Photo: Mieux connaître notre planète serait essentiel à notre survie

Il est primordial de se détromper de l’idée que nous sommes en quelque sorte à l’abri des crises environnementales. Crédit : Martin Sharman via Flickr

Par David Suzuki

Rédigé avec la participation d'Ian Hanington, spécialiste des communications et des publications de la Fondation David Suzuki.

Découverte. Des biologistes ont identifié une nouvelle espèce de singe en Amazonie, jusqu'à présent inconnu et fort étrange avec une barbe et une queue rouge. Autre découverte : Un grand fleuve souterrain situé sous l'Amazone, qu'on appelle Rio Hamza, mesurant 6 000 kilomètres de long et d'une largeur de 200 à 400 km, même si l'Amazone n'en mesure que 100 km à son plus large.

Deux exemples nous permettant de voir jusqu'à quel point nous en avons à apprendre à propos de notre planète. Or, une récente étude (publiée dans la revue scientifique PLoS Biology en anglais seulement) estime que parmi les 8,7 millions d'espèces vivant sur la Terre 86 des espèces terrestres et 91 des espèces marines demeurent toujours inconnus, c'est-à-dire qu'elles n'ont jamais été identifiées ni nommées. Nous en savons donc encore moins à propos de leurs populations, leur distribution géographique, leur alimentation, leur reproduction ainsi de leur rôle au sein de nos écosystèmes.

Les auteurs de l'étude prétendent que de mieux connaître la vaste biodiversité de notre planète serait indissociable à nos efforts de conservation. Il nous arrive trop souvent de constater la disparition d'une espèce végétale ou animale avant même d'avoir eu la chance de la découvrir. « Nous savons que l'activité humaine est cause de l'extinction de certaines espèces, mais nous n'arriverons jamais à saisir le nombre total d'espèces perdues si nous n'arrivons pas à toutes les découvrir, » explique Camilo Mora, un des auteurs de l'étude.

Mais le singe titi de l'Amazonie n'a pas été le seul animal à être découvert dernièrement. Il y a aussi une petite antilope africaine, une bactérie mangeuse de rouille qui se régale de l'épave du Titanic, un champignon marin, une coquerelle sauteuse... et une anguille « préhistorique » découverte dans une grotte de l'océan Pacifique. Cette étrange anguille est dotée d'une deuxième mâchoire supérieure qui fait d'elle une nouvelle espèce, un nouveau genre, une nouvelle famille.

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Mais nous avons aussi redécouvert certaines espèces que nous avions crues disparues. Mais attention, cela ne veut pas dire que ces espèces ont été ressuscitées de façon définitive. En fait, elles sont presque toutes toujours en voie de disparition. On estime que 92 des amphibiens et 86 des oiseaux et mammifères sont à risque et que des dizaines de milliers d'espèces disparaissent chaque année.

Plusieurs facteurs contribuent à mettre cette biodiversité en péril, mais l'activité humaine est la plus importante. La destruction et la transformation des habitats pour des fins d'agriculture et de développement sont parmi les plus importantes. Prenant aussi en compte la propagation d'espèces envahissantes, la surexploitation des ressources naturelles, la pollution et les changements climatiques, certains scientifiques parlent du début de la 6e grande extinction, celle-ci se démarquant en étant causée par l'activité humaine.

Mais rappelons-nous ce que les extinctions du passé nous auraient appris : la nature et notre planète sont résilientes. Elles peuvent se soigner et se remettre des dommages encourus, mais — et sur ce soyons clairs — la cause de la crise doit être prise en main. Entre-temps, le sort de l'espèce humaine est en jeu. Il est primordial de se détromper de l'idée que nous sommes en quelque sorte à l'abri des crises environnementales. Nous habitons au plein cœur de nos écosystèmes. Sans eux, nous n'existerions pas et sans eux, nous ne pourrons survivre.

Le défi est de taille. Les changements nécessaires requerront non seulement une stabilisation et une réduction de la population humaine, mais aussi une réévaluation de nos systèmes économiques afin de réduire le consommateurisme, une réflexion et des actions face aux changements climatiques et au problème de la pollution, une protection accrue des grandes surfaces terrestres, marines et des habitats dulcicoles... Et il nous devra aussi de parfaire nos connaissances. La conservation devra devenir une priorité puisqu'elle permettra aux espèces végétales et animales de devenir encore plus résilientes aux changements climatiques. Et c'est ces mêmes espèces qui nous aideront alors à ralentir le rythme des changements climatiques. Si nos forêts servent à absorber et à entreposer le carbone, les protéger aiderait donc non seulement les espèces qui les habitent, mais nous aiderait aussi à réduire le taux de CO2 dans l'atmosphère.

L'étude demeure très claire. Nous devons nous pencher sur les grands écarts en ce qui relève de nos connaissances sur la Terre. Éviter la catastrophe se dresse comme défi d'une très grande ampleur, particulièrement à la lumière des conditions économiques, d'une certaine antipathie envers la science et des importants investissements à découvrir toute autre planète que la nôtre. Mais il faut tout de même garder espoir. Grâce aux efforts des scientifiques et des théoriciens, nos connaissances s'accroissent tous les jours. D'abord et avant tout, il nous faut valoriser ces connaissances comme essentielles à l'amélioration de notre sort sur notre planète.

31 août 2011

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1 commentaire

03 janvier, 2012
01:35

bonsoir,je pense dur comme du fer que le rechauffement climatique n est pas causer seulement par la poluttion ,je pense que la source du probleme viens du fait que nous extrayons (EXTRAIRE) le petrole du sous sol de la planet.Est ce quelqu un peut dire a 100 % que le petrole que nous puissons de la terre se renouvelle ! Moi je pense que non. Ma théorie est que la terre a besoin de ce liquide tres en demande pour ce refroidire,a meme titre que un pneu a besoin dair pour ne pas surchauffer ,ou que un transformateur délectricité a besoin d une especes de liquide pour ne pas surchauffer. je suis convaicu que le petrole agie comme refroidisseur pour la planete et plus nous en pomperons et plus on aura chaud .

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