Photo: Le 4 juin, prenez la parole pour protéger l'environnement et la démocratie.

(Crédit: ecojustice.ca)

Par David Suzuki

Le Canada serait un endroit bien différent sans ses 80 000 organismes de bienfaisance enregistrés au pays. Ces organismes sont au service d'une multitude de causes, allant de la santé aux politiques économiques en passant par l'environnement. Nous serions bien dépourvus sans l'apport des deux millions d'employés et des millions de bénévoles qui, grâce au temps consacré à ces causes, rendent notre nation plus forte.

Récemment, le gouvernement fédéral, ses sympathisants médiatiques et groupes de représentants de l'industrie, comme « Ethical Oil », on déployé des efforts considérables afin de diaboliser et réduire au silence des organismes légitimes tout en ignorant le rôle important que jouent les organismes de bienfaisance au Canada. C'est pourquoi les organisations œuvrant en environnement et dans d'autres secteurs s'uniront à des citoyens provenant de toutes les couches de la société pour participer au « Silence, on parle » (Black out, Speak out en anglais), une campagne lancée le 7 mai avec des encarts dans le Globe and Mail, La Presse et le Ottawa's Hill Times et dont le point culminant surviendra le 4 juin prochain lorsque ces organisations plongeront leurs sites Web dans le noir.

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Partout au pays, les citoyens comprennent bien la valeur de la contribution des organismes de bienfaisance. Près de 85 % de la population canadienne de plus de 15 ans (il s'agit de 22,2 millions de personnes) font des dons à ces organismes, chaque année. Souvent, ces dons vont en aide à des gens vivant dans d'autres régions du monde. Selon Charity Village, les Canadiens et les Canadiennes ont fait en 2004 des dons de 20 millions de dollars à la Croix-Rouge canadienne, à CARE Canada, à Oxfam Canada, à Unicef Canada et à Vision Mondiale au cours des 4 jours suivants le tsunami qui a dévasté les côtes de l'océan Indien. Lorsqu'ils soutiennent des causes caritatives, les Canadiens et les Canadiennes ont droit à un petit allègement fiscal.

La population canadienne sait aussi que notre spectaculaire environnement naturel fait partie de notre identité nationale; il est essentiel pour notre santé et pour notre survie. Par contre, nous ne pouvons pas toujours compter sur les gouvernements et les industries pour défendre ses intérêts. Alors, les Canadiens et les Canadiennes, faisant don de leur temps et d'argent, soutiennent des organisations qui dévoué a plusieurs enjeux allant de la conservation et protection d'habitats et d'espèces jusqu'à l'énergie propre et le réchauffement planétaire, afin d'exprimer leurs préoccupations et leurs aspirations. La Fondation David Suzuki compte sur les dons des Canadiens et des Canadiennes pour combler près de 94 % de son budget de financement.

Partout au pays, les donateurs s'attendent aussi à de la transparence et des résultats; c'est pourquoi l'information relative à notre financement et nos dépenses est du domaine public. Avec l'aide de plusieurs Canadiens et de Canadiennes, d'amis et d'alliés, nous avons connu beaucoup de succès. Nous avons réussi à faire augmenter l'offre et la demande de produits de la mer durables; nous avons combattu pour la protection de l'habitat d'animaux tels que les épaulards et avons pu garantir que des régions d'une valeur inestimable telles que la forêt pluviale du Grand Ours en Colombie-Britannique et la forêt boréale du Nord bénéficient d'une protection plus importante. Notre plus important succès a peut-être été d'avoir permis aux citoyens de participer à des discussions relatives à la conservation de l'air, de l'eau, des sols et de la biodiversité dont nous dépendons tous.

Pour toutes ces raisons, nous sommes stupéfaits devant efforts multiples déployés pour étouffer la voix de tant de personnes et d'organisations qui donnent sans compter de leur temps pour réaliser des tâches, souvent ingrates et peu lucratives, afin de garantir que le Canada demeure un brillant exemple de pays ouvert et démocratique, mettant de l'avant des valeurs sociales et valorisant un environnement propre et sain.

Si nous avons à cœur ces idéaux, alors il va de soi que nous devrions valoriser la liberté d'expression et les occasions de confronter une diversité de points de vue sur des sujets d'intérêt national. Il est juste de tracer des limites quant à la portée et le type de travail qu'un organisme de bienfaisance peut effectuer. Il est juste de poser des questions sur les dons reçus et de connaître, si tel est le cas, l'influence qu'ils peuvent avoir sur les activités. Mais il est inacceptable de tenter de réduire les gens au silence à l'aide de tactiques de salissage ne servant qu'à les discréditer ou les priver de leur financement.

Si nos dirigeants veulent faire passer tous leurs espoirs et notre futur dans un oléoduc double traversant l'Alberta et la Colombie-Britannique, utilisés pour transporter vers la Chine du pétrole brut provenant des sables bitumineux, alors les Canadiens et les Canadiennes méritent au moins de pouvoir participer à une franche discussion à ce sujet. Nous avons récemment pu observer des signes d'espoir, alors que le gouvernement de l'Alberta exige la mise en œuvre d'une stratégie nationale en matière d'énergie et que plusieurs personnes, dans les médias et ailleurs, remettent en question le bien-fondé d'un projet de loi omnibus pour bafouer les lois environnementales et attaquer les organismes de bienfaisance.

Avec l'oppression continuelle de ceux qui parlent haut et fort au sujet de l'environnement et des droits des femmes et de la personne, sans compter le musèlement des scientifiques travaillant au sein du gouvernement, les coupes dans les programmes scientifiques et environnementaux du gouvernement, il est clair que nous sommes témoins d'une campagne prenant de plus en plus d'ampleur, soutenue, en partie, par des intérêts de l'industrie pour réduire au silence toute opposition.

Nous nous attendons à mieux et nous méritons mieux. C'est pourquoi nous prenons la parole : pas question de se taire. Nous demandons aux citoyens partout à travers le pays de se joindre à nous pour préserver deux principales valeurs nationales : la protection de l'environnement et de la démocratie. Gardons le Canada fort et libre. Le 4 juin, visitez les sites Web de vos organisations environnementales préférées afin que votre voix soit virtuellement entendue.

Écrit avec la contribution de Ian Hanington, éditorialiste et spécialiste en communications, Fondation David Suzuki.

FIN

Les organismes participants sont :
Ecojustice, Environmental Defence, Équiterre, Fondation David Suzuki, Greenpeace Canada, Institut Pembina, Nature Canada, Sierra Club Canada, Société pour la nature et les parcs du Canada et World Wildlife Fund (WWF) Canada

LIENS VERS DES SITES WEB :

Silence, on parle (site français)

Black Out Speak Out(site anglais)

Statistiques relatives aux organismes de bienfaisance

Charity Village, information sur les dons faits après le tsunami

Dons de charité

Sources canadiennes : 94 % du financement de la FDS

Information sur le financement de la FDS

Produits de la mer durables (en anglais seulement)

29 mai 2012

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1 commentaire

26 juin, 2012
15:21

Il est grand temps douvrir les yeux et de regarder ce qui se passe et tout ce qui se tramme autour de nous, il est temps de se réveiller le moment est venu dagir. merci a ceux qui se leve debout et qui parle haut et dénonce.

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