Photo: Bâtissons un Canada meilleur : votons pour l'environnement

Crédit : Adam Scotti via Flickr

Par David Suzuki

Peu importe ce qui sera dit pendant cette longue campagne électorale, les changements climatiques sont la plus grande menace à la santé, à la sécurité et à l'économie du Canada. Les preuves scientifiques sont irréfutables et découlent de vastes recherches aux conclusions accablantes.

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Notre surconsommation de combustibles fossiles — et la vitesse à laquelle nous les exploitons — menace les systèmes qui maintiennent notre planète en vie, met en danger la santé de la population, détruit les paysages et les habitats naturels et cause des phénomènes météorologiques extrêmes de grande envergure. Or, ce secteur contribue moins à l'économie et à la création d'emplois que la production d'énergie propre. De plus, cette surconsommation et l'exportation de masse de ces combustibles épuiseront, avant longtemps, nos réserves. L'exploitation de cette ressource est, en réalité, de plus en plus difficile, dangereuse, coûteuse et dommageable pour l'environnement, puisque les gisements plus faciles d'accès commencent déjà à s'épuiser.

Depuis très longtemps, le Canada compte sur l'exploitation et l'exportation de matières premières pour stimuler son économie. Ce n'est pourtant plus un plan réaliste à long terme, surtout en ce qui concerne les ressources non renouvelables. Je ne comprends pas pourquoi un pays dont la population est si diverse, éduquée, imaginative et sensibilisée n'arrive pas à moderniser sa façon de faire les choses. La chute récente du prix du pétrole est la preuve qu'il était imprudent de mettre tous nos œufs dans le même panier.

En décembre prochain, les dirigeants mondiaux se réuniront à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris. Notre gouvernement devra se montrer digne de confiance et y jouer un rôle constructif. Le Canada a été réprimandé aux conférences précédentes, accusé d'empêcher les choses d'avancer et d'édulcorer les ententes. La Conférence sert à ce que tous les pays concluent un accord contraignant sur les changements climatiques et les émissions de gaz à effet de serre afin d'empêcher les températures moyennes mondiales d'augmenter de plus de 2 ͦC. Selon les experts et les dirigeants mondiaux, dépasser ce seuil aurait des conséquences dévastatrices.

Si les effets du réchauffement climatique sont déjà inquiétants, ils ne feront qu'empirer si nous n'agissons pas. Les phénomènes météorologiques extrêmes (vagues de chaleur, inondations, sécheresses et tempêtes) menacent la vie humaine, l'agriculture et l'économie. Les conflits qui éclatent autour des ressources disponibles réduisent la sécurité à l'échelle mondiale et exacerbent les problèmes des réfugiés. La pollution produite par les combustibles fossiles provoque des maladies cardiaques et respiratoires, dont l'asthme. Le forage en eaux profondes, l'exploitation des sables bitumineux et la destruction des sommets de montagne détruisent nos écosystèmes, les habitats naturels, la faune et le capital naturel desquels dépendent notre santé et notre survie.

Tous les candidats aux élections doivent prendre la question climatique au sérieux. Par conséquent, peu importe le ou les partis au pouvoir après le 19 octobre prochain, le Canada fera partie de la solution.

Si le Canada garde ses œillères, les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplieront, comme les inondations et les sécheresses, notre santé s'en verra affectée (il y aura notamment une hausse de décès prématurés), la production et la salubrité des aliments seront compromises, les accidents pipeliniers, ferroviaires et maritimes seront de plus en plus courants et les occasions de diversifier notre économie nous glisseront entre les doigts.

Si la campagne électorale a parfois porté sur les changements climatiques, l'exploitation des ressources et les infrastructures, les propos tenus n'ont pas toujours reflété la gravité de la situation. Avant même d'aller aux urnes, les électeurs doivent questionner leurs candidats, s'informer sur les programmes électoraux et s'assurer que les partis et les candidats les écoutent et prennent les changements climatiques au sérieux.

Le Canada est un pays remarquable où nous vivons en harmonie et prenons soin les uns des autres, peu importe nos opinions, nos parcours et notre culture. Nous avons la chance d'avoir une nature spectaculaire, de l'eau douce en abondance, des terres agricoles fertiles, de riches ressources naturelles, une population éduquée, des traditions démocratiques vivantes et des programmes sociaux bien développés. Mais nous ne pouvons en rester là; nous devons protéger nos acquis et aspirer à devenir meilleurs afin de changer nos idées et nos habitudes dépassées.

Pendant ces élections, on doit s'intéresser à quantité d'enjeux comme la santé, les soins aux enfants, l'emploi, l'économie, les infrastructures, l'éducation, le commerce international, les relations internationales et notre responsabilité de combattre le terrorisme à grande échelle. Si nous nous attaquons aux changements climatiques en délaissant une économie basée sur les combustibles fossiles, qui n'a que pollution et perspectives à court terme à nous offrir, afin d'adopter une économie plus stable, saine et écologique, nous contribuerons largement à réduire les coûts relatifs aux soins de santé, à créer des emplois, à diversifier notre économie et à améliorer notre réputation à l'international.

Nous avons un important choix à faire en tant qu'électeurs et en tant que pays. Nous devons écouter les scientifiques, spécialistes de la santé, chefs religieux, politiciens, organisations internationales, entreprises et citoyens du monde entier qui affirment que nous devons agir sans tarder pour protéger le climat et la population mondiale. Nous pouvons aussi continuer comme si de rien n'était et vivre avec les conséquences toujours plus graves de cette décision.

Faire valoir votre droit de vote est une étape indispensable.

Rédigé en collaboration avec Ian Hanington, éditeur en chef de la Fondation David Suzuki.

Le 19 octobre, je vote!

10 septembre 2015

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