L'énergie éolienne balaie la compétition | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: L'énergie éolienne balaie la compétition

Il n'est jamais facile de trouver des technologies énergétiques qui plairont à tout le monde, mais avec la planète qui doit faire face aux conséquences négatives sans cesse croissantes de la combustion des combustibles fossiles, nous devons examiner nos options (Crédit : Randy Harrison via Flickr)

Par David Suzuki

Rédigé avec la participation de l'analyste de politiques en changements climatiques de la Fondation David Suzuki, Dale Marshal.

L'énergie éolienne est de plus en plus considérée comme une source d'énergie valable et avantageuse. Plusieurs pays, y compris les États-Unis, l'Allemagne, l'Espagne, la Chine et l'Inde, mettent des politiques en place afin de stimuler le développement de leur industrie de l'énergie éolienne. Au Canada, la quantité d'énergie éolienne exploitée pour une utilisation dans nos maisons, bureaux et usines a augmenté rapidement au cours des dernières années, l'Ontario en étant le chef de file avec sa Loi sur l'Énergie verte.

Impact sur la santé?

Cependant, un effet négatif commence à se faire sentir dans plusieurs endroits où l'énergie éolienne se développe. En Ontario, l'une des critiques les plus importantes contre le développement l'énergie éolienne concerne son impact sur la santé humaine, surtout à cause du bruit produit par les éoliennes. Pourtant, la recherche scientifique jugée par les pairs indique que le son produit par les éoliennes, qui entre généralement dans trois catégories (son audible, onde kilométrique et infrason), a peu ou pas d'impact sur la santé humaine.

Cela est particulièrement vrai si les éoliennes sont construites suffisamment loin des résidences. Par exemple, le retrait requis en Ontario est de 550 m. À cette distance, il a été déterminé que le son audible des éoliennes était de moins de 40 décibels, ce qui correspond environ au son qui se retrouve dans la plupart des chambres à coucher et des salles de séjour. De même, des études de l'Université du Massachusetts ont conclu que même si le son était audible, le désagrément serait minime.

Les détracteurs ont également désigné les sons graves et les infrasons comme étant des sources d'impacts sur la santé provenant des éoliennes. Ces bruits sont difficiles à entendre ou inaudibles pour les êtres humains. Cependant, le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario a effectué une revue de la littérature scientifique et n'a découvert aucune preuve que le son grave des éoliennes pouvait entrainer des effets négatifs sur la santé.

La recherche en provenance de la Suède et des Pays-Bas pourrait jeter un éclairage sur l'opposition à laquelle les éoliennes sont confrontées, en dépit du manque de preuves des impacts sur la santé humaine. À 40 décibels ou tout juste en dessous, 73 des gens pouvaient remarquer le son et 6 étaient ennuyées. Toutefois, les personnes qui n'aimaient pas les éoliennes ou qui les trouvaient hideuses étaient plus susceptibles de remarquer le son et plus susceptibles d'être ennuyées par celui-ci.

Même si nous devrions toujours garder l'esprit ouvert à propos des recherches nouvelles et des enjeux émergents sur n'importe quelle question, les preuves semblent démontrer clairement que les éoliennes construites avec les retraits appropriés ne constituent pas un risque pour la santé. De plus, le vent devient une source d'énergie plus avantageuse lorsque l'on considère les impacts sur la santé des principales alternatives énergétiques, la combustion du charbon et des autres combustibles fossiles.

Pollution

L'Association médicale canadienne a estimé qu'en 2008, la pollution de l'air au Canada était responsable de 21 000 décès prématurés, 92 000 visites à l'urgence et 620 000 visites au bureau d'un médecin. Même en ne regardant que les impacts sur la santé des centrales thermiques alimentées au charbon Ontario, les chiffres sont éloquents et saisissants.

Quand il est question d'étudier si le Canada doit restreindre le développement de ses ressources éoliennes ou s'il doit étendre l'utilisation de l'énergie éolienne selon ce que propose la Loi sur l'Énergie verte ontarienne, nous devrions tenir compte de la conclusion du Center for Disease Control du Maine (lien en anglais seulement). Après avoir exclu l'idée d'un moratoire sur le développement éolien à cause de ses impacts sur la santé, le Dr Dora Ann Mills du centre a conclu que «s'il y une indication quant au besoin d'un moratoire, il concerne davantage l'utilisation plus importante des combustibles fossiles, étant donné leurs effets connus et courants sur la santé de notre population».

Impacts sur la faune

Quant aux impacts sur la faune, c'est une autre histoire. La plupart des recherches scientifiques (lien en anglais seulement) démontrent néanmoins que les technologies les plus récentes et un emplacement approprié peuvent contrer la plus grande partie des menaces envers les oiseaux et les chauves-souris. Une étude récente a également indiqué que «le nombre d'oiseaux tués dans le développement éolien est nettement plus petit que les taux annuels de pertes d'oiseaux attribuables à d'autres facteurs anthropiques divers, incluant les véhicules, les édifices et les fenêtres, les lignes de transport d'énergie, les tours de communication, les produits chimiques toxiques dont les pesticides, ainsi que les chats sauvages et domestiques».

Il n'est jamais facile de trouver des technologies énergétiques qui plairont à tout le monde, mais avec la planète qui doit faire face aux conséquences négatives sans cesse croissantes de la combustion des combustibles fossiles, nous devons examiner nos options. Lors de cet examen, l'énergie éolienne arrive première. Si nous nous assurons que des précautions sont prises afin d'utiliser ces technologies avec des impacts environnementaux minimums et de situer les éoliennes dans des zones où les effets sur les humaines et les animaux sont également minimums, il n'existe aucune bonne raison pour s'opposer à l'énergie éolienne.

6 juillet 2011

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