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Les technologies propres sont bonnes pour l'économie et l'environnement

Le 23 octobre 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Les technologies propres sont bonnes pour l'économie et l'environnement

(Crédit : Chris Yakimov via Flickr)

Par David Suzuki

Quel secteur de l'économie croît le plus rapidement au Canada? À entendre les politiciens ou les médias, on pourrait croire que c'est l'industrie des ressources, notamment l'extraction et l'exportation de combustibles fossiles comme le pétrole des sables bitumineux et le gaz naturel liquéfié. Mais nous ne sommes plus simplement des « coupeurs de bois et des porteurs d'eau » — ou des foreurs de pétrole, « fractureurs » de gaz de schiste et mineurs de charbon.

Même si l'extraction, l'utilisation et l'exportation des ressources naturelles ont une importance économique qui se poursuivra pendant un certain temps, nous commençons à nous diversifier. Selon Analytica Advisors, une firme de consultants d'Ottawa, les technologies propres sont le secteur industriel ayant la plus forte croissance au pays.

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Le mouvement bleu Terre se déploie à l'échelle du Canada

Le 23 octobre 2014 | Laissez un commentaire

Par David Suzuki

Au fil des années, j'ai pu constater à quel point le Canada et le monde ont changé, à la fois pour le mieux et pour le pire. Grâce en partie à l'énergie bon marché et à la croissance technologique, la grande famille humaine est devenue trois fois plus grande, soit 2,2 milliards en 1936, l'année que je suis né, jusqu'à 7 milliards aujourd'hui. Quand j'étais petit, je pouvais boire de l'eau directement des ruisseaux et des lacs sans me soucier d'en tomber malade. Mon père m'amenait pêcher le flétan, l'esturgeon et le saumon au bord de l'eau à Vancouver. Bref, pas mal tout était bio dans ce temps-là.

Mes parents sont bel et bien nés au Canada, et y ont grandi comme n'importe quel autre citoyen jusqu'à ce que notre famille soit incarcérée dans la région Intérieur de la Colombie-Britannique durant l'internement des Japonais-Canadiens durant la Deuxième Guerre mondiale. Étant des gens de couleurs, mes parents n'ont eu le droit de vote qu'en 1948. Les Autochtones, eux qui vivaient sur les réserves, n'ont eu ce droit qu'en 1960. Jusqu'en 1969, il était criminel d'être homosexuel — certains en ont fait de la prison -, mais les couples de même sexe ont aujourd'hui le droit de se marier. Grâce au système de soins de santé d'aujourd'hui, on ne s'inquiète plus de devenir malade comme mes parents l'avaient fait dans le passé. Les temps ont réellement changé.

Il est aussi vrai que notre environnement naturel a subi le coup des comportements humains depuis les années 30 et 40, mais nous avons néanmoins fait du progrès extraordinaire en matière de droits fondamentaux et de programmes sociaux. Notons bien que c'est grâce aux luttes sociales que nous témoignons de ce progrès. Il importe de protéger et faire avancer les droits déjà acquis ainsi de protéger le filet de sécurité sociale, choses qui font de notre pays un des meilleurs au monde pour ses citoyens comme pour ses visiteurs. Mais l'intégrité de nos systèmes naturels est au cœur de ces atouts. Sans eux... Bref, leur protection est primordiale.

On nous demande fort trop souvent de choisir entre un environnement sain et une économie saine, ou entre les soins de santé et la protection de l'environnement. Mais il s'agit ici d'une fausse dichotomie, d'un faux choix. La prospérité à long terme et la pleine santé de la population dépendent de façon instrumentale sur la conservation et l'utilisation judicieuse de nos ressources, et sur la promesse que la qualité de notre air sera assez saine pour la respirer, que l'eau sera assez propre pour la boire, que la quantité d'aliments (nutritifs!) sera assez abondante pour nous permettre de demeurer non seulement en santé, mais en vie. La protection de l'environnement, les amis, c'est bon pour la santé humaine, mais c'est aussi vrai pour la santé de l'économie!

