Célébrons les cadeaux que l'hiver nous apporte | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: Célébrons les cadeaux que l'hiver nous apporte

(Crédit : Eyesplash via Flickr)

Par David Suzuki

En tant que Canadiens, nous avons une relation particulière avec la neige et la glace. Nous skions dedans, nous patinons dessus, nous la pelletons, nous conduisons dedans et allons même jusqu'à y pédaler. Nous endurons ces éléments pendant plusieurs mois, certains plus facilement que d'autres, selon la région du pays où nous habitons. Mais que savons-nous au juste à leur sujet?

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Les Inuits ont-ils vraiment des dizaines de mots pour décrire la neige et la glace? Les flocons ont-ils toujours six branches? Existe-t-il deux flocons identiques? Pourquoi la neige est-elle blanche? Est-ce un minéral? Qu'est-ce qui rend l'eau gelée si importante pour nous? Certaines des réponses à ces questions sont plus complexes qu'on pense.

Même si les skieurs et les planchistes anglophones emploient plusieurs termes pour décrire précisément différents types de neige, comme powder (poudreuse), corn (neige gros sel) et champagne (neige lisse et sèche, idéale pour le ski), certains réfutent l'affirmation selon laquelle les Inuits ont plusieurs mots pour décrire la neige et la glace. Qui dit vrai?

Selon l'Encyclopédie canadienne, « les quelques mots de base utilisés par les Inuits pour désigner différents types de neige ou de glace ne traduisent pas tout ce que ceux-ci sont capables de dire sur ces deux éléments naturels ». En inuktitut, les mots sont « généralement constitués d'un élément de base qui en donne le sens de départ, auquel s'ajoutent des éléments qui viennent préciser ou modifier ce sens. On peut donc ainsi facilement créer des termes nouveaux à partir d'un autre terme ». Par exemple, le mot siku décrit la glace en général, tandis que sikuaq (petite glace), désigne «la toute première couche de glace mince qui se forme à l'automne sur les mares d'eau », tandis que sikuliaq (glace fabriquée), désigne «la glace nouvelle sur la mer ou les surfaces de pierre ». Certains mots ont aussi un sens plus large, selon le contexte où ils sont utilisés. Par exemple, le mot maujaq signifie « sol meuble », mais quand on parle de la neige, il signifie « la neige dans laquelle on s'enfonce ».

Ainsi, « le nombre total de termes désignant les différents aspects que peuvent prendre la neige et la glace dépasse donc de beaucoup la dizaine ou la douzaine », ce qui permet aux Inuits « d'établir des distinctions souvent très subtiles entre un nombre extrêmement élevé de types de neige ou de glace ».

Une fois accumulée au sol, la neige semble blanche parce que, contrairement à un grand nombre de matériaux naturels, elle reflète la majorité de la lumière au lieu de l'absorber, et la lumière visible est blanche. Et même si les flocons de neige se forment dans des combinaisons quasi infinies de tailles et de formes, qui dépendent de la température, du vent, de l'humidité et même de la pollution, chaque cristal est hexagonal à cause de la façon complexe dont les molécules d'eau se lient entre elles. Les gouttelettes ou les cristaux gelés qui tombent d'un nuage absorbent et congèlent l'eau contenue dans l'air environnant, formant ainsi un prisme à six côtés. Ces variables presque inépuisables signifient qu'il est improbable, quoique pas impossible, de retrouver deux flocons de neige identiques.

Et oui, la neige peut être classifiée comme un minéral. Selon le U.S. National Snow and Ice Data Center (Centre national américain de données sur la neige et la glace), « Un minéral est une substance solide et inorganique présente dans la nature qui possède une composition chimique et des propriétés physiques déterminées et prévisibles ». L'eau gelée répond à cette définition.

La neige et la glace sont essentielles à la vie sur Terre pour plusieurs raisons. Elles font partie de la cryosphère, qui, selon le U.S. Snow and Ice Data Center, comprend les portions du sol où l'eau est sous forme solide, notamment le manteau nival, la glace flottante, les glaciers, les calottes glaciaires, les glaciers continentaux, le gélisol saisonnier et le pergélisol. La cryosphère couvre 46 millions de kilomètres carrés de la surface de la planète, principalement dans l'hémisphère nord, et aide à réguler la température de la surface de la planète. Des changements dans la cryosphère peuvent affecter le climat et l'accessibilité à l'eau, entraînant des conséquences tant sur les sports hivernaux que l'agriculture.

Le manteau neigeux refroidit la Terre en reflétant de 80 à 90 % de la lumière solaire et en la renvoyant dans l'atmosphère. La perte de cette protection réfléchissante, comme c'est le cas dans l'Arctique, perturbe l'équilibre énergétique et accélère le réchauffement climatique. La neige sert d'isolant pour certaines régions de la surface de la Terre en retenant la chaleur et en empêchant l'évaporation de l'humidité, le gel du sol empêche les gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone et le méthane de s'échapper dans l'atmosphère, tandis que la neige fondue remplit les rivières et les lacs.

Au lieu de nous plaindre du froid et de la noirceur de l'hiver, nous devrions apprendre à apprécier la neige et la glace. La cryosphère est une pièce importante du casse-tête complexe et interconnecté qui assure notre survie. Allez, faites un bonhomme de neige, jouez au hockey, dévalez les pentes et profitez de tous les cadeaux que l'hiver nous apporte

Rédigé en collaboration avec Ian Hanington, éditeur en chef de la Fondation David Suzuki.

19 décembre 2013

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