Par Theresa Beer, spécialiste des communications

Au moment où les enjeux de l'énergie et du climat sont abordés dans la campagne fédérale, le Nouveau Parti démocratique présente son programme de plafonnement et d'échange pour imposer des limites aux pollueurs. L'annonce a précédé de peu la publication d'un sondage de la Fondation David Suzuki, en partenariat avec l'Environics Institute for Survey Research, confirmant l'appui croissant de la population canadienne à l'adoption de politiques nationales de réduction des émissions de GES.

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Le programme que propose le NDP permettrait aux provinces de se retirer du régime de plafonnement et d'échange si leur propre programme atteignait ou dépassait les objectifs du programme fédéral. Les revenus tirés de ce régime seraient redonnés aux provinces afin qu'elles les réinvestissent dans des mesures de réduction des gaz à effet de serre. Le prix du carbone serait fixé par le marché. En outre, le chef du NPD M. Mulcair a déclaré qu'un gouvernement néo-démocrate réinstaurerait la Loi sur la responsabilité en matière de changements climatiques afin d'assurer le suivi rigoureux des progrès réalisés relativement aux cibles à long terme de réduction des GES. En ce qui touche à ces cibles, le NPD a déposé en juin un projet de loi d'initiative parlementaire visant une réduction des émissions de 34 pour cent en deçà des niveaux de 1990 d'ici 2025, et de 80 pour cent d'ici 2050.

La Fondation David Suzuki — de même que plusieurs organismes mondiaux de premier plan, dont la Banque mondiale, le Forum économique mondial, le GIEC et l'OCDE — estime que la tarification de la pollution par le carbone sous forme d'une taxe ou d'un régime de plafonnement et d'échange doit faire partie intégrante de tout programme efficace de lutte contre les changements climatiques.

Or l'un et l'autre de ces moyens — taxe ou régime de plafonnement et d'échange — sont efficients, pour autant qu'ils soient mis au point et en place adéquatement. La tarification de la pollution par le biais d'une mesure soigneusement élaborée constitue l'un des incitatifs les plus puissants que puisse instaurer un gouvernement pour encourager les entreprises et la population à polluer moins, à investir dans des technologies plus propres et à adopter des habitudes moins énergivores.

Et la beauté de la chose, c'est que de partout dans le monde nous proviennent des preuves que ces programmes incitatifs produisent des résultats. Rappelons-nous le régime de plafonnement et d'échange régi par le marché qui a été mis en place en Amérique du Nord dans les années 1980 et 1990 pour sabrer dans les émissions à l'origine des pluies acides. Et que dire de l'instauration en 2008 par le gouvernement de la Colombie-Britannique d'une taxe sur le carbone qui a donné le ton à la lutte contre les changements climatiques tout en stimulant la croissance économique? Du moment où la taxe est entrée en vigueur jusqu'à la fin de 2012 (lorsque le taux a été gelé à 30 $ la tonne), la consommation de combustibles fossiles visés par la taxe en Colombie-Britannique a chuté de 19 pour cent per capita par rapport au reste du pays. Et pendant ce temps, l'économie de la Colombie-Britannique dépassait celle de la plupart des provinces au Canada.

Selon le sondage FondationDavid Suzuki — Environics mentionné plus tôt, l'appui à la taxe sur le carbone en Colombie-Britannique atteint des niveaux inégalés depuis l'instauration de la mesure en 2008. De fait, 61 pour cent de la population affirme soutenir « fortement » ou « modérément » cette mesure. En dehors de la Colombie-Britannique, la proportion des citoyens en faveur d'une tarification semblable à la taxe britanno-colombienne s'élève à 58 pour cent.

À ce jour, la Colombie-Britannique, l'Alberta, l'Ontario et le Québec ont déjà mis en place (ou sont en train de le faire) leur propre mesure de tarification du carbone ou de plafonnement et d'échange. On peut donc affirmer que lorsque l'Ontario aura finalisé sa réglementation en matière de plafonnement et d'échange, et que l'on pourra la mettre dans le même panier que la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique, le régime de plafonnement et d'échange du Québec et la réglementation albertaine régissant les grands émetteurs industriels, plus de 80 pour cent des Canadiens vivront de fait dans une province imposant une tarif sur le carbone.

Le NPD a également annoncé un programme d'investissement de 1,3 G$ par année pendant 20 ans afin de soutenir les besoins des municipalités en matière de transport collectif, ainsi que de 200 M$ sur quatre ans pour l'amélioration écoénergétique de maisons. Enfin, le NPD s'est engagé à créer un Fonds municipal vert de 150 M$ sur quatre ans; ce fonds servira aux villes et municipalités cherchant à créer des systèmes de transport collectif plus propres et autres projets liés au développement durable.

Revenez nous lire, car nous prévoyons l'annonce par le NPD d'autres aspects de son programme environnemental prochainement. Et ne manquez pas de lire notre série de blogues sur les engagements des autres partis au chapitre de l'environnement.

1 octobre 2015

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