Prenons l'eau. Sans elle, la survie est impossible. Pourtant la plupart des citoyens tiennent pour acquise l'abondance de notre eau fraîche. Or, le cabinet d'avocats à but non lucratif œuvrant sous le nom d'Ecojustice fait le constat suivant dans son rapport intitulé Waterproof: Standards (Normes à l'épreuve de l'eau) : « Les normes canadiennes relatives à l'eau potable continuent à prendre du retard sur les données repères internationales et risquent de prendre encore plus de retard. » À tout moment au pays, plus de mille avis concernant l'eau potable sont en vigueur, dont plusieurs au sein des communautés autochtones. Il est fâcheux que le Canada ne se soit pas encore doté d'une politique nationale en matière d'eau, ni même de normes nationales contraignantes en matière de la qualité de l'air.

À Walkerton en Ontario, des familles ont perdu des êtres chers suite à la présence de la bactérie E.coli dans leur eau, tandis que dans le territoire autochtone connu sous le nom de Grassy Narrows en Ontario, le mercure d'origine hydrique empoisonne l'eau, ainsi que les résidents qui en dépendent. Dans le sud de l'Ontario, à Sarnia, dans un secteur qu'on surnomme « La vallée chimique », les toxines dans l'air et dans l'eau s'en prennent à la santé des habitants. Pareillement à Fort Chipewyan en Alberta, cette fois grâce au cocktail local mortel issu des produits chimiques de l'exploitation des sables bitumineux.

Ces instances sont tout à fait inacceptables dans un pays aussi prospère et riche en ressources tel le nôtre. Donc la question s'impose : comment s'assurer que tous les citoyens disposent du droit de profiter de l'air frais, de l'eau propre et d'une alimentation saine? Nous pourrions très certainement suivre l'exemple de plus de la moitié des nations du monde et consacrer le droit à un environnement sain à notre charte des droits et des libertés.

C'est en fait un des objectifs de la Tournée bleu terre auquel je me suis engagé ensemble avec la Fondation David Suzuki, ainsi que de nombreux amis et sympathisants. Et avec vous aussi!... du moins c'est ce que j'espère. Cet objectif témoigne de l'importance de cette tournée et le mouvement qu'il vise à créer, un mouvement auquel de nombreux musiciens, artistes et grands penseurs ont prêté leurs noms afin de conscientiser chaque citoyennes et citoyens. Artistes dont le poète Shane Koyczan, le légendaire Neil Young, ainsi que Bruce Cockburn, l'interprète de chant de gorge inuit Tanya Tagaq, l'artiste de renommée internationale Feist, membres du groupe canadien bien connu Blue Rodeo, l'auteure et poète lauréate Margaret Atwood, le groupe rock/folk de Vancouver Hey Ocean, le polyvalent musicien néo-écossais Joel Plaskett, l'artiste autochtone Roy Henry Vickers, le duo musical Whitehorse, les membres du célèbre groupe Barenaked Ladies, l'artiste multi-instrumentiste Danny Michel, l'auteure-compositrice-interprète Kinnie Starr, les leaders politiques Stephen Lewis et Ovide Mercredi, et tant d'autres, dont notamment dans le cadre de la tournée au Québec, Les Cowboys Fringants, Alexandre Désilets, Half Moon Run, Jean Lemire, François Reeves, Emily Haines et Jimmy Shaw de Metric, The Franklin Electric, et Maxim Martin.

La Tournée prévoit 20 évènements à travers le pays dont tous s'annoncent amusants et divertissants. Mais leur but est soigneusement vêtu d'un important sérieux, c'est-à-dire favoriser un dialogue à l'échelle nationale et provoquer un mouvement national visant à ce que chacun de nous s'engage à prendre soin de cette terre de nos aïeux, terre nous ayant légué d'innombrables bénéfices.

L'histoire est remplie de regroupement d'individus bien conscientisés qui, ensemble, façonnent une vague de fond favorisant un changement positif. Nous espérons que cette tournée pourra inspirer les citoyens de même, à s'engager dans leurs communautés pour faire en sorte que leurs communautés se tourneront ensuite vers leurs provinces pour favoriser leur engagement en ce même sens, pour enfin venir à faire reconnaitre notre droit fondamental de vivre dans un environnement sain, et ce, à l'échelle nationale.

