Photo: À l'orée de l'Année internationale des forêts

(Crédit : Meaduva via Flickr)

Par David Suzuki avec Faisal Moola

L'Assemblée générale des Nations unies s'est récemment réunie à New York afin d'inaugurer l'Année internationale des forêts 2011. L'objectif est de conscientiser les populations sur le rôle inestimable joué par les forêts pour une planète en santé et sur la nécessité d'une gestion durable et la conservation de tous types de forêts. L'Année internationale des forêts (lien en anglais uniquement) fait suite à d'autres proclamations de l'ONU pour encourager l'avancement de la justice sociale et la protection de l'environnement, y compris l'Année internationale de la biodiversité 2010, l'Année internationale des peuples indigènes du monde 1993, et plus bizarrement, l'Année internationale de la patate 2008.

Il est facile d'être cynique à propos des déclarations annuelles faites par les leaders mondiaux, surtout lorsque les gestes correspondants ne suivent pas. Néanmoins, l'Année internationale des forêts arrive à un moment critique pour notre planète. Nos écosystèmes forestiers n'ont jamais été autant à risque des conséquences de l'action humaine, incluant les changements climatiques et les activités industrielles. Mais quelques événements survenus au Canada, comme la signature récente de l'Entente sur la forêt boréale canadienne, nous font sincèrement espérer que 2011 sera véritablement l'Année des forêts.

Aux quatre coins de la planète, les forêts survivantes, de la nature sauvage comme la forêt boréale du Canada aux espaces verts urbains comme les pentes fournies qui entourent Vancouver, ces forêts représentent une réserve inestimable de richesses naturelles. Les forêts demeurent notre principale source de papier et de matériaux de construction, et elles retiennent de plus en plus l'attention comme source de bioénergie — qui fournit des millions d'emplois aux communautés se fiant sur cette ressource au Canada et partout dans le monde.

Les forêts fournissent nourriture, eau potable et ingrédients médicinaux vitaux, comme le médicament anticancéreux qui provient de la forêt humide, la vincristine. Elles abritent également des millions d'indigènes et servent d'habitat à plus de la moitié de la biodiversité terrestre de la planète. Et parce qu'elles emmagasinent des milliards de tonnes de carbone dans leur végétation, leur tourbe et leur sol, les forêts constituent un bouclier majeur contre le réchauffement climatique. La forêt boréale canadienne à elle seule stocke environ 208 milliards de tonnes de carbone (lien en anglais seulement), l'équivalent de 26 années d'émissions de gaz à effet de serre provenant de la consommation de combustibles fossiles.

Malgré l'importance de la biodiversité forestière et contraire à notre propre santé et bien-être, nous continuons à détruire les forêts à un rythme alarmant. Partout sur la planète et ici chez nous, les forêts et les terres à bois sont éventrées et développées, détériorées par le développement sauvage du pétrole et du gaz, minées et coupées à la vitesse grand V. Il subsiste moins d'un cinquième des forêts originales de la Terre, et bien qu'on retrouve à l'intérieur de nos frontières les plus belles parties restantes, le Canada n'est pas à la hauteur quand vient le temps de s'occuper de cet héritage naturel national. Nous continuons de couper à blanc des habitats sauvages alors que des méthodes de coupe forestière existent. Nous n'avons aucune stratégie nationale afin d'assurer la protection de nos forêts humides anciennes. Enfin, des provinces comme la Colombie-Britannique continuent d'exporter des millions de billots destinés à la coupe à l'extérieur du Canada.

Mais en même temps, aucune nation n'est mieux positionnée pour atteindre les objectifs ambitieux de l'Année internationale des forêts que le Canada. L'année passée, 21 compagnies forestières et neuf groupes environnementaux se sont engagés à présenter une vision commune aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi qu'aux Premières Nations pour la protection et la gestion durable de la forêt boréale canadienne. Cela comprend de nouvelles zones protégées, des pratiques forestières de classe mondiale et la promotion de produits forestiers respectueux de l'environnement auprès du marché.

