Photo:  Il est temps pour les nouveaux arrivants de voter pour l'intérêt de l'environnement

Les typhons dévastateurs (en anglais) qui ont récemment touché les Philippines ont démontré que la vulnérabilité de l’humain aux changements climatiques – et aux conditions météorologiques extrêmes qu’ils causent – est un enjeu crucial. (Crédit : Mans Unides via Flickr)

Par Winnie Hwo, spécialiste de l’engagement du public

Ma famille est arrivée d'Asie il y a environ 30 ans. Depuis, nous avons vu se jouer quantité d'élections. Notre communauté a aussi vu passer de nombreux candidats néo-canadiens qui nous encourageaient à voter pour eux en raison de leur ethnicité. La logique était que les nouveaux Canadiens devraient voter pour des candidats qui ont les mêmes origines qu'eux.

Si l'ethnicité est le premier point qu'amènent les candidats néo-canadiens, l'économie se classe assurément deuxième sur la liste. Ce qu'on sous-entend ici est qu'une économie forte l'emporte sur tout... même sur un environnement sain. Il n'y a rien de plus faux. C'est pourquoi, cette année, je ne voterai pas pour des raisons purement ethniques ou économiques. Le candidat qui obtiendra mon vote sera celui qui me présentera un plan environnemental solide, parce que, à long terme, voter pour l'environnement est la seule chose logique à faire.

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Selon Citoyenneté et Immigration Canada, les trois pays d'où provenaient, en 2013, le plus d'immigrants arrivant au Canada étaient la Chine (34 126), l'Inde (33 086) et les Philippines (29 539). Ces pays sont confrontés à certains des plus grands défis environnementaux et climatiques au monde.
Prenons la Chine. Nous connaissons bien les problèmes de pollution de l'air de certaines de ses villes comme Beijing et Shanghai, mais la Chine doit aussi composer avec une longue liste de problèmes environnementaux, comme la désertification et la contamination des eaux souterraines, causés par des années d'industrialisation excessive, de déforestation et d'agriculture intensive. Selon Reuters, les eaux souterraines de la Chine servent à irriguer 40 % des terres agricoles du pays, mais environ 90 % de cette eau est polluée(en anglais).

La dégradation environnementale de l'Inde est tout aussi inquiétante. L'Indice de performance environnementale de l'université Yale et le Bureau central de lutte contre la pollution de l'Inde ont tous deux souligné le problème de pollution de l'air au pays. En 2010, la concentration moyenne de particules dangereuses dans l'air (en anglais) de 190 villes indiennes était six fois supérieure au niveau sécuritaire recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et deux fois plus élevée que les propres normes de l'Inde. À Delhi, la concentration de ces particules était 13 fois plus élevée que les recommandations de l'OMS.

Les typhons dévastateurs (en anglais) qui ont récemment touché les Philippines ont démontré que la vulnérabilité de l'humain aux changements climatiques — et aux conditions météorologiques extrêmes qu'ils causent — est un enjeu crucial. Les phénomènes météorologiques extrêmes liés au climat menacent la sécurité des pays comme les Philippines.

Le sondage Focus Canada mené en 2014 par la Fondation David Suzuki et l'Environics Institute, a révélé que 60 % de la population canadienne croit maintenant que les changements climatiques sont réels et que leur principale cause est l'activité humaine. Il ne reste plus qu'à voir si cela se traduira par des votes dans l'intérêt de l'environnement.

Selon des sondages réalisés par Abacus Data, les deux priorités en matière de vote de la majorité des électeurs sont les soins de santé et la création d'emploi. Une étude de Nanos Research a conclu que l'économie et l'emploi sont les deux enjeux clés qui influencent le plus le vote de 72 % des citoyens et citoyennes. Beaucoup de choses se sont produites depuis la publication de ces résultats. Le prix mondial du pétrole a dégringolé, causant la perte d'emplois au Canada. Des périodes de sécheresse ont entraîné de graves feux de forêt dans des régions pourtant connues pour avoir de l'eau en abondance. Les électeurs se rendent maintenant compte qu'un environnement instable est synonyme d'une économie instable.

Après un long été très chaud en Colombie-Britannique, ma famille et moi ne tiendrons plus pour acquis l'environnement, l'une des raisons principales qui nous avaient poussés à venir nous installer ici. Nous devons nous rendre compte que l'air pur que nous respirons et l'eau potable qui coule de notre robinet sont le résultat du travail acharné de plusieurs générations.

Plus notre population augmentera et nos activités industrielles se multiplieront, plus nous ferons pression sur l'environnement qui nous permet de subsister. Nous devons élire des dirigeants qui veilleront à ce que la nature ne paie pas le prix de notre développement. Les nouveaux Canadiens, qui ont survécu à une très mauvaise qualité de l'air et à des aliments contaminés, devraient être les premiers à exiger des solutions à la dégradation environnementale et aux changements climatiques. De nombreux experts nous affirment que les enjeux des élections actuelles sont l'économie, la stabilité et l'emploi. La première étape pour répondre à ces enjeux est d'exercer nos droits démocratiques et de voter dans l'intérêt de l'environnement, puisque nous savons maintenant que notre économie, notre stabilité et nos emplois pâtiront d'un environnement pollué.

Le 19 octobre, je vote!

31 août 2015

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