Le chemin s'annonce long, c'est vrai. Mais entrepris ensemble, ce parcours nous mènera infailliblement au but. Alors... qui embarque?

Rédigé à partir de contributions du rédacteur en chef de la Fondation David Suzuki Ian Hanington.

Découvrez davantage au www.davidsuzuki.org



La Tournée bleu Terre : c'est l'affaire de tous

Le 31 juillet 2014 | Laissez un commentaire
Photo: La Tournée bleu Terre : c'est l'affaire de tous

Par David Suzuki

Une photo maintenant célèbre prise en 1972 par les astronautes d'Apollo 17 à 45 000 kilomètres est connue sous le nom de « la bille bleue ». Le regretté scientifique Carl Sagan a, lui aussi, décrit une photo de 1990 prise à six milliards de kilomètres par la sonde Voyage 1 comme « un point bleu pâle ».

Le fait de pouvoir voir la Terre depuis le lointain espace secoue profondément quiconque a chance d'en faire une telle observation. « Quand on regarde la Terre depuis l'espace, on voit cette planète, impressionnante, magnifique au-delà des mots », racontait Ron Garan, astronaute dans la Station spatiale internationale. « Ça ressemble à un organisme qui vit et qui respire. Du même coup, [cet organisme] semble extrêmement fragile. » Quand il parle de l'atmosphère, Garan ajoute qu' « il est vraiment triste... de réaliser que c'est cette couche, mince comme du papier, à elle seule qui protège tout ce qui vit sur Terre. »

Plusieurs astronautes ont fait part d'un sentiment d'être connecté, un sentiment qui dépasse les frontières et les conflits mondiaux — ce qu'on appelle « overview effect », ou « effet d'ensemble ». Edgar Mitchell, qui a participé à la mission Apollo 14, dit : « On développe une conscience globale instantanée, un intérêt pour les gens, un dégoût intense de l'état actuel du monde, et une pulsion pour faire changer tout cela. D'ici sur la Lune, la politique internationale nous paraît si insignifiante. »

Comment quelqu'un qui a vu une telle photo de la Terre peut traiter notre belle petite maison bleue avec autant de dédain et de détachement? Comment quelqu'un peut ne pas reconnaître le caractère précieux et limité de nos ressources, en particulier de l'eau — et le fait que nous devons nous partager et protéger ce que avons?

La photo de la « bille bleue » prise dans Apollo 17, la dernière mission lunaire habitée, a propulsé le mouvement environnemental à l'échelle planétaire. Désormais, alors que des gens partout dans le monde se battent pour l'air, l'eau et le sol — non pas seulement entre eux, mais contre des corporations menées par le profit, coûte que coûte — nous avons besoin de revenir en force pour sauver notre petite planète bleue.

C'est pourquoi je me lance dans ce qui sera probablement ma dernière tournée à travers le pays. Du 24 septembre au 9 novembre, je traverserai le Canada, de Saint-Jean de Terre-Neuve à Victoria, en Colombie-Britannique, en faisant 20 arrêts sur ma route comprenant Montréal et Québec Mon objectif est de travailler avec des citoyennes et citoyens de tous les horizons afin de protéger les gens et les lieux qui nous tiennent à cœur. C'est de loin la plus grande chose que j'aie accomplie de toute ma vie.

Et ce sera amusant! Parce qu'ils aiment tout autant notre pays et la planète, beaucoup de mes amis se joignent à moi tout au long de ce parcours, comme Feist, Neil Young, les Barenaked Ladies, Margaret Atwood, Kinnie Starr, Raine Maida, Grimes, Danny Michel, Stephen Lewis, Bruce Cockburn, Robert Bateman, Shane Koyczan et bien d'autres. Au Québec, ce sera au tour des Jean Lemire, Les Cowboys Fringants, Yann Perreau, Ariane Moffat, d'Emily Haines et Jimmy Shaw de Metric, Half Moon Run, The Franklin Electric, Alexandre Désilets de se joindre à la Tournée bleu Terre.

