Pour 2014, poussons les normes | La science en action | Fondation David Suzuki
Photo: Pour 2014, poussons les normes

(Crédit : Andrew Forrest via Flickr)

Par David Suzuki

Quelle année avons-nous eu! Du cirque calamiteux à l'Hôtel de Ville de Toronto, en passant par les manigances au Parlement, par les attaques horrifiantes du gouvernement Syrien contre ses propres citoyens et par les désastres qu'ont causé les conditions météorologiques extrêmes aux Philippines, 2013 nous rappelle la description que la Reine Élizabeth avait faite de l'année 1992 : annus horribilis.

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Ne fut-il pas étourdissant et démoralisant d'être témoins du déclin rapide et spectaculaire du maire de Toronto, Rob Ford, de l'ampleur insoupçonnée des scandales touchant le bureau du premier ministre et le Sénat et des effets désastreux de la guerre et des conditions météorologiques qui ne font qu'augmenter en fréquence et en intensité! Et en plus de tout ça, ceux de nous qui ont fait l'effort ingrat d'encourager les gens à se préoccuper de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et de la survie des diverses espèces de plantes et animaux qui nous permettent de vivre, avons été durement attaqués par les média et même par notre propre gouvernement.

La grande part des commentaires et analyses sur ces sujets importants sont devenus tellement abrutissants et stupides que les gens en sont venus à se fier aux émissions comiques de fin de soirée pour avoir un semblant d'explication sensée. On dirait que les normes des discussions et des débats, des discours et actions politiques sont réduites à un niveau absurdement bas.

Mais évidemment tout n'a pas été catastrophique. Quand le gouvernement se concentre sur les intérêts de l'industrie des combustibles fossiles plutôt que sur ceux des citoyens qui l'ont élu pour les représenter, quand il espionne, surveille et prête de mauvaises intentions aux citoyens et aux organisations dévouées à protéger l'environnement, quand il dépense l'argent des contribuables pour la promotion des oléoducs et projets d'extraction pétrolière, et quand il subventionne l'industrie des combustibles fossiles, les gens le remarquent.

Quand les personnalités médiatiques et les médias se rangent du côté de l'industrie des combustibles fossiles et déclenchent des attaques malicieuses et non-fondées contre quiconque ose exiger des discussions rationnelles sur l'énergie et les ressources naturelles, ils perdent en crédibilité et popularité.

Nous sommes plusieurs qui refusent de laisser la désillusion nous immobiliser. Beaucoup sont las des médias et des gouvernements qui ignorent nos intérêts et se joignent en nombre grandissant aux rassemblements et groupes qui contestent la transformation du Canada en un pays pétrolier, qui s'opposent au projet d'oléoduc du Enbridge Northern Gateway et qui ont participé à la journée nationale pour l'action Défendons notre climat défendons nos collectivités. Et les environnementalistes ne sont pas les seuls à se mobiliser et à dénoncer les injustices environnementales. Les Premières nations, des syndicats, les étudiants et groupes de jeunes, des gens d'affaires et des dizaines de milliers de citoyens de tous milieux se rassemblent pour exiger un pays et un monde gouverné par les gens et non par les corporations, où l'air, l'eau et les sols purs ainsi que la biodiversité sont protégés à l'avantage de tous et de celui des futures générations. Ceci ne constitue pas une attaque contre les corporations; plusieurs sont dirigées de façon éthique et morale. Je reconnais plutôt que la planète et ses habitants sont la priorité.

Plusieurs essaient de pousser les normes à la hausse, de promouvoir la discussion et suggérer des solutions, que ce soient des gens, des médias en ligne, des chefs d'entreprises et même des politiciens. Ces efforts n'éliminent cependant pas le besoin d'examens approfondis et critiques sur la situation, d'ailleurs au contraire, ils l'exigent. Nous devons tous adhérer à des standards plus élevés et devons apprendre les uns des autres, reconnaître quand nous avons tort et accepter de changer nos opinions à la lumière de nos apprentissages. Nous ne pouvons pas céder aux attaques personnelles et aux mensonges qui sont souvent utilisés pour semer le doute et la confusion sur des situations sérieuses et critiques comme la pollution, le changement climatique et la dégradation environnementale.

Nous découvrons chaque jour de nouvelles preuves que notre couse excessive au profit et au développement, notre empressement démesuré à extraire toutes les réserves précieuses de combustibles fossiles pour les consommer le plus rapidement possible afin de les rentabiliser pendant que les marchés y sont favorables causent des dommages importants à notre seule et unique domicile, la Terre. Nous remarquons la récurrence croissante d'événements météorologiques extrêmes, comme l'avaient prédit les climatologues. Personne n'est épargné; nous avons eu des inondations graves à Calgary et Toronto, des typhons et cyclones aux Philippines, en Italie et en Inde, des tornades aux Etats-Unis, et bien plus. Le cinquième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat souligne sur un nombre grandissant de preuves indiquant que nos actions ont des conséquences environnementales considérables.

Malgré tout, nous connaissons la solution et il est encore temps d'agir. Mais nous avons besoin de la participation de tous pour atteindre de nouveaux niveaux d'actions et de discussions en politique, dans les médias et dans nos vies. Ensemble, faisons de cette nouvelle année une meilleure année.

Rédigé en collaboration avec Ian Hanington, éditeur en chef de la Fondation David Suzuki.

12 décembre 2013

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