Revue scientifique de 2013 | Cercle scientifique | Fondation David Suzuki
Photo: Revue scientifique de 2013

(Crédit : NS Newsflash via Flickr)

Par Jean-patrick Toussaint, chef de projets scientifiques de la Fondation David Suzuki

Tel que nous l'avions fait l'an dernier avec Dr Thomas Gervais, nous avons demandé à quelques membres du Cercle scientifique David Suzuki de partager avec nous une nouvelle scientifique qui a retenu leur attention en 2013 reliée à l'environnement. Voici leur compte-rendu.

Inscrivez-vous à notre bulletin

Diane Bastien

Pour Diane Bastien, doctorante en génie du bâtiment, l'année 2013 a vu quelques timides avancées qui étaient forts attendues dans le domaine du bâtiment. Tout d'abord, le code de la construction a été révisé en aout afin d'augmenter l'efficacité énergétique des nouveaux bâtiments de moins de 600m2 d'environ 25%.

En parallèle, la norme Novoclimat a été révisée. Les maisons certifiées Novoclimat 2.0 économisent 20% des besoins de chauffage par rapport à une maison répondant simplement aux exigences du nouveau code. Une façon abordable de réduire ses factures de chauffage et d'améliorer la qualité et le confort d'une nouvelle maison!

De plus, afin de diminuer les émissions de GES émises par le secteur résidentiel, le gouvernement provincial offre une nouvelle subvention aux propriétaires pour se débarrasser de leur système de chauffage et chauffe-eau au mazout afin d'effectuer une transition à l'électricité (ou une autre source renouvelable). Si vous avez un vieux système au mazout, le programme Chauffez vert représente une belle occasion de passer à l'action!

Marie-Christine Dubé

La problématique liée à l'agrile du frêne (Agrilus plannipenis), ce petit coléoptère vert émeraude brillant originaire de l'est de l'Asie qui a pour hôte les frênes, mérite notre attention selon Marie-Christine Dubé, biologiste. L'insecte est responsable de la perte de millions d'arbres depuis son apparition au Canada, ce qui mène à l'abattage de 30 % des frênes par année lorsqu'il n'est pas contrôlé adéquatement. Au Québec, l'insecte a été découvert à Montréal en 2011 et est désormais présent en Montérégie et à Laval.

La recherche scientifique montre que les infestations graves peuvent tuer des populations urbaines et semi-urbaines de frênes en moins de quatre ans. Il est donc urgent de trouver des solutions efficaces. En mettant rapidement en œuvre des actions nécessaires pour freiner la propagation de l'insecte ravageur, il est encore possible de freiner sa progression. Il s'agirait de planifier dès 2014 d'effectuer l'inventaire des frênes dans les villes affectées, de détecter les aires infestées et de traiter ces aires ainsi qu'une partie de celles qui ne le sont pas.

Thomas Gervais

La commission sur les enjeux énergétiques du Québec est certainement une des grandes nouvelles de 2013 pour Dr Thomas Gervais. Cet enjeu si important pour notre société sera déterminant quant à la marche à suivre pour les années à venir — tant au niveau environnemental qu'économique.

Cela dit, bien que la commission ait mis en lumière plusieurs objectifs et volontés en matière d'énergie, leur réalisation est une question de savoir-faire et de volonté politique. Si bien, que pour Dr Gervais et ses collègues, qui ont soumis un mémoire lors de la commission, il est impératif pour une politique énergétique québécoise de se concentrer davantage sur ses ressources humaines plutôt qu'uniquement sur ses ressources énergétiques.

Selon Dr Gervais, si le Québec peut espérer devenir un chef de file en matière d'énergie propre, il lui faudra également développer une expertise locale grâce à des investissements en recherche et dans l'enseignement supérieur.

Michel Leboeuf

Pour Michel Leboeuf, biologiste, la nouvelle marquante de 2013 est cette étude publiée dans la revue PLOS Biology soutenant que les espèces rares, contrairement à ce que l'on a longuement pensé, jouent un rôle majeur dans les écosystèmes.