Le but de notre Tournée bleu Terre est de travailler avec les leaders locaux, les groupes, les gouvernements, les Premières Nations, les musiciens, auteurs, et experts légaux et — nous l'espérons — vous, dans des initiatives locales, régionales et nationales afin d'assurer que toutes et tous auront accès à une eau pure, de l'air propre et des aliments sains. Au bout du compte, nous aimerions que le droit de vivre dans un environnement sain soit entériné dans la Charte des droits et libertés de la Constitution canadienne.

Ceci semble un défi de taille, mais ce n'est pas hors du commun. Plus de la moitié des pays du monde — au moins 110 — ont des droits environnementaux figurant dans leurs constitutions. Cela ne fait pas de doute qu'une telle absence dans un pays comme le Canada, où la pureté de l'air et de l'eau, la nature spectaculaire et la richesse de la faune, de la flore et des ressources nous donnent fière allure et font l'envie des gens du monde, est d'une étrangeté capitale.

Peut-être prenons-nous notre bonne étoile pour acquis. Mais nous ne devrions pas. Déjà, les risques environnementaux causent la mort de 36 000 personnes au pays chaque année, et la moitié d'entre nous vivons dans des endroits où nous sommes exposés à des niveaux de pollution trop élevés pour la santé. La pollution coûte 100 milliards $ par année au Canada, et plusieurs souffrent d'asthme ou de maladies cardiovasculaires à cause de contaminants environnementaux.

Alors qu'il devient urgent d'extraire, de déplacer et de vendre les combustibles fossiles pendant qu'il y a encore un marché, la situation ne fera qu'empirer — à moins que nous n'intervenions tous. Ce n'est pas d'agir à l'encontre du développement ou du progrès, c'est d'engager une conversation sur le genre de pays que nous désirons avoir. Et c'est d'assurer que notre économie crée plus de bienfaits que de dommages aux gens et aux écosystèmes qui nous maintiennent en vie et en santé.

Nous espérons que vous vous joindrez à nous. Visitez le site latourneebleuterre.ca pour tous les détails et pour les dates de la tournée dans votre région.

Écrit avec la contribution de Ian Hanington, éditeur-en-chef pour la Fondation David Suzuki.
Apprenez-en plus sur www.davidsuzuki.org

Traduction : Edmond Pelletier

Les villes canadiennes, leader de l'action sur les changements climatiques

Le 22 juillet 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Les villes canadiennes, leader de l'action sur les changements climatiques

(Crédit : Kenny Louie via Flickr)

Par David Suzuki

Souvent, lorsque nous parlons des graves conséquences des changements climatiques, nous oublions que les actions qui visent à réduire ou prévenir ces impacts amènent aussi d'autres bénéfices tels l'amélioration de la qualité de l'air, la protection des espaces verts, l'habitabilité des quartiers et l'augmentation de l'efficience économique. Il n'est donc pas surprenant de voir que les villes canadiennes posent des actions tangibles et positives sur les changements climatiques.

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Un dépotoir nucléaire n'a pas sa place près du lac Huron

Le 15 juillet 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Un dépotoir nucléaire n'a pas sa place près du lac Huron

Crédit : Charles Dawley via Flickr

Par David Suzuki

La dilution serait-elle la solution pour éliminer les déchets nucléaires qui peuvent demeurer radioactifs pendant 100 000 ans? Selon un comité de quatre experts qui s'est présenté devant une commission mixte fédérale, la réponse est oui...

Ce comité examine présentement un projet d'Ontario Power Generation (OPG), dans lequel on propose d'enfouir les déchets nucléaires faiblement et moyennement radioactifs des centrales nucléaires de Darlingon, de Pickering et de Bruce dans le sol calcaire de la centrale de Bruce, à Kincardine, près du lac Huron. Selon le Toronto Star, les experts estiment que 1 000 mètres cubes d'eau contaminée pourraient s'échapper du site, quoique cette éventualité soit « hautement improbable ». Et même dans l'éventualité d'une fuite, cette quantité serait négligeable en raison de la quantité d'eau contenue dans le lac et des précipitations qu'il reçoit annuellement.

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