Photo: L'enquête tape dans le mille avec la «science» du négationniste

Le Dr Soon a également été associé avec plusieurs groupes de façade de l'industrie.
(Crédit : themajesticfool via Flickr)

Par David Suzuki

Rédigé avec la participation du spécialiste des communications et des publications de la Fondation David Suzuki, Ian Hanington.

Dans leur désir intense de découvrir la moindre preuve scientifique évaluée par les pairs afin de contester le flot de recherches provenant du monde entier à propos des changements climatiques causés par l'être humain, les négationnistes ont souvent soutenu les travaux de Willie Soon (lien en anglais uniquement).

Le Dr Soon, un astrophysicien du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, est connu pour ses études qui démontrent apparemment que le soleil, et non les émissions de CO2 provenant de l'activité humaine, est le principal facteur des changements climatiques, et que les changements climatiques du 20e siècle n'étaient de toute manière pas extraordinaires. Il a également soutenu que les émissions de mercure provoquées par la combustion du charbon n'avaient rien de dramatique.

Maintenant, en réponse à une enquête de Greenpeace (lien en anglais uniquement), le Dr Soon a admis que les compagnies pétrolières et charbonnières américaines, incluant ExxonMobil, American Petroleum Institute, Koch Industries, et la plus grande société de combustion de charbon au monde, Southern Company, ont contribué pour plus de 1 M$ (lien en anglais uniquement) à ses travaux de recherches au cours des dix dernières années. Selon Greenpeace, chaque subvention reçue par le Dr Soon depuis 2002 provenait d'intérêts pétroliers ou charbonniers. Pourtant, le Dr Soon a déjà déclaré, lors d'une audience du Sénat américain, qu'il n'avait pas été engagé ou employé par, ou qu'il n'avait pas reçu de subvention de toute organisation «ayant effectué un plaidoyer en lien avec le protocole de Kyoto ou la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques».

Le Dr Soon a également été associé avec plusieurs groupes de façade de l'industrie, y compris la Greening Earth Society, financée par l'industrie charbonnière, et des groupes financés par Koch-Exxon-Scaife, dont le Marshall Institute, le Science and Public Policy Institute, le Center for Science and Public Policy, le Heartland Institute, et l'Institut Fraser du Canada.

La correspondance découverte par Greenpeace a également démontré que le Dr Soon a dirigé un plan destiné à ébranler le Quatrième Rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat avant même qu'il ne soit publié en 2007.

Il n'y a rien de nouveau dans l'affirmation que l'industrie des combustibles fossiles a financé une campagne continuelle de doute et de désinformation quant aux effets de ses produits et aux dangers des changements climatiques — des gens et des organisations, de l'historienne scientifique Naomi Oreskes (lien en anglais uniquement) (auteure de Merchants of Doubt) à Greenpeace, exposent ces efforts depuis des années. De l'engagement de trolls et de groupes de façade à la publication de commentaires sur des sites Web en passant par l'envoi de lettres à des éditeurs et la rédaction de textes d'opinion destinés à commanditer des recherches «scientifiques» et à organiser des conférences, tout a été très bien documenté. (Les mêmes tactiques ont également été utilisées par l'industrie du tabac.)

La dernière divulgation est toutefois quelque peu embarrassante pour le géant du pétrole Exxon. La plus grande société pétrolière au monde a admis avoir financé ces efforts, mais avait promis en 2008 de cesser de donner de l'argent aux groupes faisant des pressions contre le besoin de découvrir des sources d'énergie propres.

C'est également embarrassant pour ceux qui, devant les preuves scientifiques accablantes, nient l'existence des changements climatiques — ou admettent que cela se produit tout en affirmant que nous ne pouvons et ne devrions rien y faire. Évidemment, ils continueront de répéter les mêmes éléments de discrédit à propos du «climategate», des périodes de réchauffement climatique du Moyen-Âge et du CO2 qui est un engrais. Ils continueront également de suivre les conseils de complices de l'industrie tels que Tom Harris (lien en anglais uniquement) afin de bombarder les médias de textes d'opinion, de lettres à l'éditeur et de publier de nombreux commentaires sous les articles en ligne.

Certains font remarquer à juste titre que nous devrions examiner la science et non pas qui finance la recherche. Qu'en est-il justement de la science du Dr Soon (lien en anglais uniquement)? Examinons un article publié par le Dr Soon avec sa collègue Sallie Baliunas, qui tentait de discréditer le travail de Michael Mann (lien en anglais uniquement), le directeur du Earth System Science Center de l'Université de Pennsylvanie. Trois éditeurs de la revue ayant publié l'étude ont démissionné afin de protester, incluant le nouveau rédacteur en chef, Hans von Storch. Il a déclaré que «les conclusions [n'étaient] pas appuyées par la preuve présentée dans l'article». Greenpeace constate également que treize des scientifiques cités dans l'article ont publié des réfutations, affirmant que les Drs Soon et Baliunas avaient mal interprété leur travail.

Après toutes leurs fouilles, les négationnistes n'ont été en mesure de découvrir que quelques petites erreurs dans le flot de recherches jugées par les pairs à propos des changements climatiques, et doivent s'appuyer sur des scandales fabriqués et des théories du complot afin de soutenir leurs arguments. Quelques petites enquêtes suffisent à percer des trous dans les minces fragments de recherche ayant tenté de discréditer la vraie science climatique. Cessons de perdre du temps avec les négationnistes. Celui-ci serait mieux employé à tenter de résoudre les importants problèmes que nous avons créés.

13 juillet 2011

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