C'est dans notre nature à tous d'être en santé | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: C'est dans notre nature à tous d'être en santé

(Crédit : Chiot's Run via Flickr)

Par David Suzuki

L'une des joies d'être grands-parents, c'est de voir à nouveau le monde à travers les yeux d'un enfant. Récemment, j'ai trouvé mon petit-fils s'en prenant à une gale sur son bras. Cet évènement a déclenché un flot de souvenirs en moi puisque j'avais l'habitude de faire la même chose. C'était fascinant de voir le sang d'une blessure sécher puis, au bout de quelques jours, former une gale. Avant que cette gale ne soit prête à tomber, je l'arrachais pour voir ce qui se cachait en-dessous, et, merveille des merveilles, il s'agissait de peau toute neuve et rosée!

C'est incroyable de voir comment nos corps se régénèrent. Nous recevons des coups puis des ecchymoses se forment lorsque le sang s'échappe à travers nos tissus. Avec le temps, leur bleu foncé se dilue et peut se déplacer avant de disparaître. Même les os brisés guérissent et retrouvent leur pleine force. La peau, notre plus grand organe, est une couche miracle. Elle garde l'ensemble de notre être à l'intérieur et le reste, à l'extérieur. Elle éloigne les infections, laisse couler de l'eau, nous rafraîchit lorsqu'il fait chaud et se répare elle-même.

Inscrivez-vous à notre bulletin

Malgré tout, les virus, bactéries et parasites sont toujours à l'affut d'opportunités de pénétrer notre couche protectrice. En plus des fréquentes coupures et éraflures, nous avons des orifices naturels comme la bouche, les oreilles, l'anus et les organes génitaux, tous munis de leur propre système de défense. Si un organisme envahissant s'infiltre à l'intérieur, nous avons une barrière incroyable, notre système immunitaire, qui génère constamment de nouvelles protéines pour combattre des infections avec lesquelles nous n'avons même jamais été en contact. Nous avons un système de défense qui reconnaît et combat toute cellule avec une génétique différente de la nôtre (ce qui rend si difficile de transplanter des organes, des tissus ou des cellules). Et pourtant, les femmes enceintes portent un fœtus génétiquement différent durant neuf mois.

Grâce à l'évolution, nos corps ont acquis des manières puissantes de prévenir les infections et les maladies afin de nous permettre de vivre de longues vies en santé. Pourquoi, dans ce cas, est-ce que les coûts liés aux soins de santé continuent de grimper à un rythme insoutenable et alarmant? C'est en partie parce que les soins médicaux sont devenus si sophistiqués que les médecins sont en mesure de traiter un plus grand nombre de problèmes. Un autre facteur est que le coût des médicaments ne cesse de croître. De plus, avec un système de santé en place, plus de gens sont susceptibles de demander de l'aide. Malgré tout, les coûts du système de santé ne peuvent continuer à augmenter indéfiniment. Les gouvernements sont toujours à la recherche de façons de réduire les coûts, souvent en déchargeant une plus grande proportion du fardeau sur les patients.

Nous devons porter plus d'attention à garder nos corps et nos esprits en santé et aptes à guérir. Et pourtant, nous rendons la tâche difficile à nos défenses. Nous permettons que des choses qui ne devraient pas s'appeler nourriture soient vendues. Plusieurs n'ont aucune valeur nutritive et mènent à l'obésité, un déséquilibre en sel, ainsi qu'à des allergies. Nous avons relâché des produits chimiques dans l'environnement par millions de tonnes. Les molécules affluent dans notre système à travers l'air, l'eau et la nourriture, accablant ou affaiblissant nos systèmes immunitaires protecteurs. Selon les docteurs de l'Université Harvard Eric Chivian et Aaron Bernstein, « notre comportement est le résultat de notre échec fondamental à reconnaître que les êtres humains sont une partie inséparable de la nature et que nous ne pouvons l'endommager gravement sans nous endommager gravement nous-mêmes. »

La littérature médicale nous révèle que les moyens les plus efficaces de réduire les risques de maladie cardiaque, de cancer, d'attaques d'apoplexie, de diabète, d'Alzheimer et de plusieurs autres problèmes passent par une alimentation saine et l'activité physique. Nos corps ont évolué afin de bouger, mais nous utilisions pourtant l'énergie du pétrole plutôt que de nos muscles pour réaliser notre travail.

En 2007, l'Organisation mondiale de la Santé a conclu que des facteurs environnementaux contribuent à 36 000 morts et 13 pour cent du fardeau de maladie au Canada annuellement. L'Association médicale canadienne déclare que la pollution de l'air cause plus de 20 000 morts prématurées par année. De plus, selon l'auteur et avocat de l'environnement David R. Boyd, les scientifiques estiment que des facteurs environnementaux affectant les maladies cardiaques et respiratoires, le cancer et les problèmes à la naissance sont en cause dans le cas de 10 000 à 25 000 morts, 78 000 à 194 000 hospitalisations, 600 000 à 1,5 million de jours à l'hôpital, ainsi que d'autres problèmes totalisant de 3,6 milliards à 9,1 milliards de dollars en coûts directs et indirects chaque année.

Il est plus facile, plus efficace et moins coûteux de laisser des corps en santé combattre les maladies et les infections que d'affaiblir ces systèmes de défense et d'ensuite y remédier médicalement. Si nous voulons d'un système de santé stable, nous devons consacrer plus de ressources à réduire la pollution et la dégradation environnementale, ainsi qu'à créer un mode de vie qui garde nos corps et nos esprits heureux et en bonne santé.

Écrit à l'aide de contributions du spécialiste des communications et d'éditions de la Fondation David Suzuki, Ian Hanington.

Pour en savoir plus sur la vision de David Suzuki, lire Everything Under the Sun (Greystone Books/Fondation David Suzuki), par David Suzuki et Ian Hanington, maintenant en vente dans les librairies et en ligne.

2 octobre 2012

Ajoutez un commentaire


1 commentaire

14 octobre, 2012
18:00

Pourquoi et comment?

La Fondation David Suzuki n'endosse pas nécessairement les commentaires affichés par le public sur son site Web. La Fondation se réserve le droit de refuser la publication de commentaires qui pourraient être perçus comme offensant ou qui vont à l'encontre des principes directeurs qui régissent les organismes de bienfaisance. Veuillez noter que tous les commentaires sont relus avant d'être publiés.