Tout le monde dehors... surtout les jeunes! | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: Tout le monde dehors... surtout les jeunes!

(Crédit : Holtsman via Flickr)

Par David Suzuki

Dire « Allez, sortez! » à ses enfants est fort probablement ce qu'il y aurait de mieux pour sauver la planète.

Selon un sondage réalisé par la Fondation David Suzuki (lien seulement disponible en anglais), 70 pour cent des jeunes Canadiens rapportent qu'ils ne passent pas plus d'une heure par jour en plein air. Et lorsqu'ils sortent, c'est généralement pour se rendre d'une place à l'autre. Bref, se retrouver dehors n'est qu'une simple coïncidence — leur démarche est de se rendre ailleurs.

Presque la moitié des jeunes répondants du sondage soulignent qu'ils n'ont pas assez de temps libre pour se joindre à des programmes qui leur permettraient d'être en plein air. Semble-t-il que leurs responsabilités à l'école et au boulot, entre autres, leur rendent rare l'occasion de jouer au ballon ou de se promener avec des amis au cœur des espaces verts avoisinants.

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Pour les gens de mon âge, ceci nous semble presque inconcevable. Quand j'étais petit, se retrouver dehors était tout à fait normal. Peu importe s'il pleuvait ou s'il faisait beau, la consigne de nos parents était la même : « Allez, sortez! » Les heures que j'ai passées à l'extérieur m'ont rendu plus résilient et m'ont rempli de confiance.

Un certain marécage à London, en Ontario, était devenu mon sanctuaire lorsque j'étais adolescent. Avec ma collection d'insectes, d'œufs de salamandre et de tortues en main, j'étais souvent trempé à l'os sinon recouvert de boue lorsque je rentrais chez moi à la fin de la journée. C'est cela qui a éveillé mon intérêt pour la science. Passer ces heures à construire des forts et à regarder passer les nuages dans le ciel a su stimuler mon imagination et ma créativité. D'être en plein air a su me rendre heureux, à me maintenir en bonne santé et à m'aider à faire des liens avec le monde qui m'entourait. Plus tard, quand je suis devenu papa, j'ai encouragé mes enfants à passer du temps à l'extérieur et aujourd'hui une de mes activités préférées est d'explorer la nature avec mes petits-enfants.

Dans l'espace seul de deux ou trois générations, la vie des enfants aurait changé de façon importante. Ils ne semblent plus avoir le temps de jouer à l'extérieur et ils passent plus de temps assis devant leurs écrans. L'écart entre la durée de temps que les enfants passent à l'intérieur avec leurs appareils électroniques et celle qu'ils passent à l'extérieur s'agrandit. D'après un sondage réalisé aux États-Unis par la fondation de la famille Kaiser (lien seulement disponible en anglais), les jeunes investissent une moyenne de sept heures et demie par jour à interagir avec les médias axés sur le divertissement. Multipliez cela par les sept jours de la semaine et ils en sont à y investir plus de temps qu'une personne travaille d'heures dans une semaine de travail normale!

Mais la solution n'est pas d'accuser les enfants de vouloir s'occuper avec Facebook plutôt que de se rouler dans la boue. En fait, notre société ne nous encourage point à faire des liens avec la nature. Or, on entend souvent que la nature est sale et dangereuse.

Que nous soyons parents, grands-parents, oncles ou tantes, c'est à nous de sortir en plein air et d'amener les jeunes avec nous. La famille joue un rôle important dans le choix des enfants de passer plus de temps à l'extérieur. Les résultats du sondage de la Fondation David Suzuki semblent affirmer que les jeunes ayant passé du temps à l'extérieur au long de leur enfance étaient 20 pour cent plus aptes à participer à des programmes d'activités en plein air ou à explorer la nature de leur propre gré.

Les jeunes adolescents rapportent que de sortir en plein air en famille était la meilleure façon de se façonner des liens avec la nature. Les adolescents plus âgés étaient plus tentés à faire l'exploration de la nature de façon spontanée — que ce soit seul ou avec des amis — fort probablement parce que leurs parents leur accordent un peu plus de liberté lorsqu'ils deviennent ados.

Or, d'après le sondage, ils semblent vouloir s'amuser et partir à l'aventure lorsqu'ils parlent de passer du temps en plein air. Plus que la moitié des répondants affirment qu'ils aimaient particulièrement les activités en plein air non structurées. Ils cherchent à passer du temps à l'extérieur dans leurs propres quartiers, avec leurs amis, à attraper des bibittes, à observer des oiseaux ou à faire du vélo. Que de bonnes nouvelles!

Donc, il s'agit de les encourager — et de s'assurer de ne pas être dans leur chemin.

Nous devons nous assurer que nos quartiers nous offrent des espaces verts où les gens peuvent approfondir leurs liens avec la nature. Nous devons demander aux professeurs et aux membres de nos conseils d'école d'offrir des activités en plein air — régulièrement — afin de bien intégrer le monde naturel dans leur processus d'apprentissage. Et il faut arrêter de passer le message à nos enfants qu'on devrait avoir peur lorsqu'on s'aventure à l'extérieur.

Sinon, la prochaine génération n'aura pas les acquis nécessaires pour assurer la protection de l'environnement et pour célébrer ses merveilles, c'est-à-dire pour prendre la relève de la gérance de notre environnement. Rappelons-nous que nous sommes toujours plus susceptibles à protéger et à veiller sur les choses que nous connaissons bien et que nous chérissons.

Les parents se doivent de se rappeler comment ils se sont amusés à l'extérieur quand ils étaient enfants. Ils se doivent de faire confiance à leurs enfants et de les laisser sortir dans la nature, tout comme me l'avait permis ma mère puisqu'en fait, il est fort probable que notre survie en dépend.

Rédigé à l'aide de contributions de la spécialiste des communications de la Fondation David Suzuki, Leanne Clare.

24 octobre 2012

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