Pédaler pour rafraichir la ville! | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: Pédaler pour rafraichir la ville!

(Crédit : alanah.montreal via Flickr)

Par David Suzuki

Les villes ne couvrent que 2% de la surface de la terre (en anglais) et pourtant elles sont responsables de 70% des émissions (en anglais) de gaz à effet de serre. De plus, selon les Nations Unies, 59% de la population mondiale vit désormais en ville ; dans les pays en voie de développement, cette proportion est de 81%, et ne cesse d'augmenter.

Bien que les villes soient une importante source d'émissions de gaz à effet de serre, « elles sont aussi le lieu idéal pour améliorer le rendement énergétique », explique Joan Clos, directeur exécutif de UN-HABITAT. « Avec un meilleur urbanisme et une plus grande participation des citoyens nous pouvons rafraîchir nos villes. »

En agissant ainsi, nous faisons plus que réduire les risques associés au réchauffement climatique. Les villes conçues pour les humains plutôt que pour les voitures sont plus agréables, moins polluées, ont moins d'embouteillages, possèdent plus de parcs et d'espaces publics, sont plus propices à l'interaction sociale et leurs citoyens sont en meilleure santé.

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Améliorer l'environnement urbain tout en diminuant les impacts écologiques nécessite un ensemble de solutions, notamment le développement de l'agriculture locale, l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments, l'accroissement de la densité de la population, l'investissement dans les transports en commun et la réduction de l'utilisation de véhicule pour le transport personnel.

En ce début de printemps, je ne peux m'empêcher de penser aux joies du vélo. Troquer la voiture pour le vélo ne résoudra pas entièrement les problèmes liés aux changements climatiques et à la pollution (et cette option n'est pas possible pour tous), mais plus il y aura d'adeptes de vélos, mieux nous nous porterons. En plus d'être un excellent moyen pour garder la forme, le vélo rend les trajets quotidiens plus agréables — et souvent plus rapides.

Cette année la conférence internationale de cyclisme Velo-city Global se tiendra à Vancouver du 26 au 29 juin. Cet événement réunira environ 1000 gestionnaires des transports, partisans du cyclisme, architectes, éducateurs, politiciens, et autres, venus du monde entier « afin de partager les meilleures tactiques pour créer des villes accueillantes pour les cyclistes, et où le vélo est intégré au réseau de transport. »

Gil Peñalosa, qui ouvrira et clôturera la conférence, explique que Vancouver a beaucoup fait pour les cyclistes, mais ce « n'est pas encore parfait ». Peñalosa, directeur de 8-80 Cities (organisation canadienne à but non lucratif) et ancien membre de la commission Parcs, Sport et Loisirs à Bogota en Colombie, pense que les Nord-Américains devraient se baser sur les Européens quant à leurs façons d'encourager la population à utiliser le vélo dans ses déplacements.

« Même en Europe, la plupart des infrastructures pour cyclistes ont été mises en place au cours des 30 dernières années. Et cela ne relève pas du hasard », a expliqué Peñalosa lors d'une récente entrevue avec la Fédération Européenne des Cyclistes. Ainsi, à Amsterdam, les infrastructures et le nombre de cyclistes n'ont augmentés qu'après une campagne active des citoyens. Il explique aussi qu'un plan d'urbanisme adapté aux cyclistes peut — et doit — compléter un système de transport public bien conçu.

L'une des premières étapes consiste à réduire la vitesse de circulation. « C'est un véritable paradoxe », explique-t-il. « Les gens veulent que la vitesse soit limitée à 30km/h dans les quartiers résidentiels, mais rouler vite en dehors des zones d'habitation. »

Réduire la vitesse permet aussi de sauver des vies. Selon l'European Transport Safety Council (conseil européen sur la sécurité routière), si une voiture vous renverse à 30km/h, les risques d'être tué par la collision ne sont que de 5%, alors qu'à 65km/h, 95% des collisions sont fatales.

L'étape suivante consiste à encourager la population à faire du vélo, et c'est exactement ce à quoi la ville de Vancouver s'affaire : « Il est nécessaire d'avoir des pistes cyclables sécurisées; il ne faut pas se contenter d'une seule piste, c'est d'un réseau entier dont nous avons besoin », explique Peñalosa.

La Fédération Européenne des Cyclistes indique que fournir des pistes cyclables séparées sur les grandes artères et routes très fréquentées n'est pas une tâche aussi compliquée qu'on pourrait le croire puisque ces routes ne représentent généralement que 5 à 10% du paysage urbain.

Je souhaite que la conférence Velo-city Global amène plusieurs visiteurs à Vancouver et qu'ils partageront tous ma hâte d'enfourcher mon vélo! Les adeptes du vélo vous le diront, le vélo n'a pas d'âge! Car en plus de réduire les risques de problèmes de santé tels que l'obésité, les maladies du cœur ou le stress, le vélo est bénéfique pour l'économie en réduisant le coût global des frais de santé.

Toutes les raisons sont bonnes pour enfourcher votre vélo, alors n'attendez plus et sortez dès que vous le pouvez pour apprécier les joies du vélo et du printemps !

Dr. David Suzuki est un scientifique, une personnalité de la télévision, un auteur et co-fondateur de la Fondation David Suzuki. Article rédigé en collaboration avec Ian Hanington, spécialiste des Communications et Éditions de la Fondation David Suzuki.

Pour en savoir plus, consultez www.davidsuzuki.org.

FIN -

LIENS INTERNET:

Villes et émissions de gaz à effet de serre

70% des gaz à effet de serre

Velo-city Global

Entrevue avec Gil Peñalos

8-80 Cities

15 mars 2012

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