Protégez nos milieux naturels... quelle importance? | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: Protégez nos milieux naturels... quelle importance?

(Crédit: Gilles Douaire via flickr)

En collaboration avec Jérôme Dupras, Michel Leboeuf et Dr François Reeves.

Jérôme Dupras est doctorant département de Géographie de l'Université de Montréal et président de la Fondation des Cowboys Fringants, Michel Leboeuf est biologiste et rédacteur en chef de Nature sauvage, alors que Dr François Reeves est cardiologue d'intervention au CHUM et à la Cité de la santé de Laval et professeur agrégé de médecine à l'Université de Montréal. Tous trois sont membres du Cercle scientifique David Suzuki.

Ils nous offrent ici leurs perspectives sur l'importance de protéger nos milieux naturels et de la création d'une Ceinture verte pour la région du Grand Montréal.

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Fondation David Suzuki: Dr Reeves, voilà déjà quelques années que vous parlez du lien entre notre environnement et les maladies cardiaques. Pouvez-vous nous expliquer brièvement ce que les évidences nous disent sur la qualité de nos milieux naturels en tant que « cardioprotecteurs »?

Dr François Reeves: Une multitude d'études scientifiques démontrent un effet cardioprotecteur global d'un milieu vert. Les milieux verts sont une incitation positive à l'activité extérieure. Les arbres captent bien sûr le CO2 et émettent l'oxygène, mais ils ont un effet actif de purificateur d'air en dépolluant et métabolisant massivement les gaz et particules émis par les combustibles fossiles. Des ruisseaux aux Grands Lacs, des rives arborisées garantissent une meilleure qualité de l'eau. Depuis peu, on réalise que les protéines arboricoles émises par la canopée, lesquelles donnent l'odeur typique des différents boisés, ont des effets bénéfiques et significatifs sur le système nerveux central et cardiovasculaire. À l'inverse, nous en sommes à concevoir le « syndrome de privation de nature » touchant toutes les facettes de notre santé. Une étude couvrant l'ensemble de la Grande-Bretagne démontre en milieu vert une diminution de moitié de l'écart de mortalité cardiovasculaire observé entre pauvres et riches de milieu urbain minéralisé.

Fondation David Suzuki: Quelle est l'étendue de la perte de nos milieux verts/forêts dans la région du Grand Montréal et qu'adviendra-t-il si on ne les protège pas dès maintenant?

Michel Leboeuf: On a surtout perdu beaucoup de milieux humides dans la grande ceinture de Montréal (il n'en reste plus que 6%). Quant aux milieux boisés, il en subsiste davantage, c'est la bonne nouvelle : un appréciable et surprenant 26% ! Cela fait des années qu'on étudie l'impact du morcellement des habitats naturels sur la faune et la flore, et de toutes ces études émergent un constat : il existe un seuil (d'environ 30% du territoire naturel) en dessous duquel les effets de la fragmentation du territoire s'additionnent à la perte d'habitat. En clair ; quand on tombe sous la barre de 30% de milieux protégés, les populations animales et végétales décroissent dans de plus grandes proportions qu'attendu, avec un risque d'extinction locale pour les plus fragiles. Nous avons donc une occasion historique de protéger près de 30% dès maintenant, et de conserver ce précieux patrimoine naturel forestier pour les générations futures.

Fondation David Suzuki: Constatant que nos milieux naturels et verts sont à la fois source de mieux-être pour notre santé, mais également la proie de l'activité humaine due à la fragmentation qu'ils subissent, quels moyens s'offrent à nous afin de les préserver et les mettre en valeur?

Jérome Dupras: Un ensemble de règles et de lois sont déjà en place pour protéger ces milieux, mais elles ne sont pas toujours appliquées. Une première étape, simple à mettre en œuvre, serait de les faire respecter. Ensuite, une vision plus globale des enjeux permettrait sans contredit de planifier plus adéquatement un développement des activités humaines en accord avec la dynamique écologique des milieux naturels. En ce sens, la proposition de la création d'une Ceinture et trame verte pour le Grand Montréal favoriserait cette vision régionale en assurant une connectivité entre les écosystèmes. La notion de connectivité est essentielle au maintien de la bonne santé des milieux naturels. Il faut donc protéger des milieux à haute valeur écologique, mais aussi les relier entre eux par l'entremise de corridors verts. Finalement, il est difficile de protéger ce que l'on ne connaît pas : il faut donc favoriser l'accessibilité aux milieux naturels à l'ensemble de la population.

Vous pourrez entendre messieurs Dupras, Leboeuf et Reeves parler des bienfaits des milieux naturels urbains lors d'une conférence gratuite qui aura lieu le vendredi 27 septembre prochain à la Maison des Arts de Laval, le tout animé par M. Pierre Verville et organisé par la Corporation pour la mise en valeur du Bois de l'Équerre. Visitez le site Web du Bois de l'Équerre pour vous y inscrire.

26 septembre 2013

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