Photo: L'avantage d'avoir plus de pistes cyclables!

(Crédit : Paul Krueger via Flickr)

Par David Suzuki

Rédigé avec la participation d'Ian Hanington, spécialiste des communications et des publications de la Fondation David Suzuki.

La plupart des arguments contre les pistes cyclables sont absurdes. Prenez ceci en considération : il y a partout de larges routes accommodant les automobiles, dont la majeure partie ne transportent qu'une seule personne. De chaque côté de ces chemins se trouvent des trottoirs destinés aux piétons. Dans la plupart des grandes villes, il y a aussi des voies réservées aux autobus et des transports en commun, comme les métros et les trains. Lorsque les cyclistes utilisent les routes, ils exaspèrent souvent les automobilistes. Et quand ils roulent sur les trottoirs, ils fâchent, avec raison, les piétons.

Avec l'augmentation du prix de l'essence qui entraine des conséquences négatives (en anglais seulement) sur notre culture centrée sur l'automobile, les moyens de transport actif prendront de plus en plus d'importance. Nous devrions tout faire en notre pouvoir pour décourager le transport automobile à occupant unique en faveur des transports en commun, de la marche et du vélo.

Dans beaucoup de villes nord-américaines, y compris Vancouver, où j'habite, les gens se rendant au travail crient au meurtre chaque fois qu'ils prennent deux minutes de plus pour se rendre à destination en automobile. La réalité est que les automobilistes perdent plus de temps en raison de l'augmentation de la circulation automobile qu'en raison des pistes cyclables. Selon le Globe and Mail, une étude faite par Stantec Consulting Ltd. indique que les retards causés à la circulation par les pistes cyclables à Vancouver sont surtout imaginaires (en anglais seulement). Les automobilistes questionnés croyaient qu'ils prenaient cinq minutes de plus en circulant sur une rue possédant une nouvelle bande cyclable. Mais l'étude a démontré qu'en réalité, ils prenaient entre 5 secondes de moins et 1 minute 37 secondes de plus.

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On peut aussi constater que ralentir la circulation est une bonne chose (en anglais seulement). Dans certaines villes européennes, les planificateurs ont remarqué que de rendre la vie plus difficile aux automobilistes tout en offrant des incitatifs pour que les gens qui utilisent les transports en commun, le vélo ou qui marchent, a de nombreux avantages, dont la réduction de la pollution, des problèmes de santé liés au smog, des émissions des gaz à effet de serre, ainsi que rendre les villes plus sûres et plus amicales.

À Zurich, en Suisse, les planificateurs ont ajouté des feux de circulation, dont certains que les opérateurs de véhicule de transport en commun peuvent changer en leur faveur, ce qui a augmenté le temps des feux rouges et diminué celui des feux verts, éliminé les passages inférieurs pour piétons, réduit les vitesses limites, coupé dans le stationnement, et banni les automobiles de certaines rues. « Notre objectif n'est pas de faciliter la vie des automobilistes, mais plutôt de reconquérir les espaces publics pour les piétons », a dit le planificateur principal de la circulation, Andy Fellmann, au New York Times (en anglais seulement). Il a aussi souligné qu'à Zurich une personne dans une automobile occupe 115 mètres cubes d'espace urbain alors qu'un piéton n'en prend que trois.

À Zurich, les marchands ont eu peur pour leurs chiffres d'affaires lorsqu'on a fermé leurs rues à la circulation automobile, mais c'est tout le contraire qui s'est produit — l'achalandage des piétons a augmenté de 30 à 40 %, amenant plus de personnes dans les commerces. À Vancouver, l'étude Stantec a déterminé que les commerces du centre-ville côtoyant de nouvelles pistes cyclables voyaient leurs ventes diminuer légèrement au tout début, mais qu'il existait bon nombre de stratégies pour contrer cette perte. À long terme, la plupart des villes ayant investi dans l'infrastructure piétonne et cyclable ont vu les commerces locaux en tirer avantage.

L'aménagement de pistes cyclables crée des emplois (en anglais seulement) et génère d'autres retombées économiques, indique une étude du Political Economy Research Institute de Amherst au Massachusetts et qui s'intitule «Pedestrian and Bicycle Infrastructure: A National Study of Employment Impacts» (en anglais seulement, Infrastructure piétonne et cyclable : une étude nationale des effets sur l'emploi). Les chercheurs ont trouvé que « l'infrastructure cyclable est celle qui crée le plus grand nombre d'emplois pour un même investissement ». Pour chaque million de dollars dépensé, les projets pour vélos ont créé une moyenne de 11,4 emplois dans l'État où le projet a été réalisé, les projets pour piétons seulement, environ 10 emplois, et les sentiers polyvalents, eux, ont généré à peu près 9,6 emplois. L'infrastructure regroupant la construction d'une route avec accès pour les piétons et les cyclistes a créé a un peu moins d'emplois pour le même niveau d'investissement, tandis que les projets exclusivement route en ont créé le moins, avec un total de 7,8 emplois pour chaque million de dollars.

Une des principales raisons est qu'une plus grande partie de l'argent servant à la construction de routes va dans les matériaux et l'équipement, tandis qu'avec l'infrastructure cyclable et piétonne, plus d'argent sert à payer les traitements et salaires.
Il est important de noter que les villes européennes mis en place des mesures visant a décourager l'utilisation de l'automobile avec l'amélioration du transport en commun. Après tout, ce n'est pas tout le monde qui peut se rendre à destination à vélo ou à pied.

Avec moins d'automobiles et moins d'engorgements, ceux qui doivent utiliser des véhicules — y compris les véhicules de service et ceux d'urgence ainsi que les taxis — peuvent plus facilement se déplacer.

Par chance, la résistance envers les améliorations de l'infrastructure cyclable semble s'estomper. Avec le pétrole qui se fait de plus en plus rare, la pollution et les changements climatiques qui augmentent, les gens commencent finalement à prendre conscience que de transporter une personne de 90 kilos à l'intérieur de deux tonnes de métal n'est simplement pas durable, particulièrement dans les régions urbaines.

9 août 2011

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2 commentaires

03 avril, 2013
12:18

Je suis tout à fait d’accord avec ce très bon article. Il aurait également pu parler des bénéfices pour la santé physique et mentale de la population, arguments de poids dans une société vieillissante.

23 septembre, 2011
08:12

La piste cyclable garde la communauté locale vivante. L’achat demeure local.

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