Protection des baleines: le Canada donne l'exemple | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: Protection des baleines: le Canada donne l'exemple

(Crédit: ahisgett via Flickr)

Par David Suzuki avec Faisal Moola

Les quelques baleines noires de l'Atlantique Nord qui restent dans le monde se prélassent dans les eaux de la côte est du Canada été et automne.

De gros animaux, ils pèsent jusqu'à 80 tonnes et mesurent jusqu'à 18 mètres de longueur. Or, bien que ces baleines jouissent d'une saison de frais prolongée, connaissent de multiples partenaires et qu'elles aient les plus grosses testicules du royaume des animaux, elles sont lentes à se reproduire. Le nombre de ce type de baleines plafonne à environ 400 depuis longtemps.

Les premiers baleiniers les ont surnommées en anglais les «bonnes baleines.» Ils les considéraient comme de «bonnes baleines» à chasser parce qu'elles sont larges, qu'elles nagent lentement, qu'elles s'approchent des côtes et qu'elles flottent habituellement lorsqu'elles sont mortes. Elles n'ont pas été la proie de chasseurs depuis 1935 mais ces baleines courent toujours le danger d'entrer en collision avec des navires ou de rester prises dans les filets de pêcheurs dans les eaux congestionnées au large des côtes américaines et canadiennes.

Ces facteurs font de ce géant mammifère l'une des baleines les plus en péril au Canada. Or, bonne nouvelle, le gouvernement fédéral a annoncé en juin sa stratégie de rétablissement de ces baleines. Il est question notamment de l'identification de son habitat essentiel.

On entend par habitat essentiel des endroits critiques qui permettront à une plante ou à une espèce animale de survivre ou de se rétablir. En vertu de la Loi sur les espèces en péril, une fois que l'habitat essentiel d'une espèce en péril ait été identifié dans le cadre d'une stratégie de rétablissement, le gouvernement doit protéger cet habitat si cela relève de sa compétence, comme les océans, par exemple.

Pour ce qui est de la baleine noire, le gouvernement a 180 jours après le dépôt de sa stratégie de rétablissement pour protéger son habitat. Cela signifie qu'il faut prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que les baleines jouissent d'un écosystème qui réponde à leurs besoins primaires et que celles-ci ne heurteront pas de navires ou ne resteront pas prises dans les filets.

À l'origine, la stratégie de relance de Pêches et Océans Canada rendue publique en janvier, ne faisait pas mention du bassin Roseway, un habitat essentiel de 48 kilomètres au sud de la Nouvelle-Écosse. La Fondation David Suzuki, de concert avec Ecojustice, a plaidé en faveur de la reconnaissance du bassin Roseway et du bassin Grand Manan. Le gouvernement en a pris note et dans son plan stratégique révisé, le bassin Roseway a été identifié comme un habitat essentiel de ces baleines.

Lorsqu'une espèce disparaît, cela touche des écosystèmes entiers. L'espèce en question est peut-être une source d'aliments pour d'autres animaux ou alors elle joue un rôle important pour équilibrer le pH de la couverture morte. Ou encore cette espèce est peut-être un prédateur, rôle qui empêche la progression trop rapide d'autres populations.

Les écosystèmes sont beaucoup plus complexes qu'on ne le pense. Et lorsqu'on endommage des écosystèmes qui nous rendent service, qu'il s'agisse du stockage de dioxyde de carbone, de la pollinisation ou de la purification de l'air et de l'eau, cela gêne la composition des systèmes naturels qui supportent la faune et les humains.

Certaines des espèces à risque du Canada ont peu de temps à vivre. La stratégie de protection de ces baleines est un exemple à suivre pour ce qui est d'autres espèces en péril. Pour leur bien et le nôtre.

24 juillet 2009

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