article paru dans la revue Science en 1984 que des patients ayant subi une chirurgie guérissent plus rapidement s'ils sont en contact, visuel ou physique, avec des arbres depuis leur chambre d'hôpital. De leur côté, les chercheurs Kuo et Sullivan de l'Université de l'Illinois ont démontré dans une étude en 2001 que le fait de vivre dans des bâtiments entourés d'arbres, d'espaces ou de parcs plutôt qu'en milieu totalement urbanisé diminuait la fatigue mentale et le taux d'agression. Chez les personnes diabétiques, une marche en forêt peut diminuer significativement le taux de glucose sanguin, comme l'ont démontré Yasumasa Otsuka et son équipe en 1998. On sait également d'après une recherche réalisée par des spécialistes que la présence de plantes dans une pièce peut augmenter le seuil de tolérance à la douleur. (Voir l'étude de 2001 de Virginia Lohr et Caroline H. Pearson-Mims). Dans le même sens, une étude réalisée en 2007 par plusieurs chercheurs de l'Université Chiba au Japon a prouvé que la marche en forêt chez des citadins urbains diminue l'afflux de sang aux zones préfrontales du cerveau, ce qui diminue l'activité cérébrale et calme les individus testés. Également, ils montrent que le taux de cortisol salivaire , généralement relié au stress, est plus bas chez les individus se trouvant en contact avec la nature.

Dans cette optique, le Défi nature 30×30 proposé par la Fondation David Suzuki nous incite à bouger et à entrer en contact avec la nature environnante. Il invite à profiter de ce qu'elle nous offre, bref à consommer sans gêne ces biens et services écologiques disponibles autour de nous. Pour une fois que la surconsommation est bénéfique!

27 mai 2013

Ajoutez un commentaire


La Fondation David Suzuki n'endosse pas nécessairement les commentaires affichés par le public sur son site Web. La Fondation se réserve le droit de refuser la publication de commentaires qui pourraient être perçus comme offensant ou qui vont à l'encontre des principes directeurs qui régissent les organismes de bienfaisance. Veuillez noter que tous les commentaires sont relus avant d'être publiés.