Le succès de l'Entente sur la forêt boréale canadienne dépendra de l'implication des peuples autochtones et de leurs gouvernements et si leurs droits comme preneurs de décisions sont respectés. Dans le passé, d'incroyables réussites ont été possibles grâce au travail commun des indigènes, des groupes environnementaux et d'autres intervenants.

Plus de la moitié des forêts anciennes humides de Haida Gwaii sont aujourd'hui protégés grâce au leadership de la première nation haïda. Dans le centre du Canada, cinq communautés Anishinaabeg de l'est du Manitoba et du nord de l'Ontario font des démarches pour qu'une vaste région de forêt boréale soit déclarée Patrimoine mondial de l'UNESCO (lien an anglais uniquement). Couvrant plus de 43 000 km2, cette zone est surnommée Pimachiowin Aki, ce qui signifie « la terre qui donne la vie » en langue Ojibwa.

Les forêts supportent les systèmes de survie de la planète — de l'air pur, de l'eau potable, un sol riche et une faune en santé. Il est plus que temps de reconnaître notre interdépendance envers elles et de commencer à les considérer comme des trésors biologiques.

10 février 2011

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1 commentaire

02 mars, 2011
11:44

On doit cultiver rationnellement la forêt, ne couper que les plus grands arbres. Ne plus utiliser le bois dans la construction de bâtiments (utiliser des matériaux durable comme le béton, l’acier, le verre, donc faire pression pour faire changer le code des bâtiments, normaliser pour l’autosuffisant en énergie(biomasse,éolienne et solaire ), en approvisionnement en eau (recupération des eaux de pluie et traitement des eaux usées living machine), en gestion déchets (biomasse, recyclage, récupération, compostage) et en ayant des installations pour fournir une base alimentaire (serre, bassin d’aquaculture,potager, germination). Le bois peut être utilisé pour tout ce qui a un cycle de vie court comme contenants alimentaire, paipiers hygiénique, journaux et comporter ou recycler ex. buches écologique tout les résidus de bois. Éliminer tout les plastiques, mélamine et autres produits synthétiques dans la construction, meubles accessoires de décoration, appareils et ustensiles etc. Le bois doit être exploité c’est nécessaires a la survie de nos forêts mais jamais surexploité. Pas de coupe a blanc qui érode les sol. de même on ne doit pas laisser les terres cultivables redevenir en friche, on doit y couper les arbres. Les forest et les terres devraient faire l’object de nationalisation au même titre que les mines et ressources naturelles. On doit en faire l,exploitation mais selon des normes et redevances. Ne pas les laisser au privé seulement. Et assurer que nos marchés sont approvisionné avant de permettre l’exportation de ces produits. Ils sont essentiels et on doit y avoir accès à moindre coût que les pays importateurs de nos produits (ex. hydro vend notre électricité a moindre coût qu’on paie c’est innacceptable). La forest c’est les poumons de la planète, elle oxigène et garde l’humidité nécessaire dans le sol ce qui contribue au maintient de température plus basse et empêche l’érosion et le désèchement de l’air. Si on avait plus d,arbres il y aurait moins de pluies, les cours d’eau baisseraient et on finiraient par manquer d’eau. C’est beaucoup plus humide en amérique parce qu’on a plus de fo^rets mais si on ne l’exploite pas couper les grands arbres, enlever les surplus d’arbustes qui étouffent la terre et contribuent a l’assèchement et aux feux de fôrest on a l’effet contraire. Avec les feux de forest on augment les gaz a effet de serre. Comme humain il est la notre rôle sur cette planète assurer un équilibre harmonieux et efficace du développement des espèces. Idems pour les phoques et les requins. La nature vit un tel déséquilibre qu’elle s’autodétruit si on intervient pas efficacement pour réguler et exploiter les ressources.

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