Les auteurs ont étudié trois écosystèmes extrêmement diversifiés, et pour chaque milieu, ils ont déterminé quels étaient les traits fonctionnels de plusieurs centaines d'espèces, en se demandant par exemple si un animal est diurne ou nocturne, ou si une plante résiste à un feu ou à une sécheresse. En combinant ces traits, ils ont déterminé quelle était la fonction écologique de chaque espèce et recensé le nombre d'espèces partageant la même fonction.

àRésultat: les fonctions écologiques les moins communes sont très majoritairement portées par des espèces rares. Si ces espèces disparaissent, l'écosystème est donc en danger! Or, compte tenu de leur faible abondance, les espèces rares risquent de disparaître les premières. Au Québec, des espèces comme le micocoulier occidental (un arbre rare dans la zone climatique tempérée) ou le carcajou (un animal rare dans la zone climatique boréale) sont de bons exemples d'organismes vivants dont le rôle est structurant dans leur communauté écologique.

Dominique Paquin

Pour Dominique Paquin, spécialiste en modélisation climatique, il ne fait pas de doute : la publication de la première partie du 5ème rapport du GIEC sur l'évaluation du climat fut la nouvelle marquante de 2013. Et pour cause! Ce rapport tant attendu est venu confirmer de manière robuste plusieurs faits déjà connus, mais principalement le fait que l'influence humaine a été la cause principale du réchauffement planétaire depuis 1950.

Le rapport indique également que si nous désirons limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius (par rapport aux températures observées avant la révolution industrielle) et éviter un bouleversement climatique majeur, il nous diminuer rapidement nos émissions de gaz à effet de serre.

Le rapport du GIEC est LA référence scientifique internationale sur le climat. Le message véhiculé par ce rapport est clair, il nous faut agir sans tarder! Un deuxième volet prévu pour mars 2014 s'intéressera à l'impact de ces changements climatiques pour les décennies à venir et un troisième volet s'intéressera aux stratégies pour contrer ce problème planétaire.

Jonathan Verreault

Pour Dr Jonathan Verreault, professeur en toxicologie de l'environnement à l'UQAM, l'annonce du gouverneur de la Californie en novembre 2013 d'une nouvelle norme (TB-117-2013) quant à l'utilisation de retardateurs de flamme utilisés dans la fabrication de meubles est LA nouvelle de 2013.

Le « bulletin technique 117 » (TB-117) est un test d'inflammabilité mis sur pied en 1975 en Californie et consiste à soumettre un article, comme de la mousse de polyuréthane d'un meuble rembourré, à une flamme ouverte pendant 12 secondes. L'article vendu en Californie ne doit pas prendre en feu pendant ce lapse de temps. Ainsi, pour passer ce test, l'article doit contenir une teneur élevée en retardateurs de flamme — composés organiques halogénés étant reconnus pour être persistants et toxiques.

Environ 80% des produits pour bébé (ex. : matelas à langer, siège pour l'auto, etc.) contiennent de ces composés. L'usure normale de ces articles fait en sorte que l'on retrouve des concentrations élevées de ces composés dans la poussière de nos maisons. La modification de la norme fera en sorte que le protocole de ce test sera changé et plusieurs articles seront soustraits à la liste des articles qui doivent rencontrer les critères de ce test.

C'est une bonne nouvelle, car les consommateurs pourront bientôt se procurer des meubles rembourrés qui contiendront peu ou pas de retardateurs de flamme pouvant représenter un risque pour la santé et l'environnement!

Voilà ce que nos scientifiques ont retenu de l'actualité scientifique environnementale de l'année 2013. Espérons que l'année 2014 nous apportera de belles et bonnes découvertes! Pour tout savoir sur l'actualité scientifique environnementale cette année, demeurez à l'écoute des nouvelles des membres du Cercle scientifique David Suzuki.

29 janvier 2014

Ajoutez un commentaire


La Fondation David Suzuki n'endosse pas nécessairement les commentaires affichés par le public sur son site Web. La Fondation se réserve le droit de refuser la publication de commentaires qui pourraient être perçus comme offensant ou qui vont à l'encontre des principes directeurs qui régissent les organismes de bienfaisance. Veuillez noter que tous les commentaires sont relus avant d'être publiés.