Photo: Et si les jeunes pouvaient déterminer le résultat des élections?

Par Karel Mayrand, Directeur général pour le Québec

Saviez-vous que l'issue de la dernière élection fédérale a été scellée par seulement 6 201 voix? Ce sont donc 6 201 électeurs et électrices dans 14 circonscriptions qui ont fait la différence entre un gouvernement minoritaire ou majoritaire. Si l'on se fie aux résultats des derniers sondages, cette fois-ci encore, le résultat de l'élection risque d'être déterminé par un petit nombre d'électeurs. En ferez-vous partie? Si vous hésitez encore à voter, ces chiffres devraient vous convaincre que chaque voix compte en démocratie.

Le taux de participation aux élections fédérales décline depuis de nombreuses années. Il est passé de 75 % en 1988 à 61 % à la dernière élection en 2011. Ce sont près de 4,5 millions de personnes de plus qui auraient voté en 2011 si nous avions conservé le même taux de participation qu'en 1988. Le désengagement est particulièrement prononcé chez les jeunes de moins de 30 ans dont seulement 38 % ont exercé leur droit de vote en 2011. L'avenir du Canada se décide sans que ceux qui seront le plus affectés par nos décisions prennent la parole.

Inscrivez-vous à notre bulletin

Malgré cette érosion manifeste de la participation électorale, fondement de notre démocratie, la nouvelle loi électorale adoptée en 2014 ne permet plus à Élections Canada de promouvoir la participation électorale ou d'encourager les citoyens et les jeunes à voter. Elle a également ajouté plusieurs nouveaux obstacles qui rendront à l'exercice du droit de vote plus difficile pour plusieurs électeurs, et particulièrement pour les jeunes qui exercent ce droit pour la première fois.

Ces changements à la loi ont été dénoncés par l'ancien directeur général des élections, Jean-Pierre Kingsley qui a affirmé que « Le directeur général des élections doit conserver le droit de s'adresser à tous les Canadiens pour parler de notre démocratie, de l'importance de notre droit constitutionnel de voter et des valeurs qui sont au cœur de notre système électoral [...] On ne peut pas enlever le droit de vote, qui est un droit constitutionnel, parce qu'il y a des procédures qui ne sont pas remplies par des administrateurs électoraux. Ça ne se fait pas dans une démocratie évoluée ».

Tout cela fait réfléchir sur la santé de notre démocratie. L'avenir du Canada peut-il être déterminé sans la voix des jeunes? Pouvons-nous protéger l'environnement et les droits des générations à venir si nous ne protégeons pas d'abord notre démocratie en exerçant notre droit de vote? L'élection de 2015 nous offre l'occasion de clamer haut et fort que notre droit de vote est sacré, et nous devons le faire en allant voter en un nombre record.

Cela est particulièrement important pour les jeunes dont les besoins et les priorités sont souvent laissés pour compte par les formations politiques parce que ceux-ci ne votent pas. L'environnement, l'éducation et les droits de scolarité élevés, l'accès à un emploi stable, l'accès à la propriété, les transports collectifs, les taux d'intérêt élevés des cartes de crédit et l'endettement sont des sujets qui préoccupent particulièrement les jeunes, mais qui sont passés sous silence dans la présente campagne.

À quoi ressemblerait le Canada si les jeunes votaient dans les mêmes proportions que les autres citoyens? Imaginons un Canada plus vert, plus juste, qui protège les droits des prochaines générations. Un pays qui valorise l'éducation et une vision à long terme plutôt que de prioriser le court terme.

Ce pays existe déjà. Les jeunes peuvent le mettre au monde.

Le 19 octobre, je vote!

9 septembre 2015

Ajoutez un commentaire

La Fondation David Suzuki n'endosse pas nécessairement les commentaires affichés par le public sur son site Web. La Fondation se réserve le droit de refuser la publication de commentaires qui pourraient être perçus comme offensant ou qui vont à l'encontre des principes directeurs qui régissent les organismes de bienfaisance. Veuillez noter que tous les commentaires sont relus avant d'être publiés.