Photo: La génération Z formera-t-elle des superhéros pour la planète?

Par David Suzuki

Snapchat et selfies, iPods et iPads, on ne peut nier le fait que la technologie joue un rôle important dans la vie de la plupart des enfants du XXIe siècle. Avec autant de parents qui partagent sur Internet des photos de leurs enfants à partir de la naissance et d'enfants qui créent des comptes Facebook à l'âge de 13 ans ou moins, de nombreux jeunes grandissent avec leur vie affichée dans les médias sociaux.

Bien que le progrès technologique facilite l'éducation et l'apprentissage, les effets à long terme de la vie numérique sur la santé des jeunes n'ont pas encore été déterminés. De nombreux appareils tels que les smartphones sont encore relativement récents, surtout dans les pays en développement, mais en Amérique du Nord ou certains enfants reçoivent un téléphone portable dès l'âge de 7 ans, la génération Z passera bien plus de temps au contact du monde numérique que toutes générations précédentes.

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Il semble évident que si votre routine quotidienne consiste à vérifier constamment vos textos ou les « J'aime » de Facebook, votre capacité de concentration sur de longues durées ne peut que diminuer. Avec des enfants qui passent moitié moins de temps au contact de la nature et des adolescents qui passent près de huit heures par jour devant un écran, nos enfants n'ont pas beaucoup de temps pour l'air frais.

C'est pourquoi la Fondation David Suzuki a décidé de lancer le concours Back to School Superhero Challenge à l'automne (programme en anglai seulement). Les participants recevront une activité de plein air par semaine ainsi qu'une mission de Superhéros qui encouragera la responsabilisation écologique en permettant aux enfants de passer du temps dehors, au contact de la nature.

De plus en plus d'études prouvent que passer du temps dehors a des effets bénéfiques sur la santé. Les enfants qui passent du temps au contact de la nature tous les jours sont en meilleure santé, plus heureux, plus créatifs, moins stressés et plus attentifs que ceux qui ne le font pas. En tant que parents, grands-parents, tuteurs et éducateurs, il est de notre responsabilité d'élever nos enfants avec des habitudes saines au sein de la nature.

Je me rappelle de mon enfance à London, en Ontario, au début des années 1950. Les portes donnant à l'arrière des maisons s'ouvraient vers 17 h 30-18 h et les parents appelaient leurs enfants pour qu'ils rentrent à la maison pour souper. Nous jouions dans le parc, sur un terrain vague, dans une crique ou un fossé à proximité. Il n'y avait pas de chaîne de télévision londonienne et le peu de personnes qui possédaient un téléviseur devait capter le signal de Cleveland ou Détroit pour regarder des images en noir et blanc qui étaient encore pires avec la neige à l'écran. À l'époque, il n'y avait pas d'ordinateur, de téléphone portable, d'iPod ou d'autres technologies numériques. On s'amusait dehors.

Aller à la pêche et faire du camping avec mon père font partie de mes meilleurs souvenirs d'enfance. Mon père était un véritable modèle pour moi. Il m'encourageait à explorer dehors, à jouer dans la boue et à découvrir tout ce que la nature avait à offrir. Il a fait murir en moi un amour profond et une reconnaissance de la nature que je chéris et attribue à mon choix de carrière.

J'ai essayé d'inculquer cet amour de la nature à mes enfants et petits-enfants. Nous avons essayé de les guider dans la prise au sérieux de problèmes importants avec des sorties à la pêche, des randonnées ou bien encore des discussions à table lors du dîner.

Je suis fier de dire que cela aura porté ses fruits. Biologiste marine, ma fille Sarika travaille sur la protection des océans et des espèces qu'ils abritent. Je me suis tenu aux côtés de ma fille Tamiko et de ses enfants Midori et Tamo Campos lors de manifestations contre l'extension de pipelines. Et je me rappelle encore avec fierté du discours de ma fille Severn au Sommet de la Terre de l'ONU de 1992 à Rio de Janeiro, au Brésil, alors qu'elle n'avait que 12 ans. Elle s'exprima avec une telle conviction qu'elle fit couler des larmes sur les joues de quelques délégués. 23 ans plus tard, Severn a deux enfants et la vidéo de son discours continue de circuler, inspirant des personnes du monde entier. Sa popularité démontre que les jeunes ont le pouvoir d'influencer certains des problèmes les plus urgents au monde.

Je me soucie souvent du futur de mes petits-enfants. J'ai parfois un sentiment d'échec quand je pense à la planète dont ils vont hériter. Pourront-ils courir dans une forêt verdoyante et respirer un air pur? Nageront-ils dans des eaux claires et découvriront-ils des espèces sous-marines?

Je crois aussi que la prochaine génération comprendra plein d'individus intelligents, perspicaces, socialement responsables qui aideront dans la protection d'une planète que nous avons tellement mal traitée. En aidant les jeunes à passer du temps dehors, pensez aux autres et faites la différence; nous élèverons non seulement des enfants en meilleure santé et plus heureux, mais nous élèverons aussi une génération de superhéros pour notre planète.

Devenez un Superhéros


Allons tous jouer en plein air et sauvons notre planète! Vous pouvez vous inscrire au concours Back to School Superhero Challenge à getbackoutside.ca/.

Rédigé avec la contribution de Harpreet Johal, spécialiste de l'engagement du public de la Fondation David Suzuki.

17 septembre 2015

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