La vie fleurit, même dans les fissures | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: La vie fleurit, même dans les fissures

(Crédit : Eric__I_E via Flickr)

Par David Suzuki

Avez-vous déjà pensé à l'herbe qui pousse dans les fissures de trottoir? Ces plantes robustes sont généralement considérées comme indésirables. Elles sont régulèrent piétinées, ravagées par la chaleur estivale extrême, emportées par la pluie et ensevelies par la neige. Le fait que ces plantes survivent à ces conditions illustre bien leur résilience. Cependant, elles reçoivent rarement de l'amour ou de l'attention.

C'est pourquoi je suis intrigué par le travail de Jeremy Lundholm un chercheur de la Nouvelle-Écosse, et de son équipe à la Saint Mary's University. Ils étudient les espèces de plantes qui poussent dans les fissures de trottoirs et dans d'autres coins et recoins de Halifax. Leur recherche démontre quelque chose de simple et de surprenant : les espèces rustiques qui vivent dans ces milieux sont semblables à celles qui vivent dans les milieux inhospitaliers naturels : des falaises escarpées et des talus arides et rocheux.

Même si le lien entre un trottoir et un front de falaise n'est pas évident au premier abord, cela a du sens. Les espèces de plantes qui réussissent à pousser dans les fissures de trottoir possèdent des qualités semblables à celles des espèces qui peuplent les crevasses dans des endroits exposés, rocheux et venteux.

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Comme le dit monsieur Lundholm, ce type de recherche démontre qu'au lieu d'envisager nos communautés comme des environnements non naturels entièrement construits par l'homme, nous devrions reconnaître que les espaces urbains sont à bien des égards équivalents aux écosystèmes naturels sur le plan structurel et fonctionnel.

Dans un article récent de The Nature of Cities, Eric W. Sanderson, un écologiste, suggère que nous tentions d'« envisager les villes dans leur entièreté comme des espaces écologiques ». Cette vision des villes en tant qu'écosystèmes inclut tous les trottoirs, rues, édifices et parcs de stationnement, qui interagissent dans une mosaïque écologique vivante avec la terre, l'eau, l'air et avec « toute personne et toute chose qui participe au grand congrès de la vie sur terre. »

Sanderson croit que de considérer le patrimoine bâti de nos villes et villages de cette façon permet de faire des comparaisons fascinantes : falaise escarpée et gratte-ciels élevés, forêt-parc et prairie, caniveau et ruisseau. L'environnement urbain comprend des niches écologiques qui ont des analogues ailleurs dans la nature. Il s'agit seulement d'un nouveau type de paysage.

C'est dans cet écosystème urbain complexe que des espèces s'adaptent constamment. Au Migratory Bird Center du Smithsonian Conservation Biology Institute (Centre pour les oiseaux migrateurs de l'Institut Smithsonian de la biologie de conservation), on a constaté que les espèces s'adaptent souvent à des milieux urbains. Certains oiseaux chanteurs ont appris à survivre dans des milieux urbains bruyants en modifiant les mélodies dont ils se servent pour communiquer. Ils chantent plus haut pour l'emporter sur les bruits de fond urbains ambiants et chantent plus bas dans les régions où on trouve de nombreux édifices et surfaces dures. Nicher sur les rebords des gratte-ciels plutôt que sur les fronts de falaises a même aidé les faucons pèlerins à s'adapter à la vie urbaine, ce qui a soutenu leur retour fulgurant après l'utilisation du DDT.

Bien que certains de nos amis à plumes et certaines plantes florissant dans les crevasses se sont adaptés, la vitesse et l'ampleur de l'urbanisation au Canada menacent certaines espèces indigènes d'extinction.

Selon Canards illimités Canada, plus de 72 pour cent des terres humides qui existaient autrefois au sud de l'Ontario ont été converties à d'autres fins, et ces régions sont maintenant habitées par environ un tiers des espèces en péril en l'Ontario. En Colombie-Britannique, plus de 100 animaux et plantes menacés vivent dans la région métropolitaine de Vancouver.

Nous devons donner de l'amour aux occupants des coins et recoins, mais nous devons aussi redoubler d'efforts pour ramener la nature dans les villes et mettre en valeur ce qui reste.

Des efforts tels que le programme de reboisement urbain RONA sont sur la bonne voie. Ce détaillant de quincaillerie apporte son soutien pour reverdir les espaces urbains en plantant des milliers d'arbres dans les villes canadiennes. L'été dernier, RONA a également démarré un programme pilote pour faire pousser des arbres et arbustes indigènes dans des pouponnières en magasin.

Planter des espèces indigènes dans nos jardins et notre communauté est de plus en plus important, étant donné que les insectes, les oiseaux et la faune indigènes dépendent d'elles. Toutes ces espèces ont évolué conjointement pour vivre dans des conditions climatiques et des sols locaux depuis des milliers, voire des millions d'années.

Pour en savoir davantage au sujet des avantages de planer des espèces indigènes, contactez la North American Native Plant Society ou consulter les guides Grow Me Instead, qui sont offerts dans plusieurs provinces.

En définitive, bien que les humains continuent de créer des paysages urbains, nous devons reconnaître que nous partageons ces mêmes espaces avec d'autres espèces. La nature nous entoure, dans les parcs, les arrière-cours, les rues et les ruelles. Lors de votre prochaine promenade, marchez doucement et rappelez-vous que nous habitons tous la nature dans notre voisinage et que nous participons tous à sa saine gestion.

Cet article a été rédigé avec les contributions de Jode Roberts, spécialiste des communications de la Fondation David Suzuki.

Pour des perspectives plus détaillées de la part de David Suzuki, lisez Everything Under the Sun (Greystone Books/Fondation David Suzuki), by David Suzuki and Ian Hanington, maintenant disponible en librairie et en ligne.

4 décembre 2012

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1 commentaire

20 décembre, 2012
16:47

J’aime bien cette image. Est-ce que ça arrive que les fleurs poussent dans une fissure fondation? Ca serait bien de voir.

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