Photo: L'opinion des consommateurs stimule le changement en entreprise

Marché Jean Talon, Montréal, Québec. (Crédit: Flor M via Flickr)

Par David Suzuki avec Faisal Moola

La cause de la protection de la planète n'est plus perçue comme une activité marginale. La plupart des gens se disent conscients des ravages sur l'environnement et ont fait des démarches pour y remédier. Veiller à la protection de l'environnement est donc devenu aujourd'hui un courant de pensée dominant. C'est cela la nouvelle norme. Et c'en est rafraîchissant!

Les problèmes environnementaux auxquels nous faisons face sont tellement sérieux qu'une concertation de tous les secteurs de la société s'impose. Dans ce contexte, c'est tellement réjouissant de voir qu'un nombre grandissant d'entreprises se sont mises de la partie pour protéger la nature et les écosystèmes de la planète. Qu'il s'agisse de restaurants, d'épiceries ou de détaillants de vêtements, les entreprises cherchent, face aux menaces environnementales, des façons de fonctionner plus responsables. Aussi, prennent-elles des pas concrets en offrant de meilleurs choix aux consommateurs. L'une des meilleures choses à propos de ces initiatives soucieuses de l'environnement, c'est qu'elles montrent à quel point les particuliers peuvent avoir de l'influence. Le monde des affaires réagit à la demande. Les revendications des consommateurs peuvent donc apporter des mesures bénéfiques pour l'environnement. Exemples à l'appui: l'usage de sacs d'épicerie recyclables, de voitures hybrides, d'aliments organiques locaux, de produits et vêtements faits à partir de matériel recyclé et la présence d'édifices verts et de fruits de mer durables dans les restaurants et épiceries.

Bref, lorsque les gens se retroussent les manches, ils peuvent accomplir beaucoup. Ceds démarches ont souvent un effet d'entraînement. Sur la foi d'études menées par les universités et les organismes environnementaux, des citoyens ont ajusté leur comportement quotidien. Parfois, les citoyens ont exhorté le milieu des affaires à prendre acte de ces nouvelles données scientifiques et les entreprises ont agi en conséquence. À leur tour, les fournisseurs ont amélioré leurs techniques de production. Pour moi, l'une des tendances qui se démarque chez le consommateur qui me plaît beaucoup, c'est la demande croissante pour des fruits de mer durables. Mes parents ont quitté le Japon pour s'établir au Canada en raison de l'abondance de poissons dans nos océans. Mes souvenirs d'enfance les plus chers sont à propos de parties de pêche et de sorties de camping en Colombie-Britannique. Mais au fil des ans, beaucoup de changements se sont opérés. Autrefois en abondance, de nombreuses espèces de poisson sont maintenant en déclin. Certaines sont en voie d'extinction.

Ici à la Fondation David Suzuki, de concert avec les organismes membres du programme SeaChoice, nous avons fait une évaluation scientifique des espèces de fruits de mer qui sont encore florissantes et de celles qui sont menacées en raison de la surpêche et de la destruction de leur habitat. Nous avons également examiné les pratiques d'aquiculture pour déterminer lesquelles sont les plus sûres pour l'environnement et lesquelles propagent des parasites et des maladies.

De concert avec les aquiculteurs et les autorités gouvernementales, nous avons lancé, en réponse à la demande pour des fruits de mer durables, des initiatives pour protéger les espèces et les écosystèmes marins.
Les données recueillies nous ont permis d'identifier les meilleures espèces et celles qui sont menacées. Dans les restaurants et épiceries, les clients ont réagi en demandant qu'on offre des espèces durables et qu'on interdise celles qui sont à risque.

Heureusement, le vent a commencé à tourner au Canada. De nombreux chefs et propriétaires de restaurants, de même que certains distributeurs travaillent de concert avec SeaChoice, entre autres, pour offrir de meilleures options sur la table.

Justement, tout récemment, le groupe Overwaitea Food qui exploite 117 magasins dans 80 communautés dans les provinces de l'Ouest, s'est mis d'accord pour participer à un programme de fruits de mer durables, de concert avec la Fondation David Suzuki et le programme SeaChoice. Overaitea Food collabore maintenant avec nous pour mettre au point un plan d'action en six points sur l'achat et la vente de produits durables.

Nous ne sommes qu'au début de ce périple mais nous félicitons le groupe Overwaitea pour le leadership dont il a fait preuve afin d'améliorer la santé de nos océans. C'était particulièrement satisfaisant d'entendre le président de cette chaîne, M. Steve van der Leest, dire qu'il avait choisi de travailler avec SeaChoice parce que nous avions «les meilleurs programmes scientifiques» disponibles.

Des défis, il y en a. M. van der Leest a reconnu que les fruits de mer durables peuvent être plus chers que d'autres espèces. Mais «faire la meilleure chose à faire, c'est toujours payant», a-t-il par ailleurs ajouté lors d'une conférence de presse.

Rien de plus vrai. Les gens peuvent aider les entreprises à faire la meilleure chose en leur demandant d'offrir des espèces durables et en appuyant celles qui le font.

26 juin 2009

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