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Deepwater horizon : bientôt chez nous?

Le 17 avril 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Deepwater horizon : bientôt chez nous?

(Crédit : Sky Truh via Flickr)

Par Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques

Quatre années.

Voilà le temps qui s'est écoulé dans l'espoir d'oublier l'une des pires catastrophes écologiques de l'histoire des États-Unis. Au bilan : des millions de litres de pétrole brut souillant les fonds marins et les écosystèmes côtiers du golfe du Mexique, ainsi que plus de 43 milliards en coûts déboursés par la compagnie responsable de cette tragédie, sans compter les coûts humains inestimables.

Quatre années à se demander comment nous avons pu en arriver là et, surtout, comment faire pour que ceci ne se reproduise plus. Quatre années à constater l'ampleur des dégâts, mais malheureusement aussi à essayer de passer à autre chose.

Mais la nature ne nous permettra pas d'oublier.

Une réalité lourde de conséquences

Tels les Exxon Valdez ou Irving Whales ce monde, un déversement de pétrole de l'envergure de celui de l'incident de la plateforme Deepwater Horizon ne se dissipe pas par simple pensée magique, tout comme les traces qu'il laisse ne s'effacent pas dans l'eau.

C'est donc sans surprise que l'on constate aujourd'hui toute l'étendue de ce désastre. Dans un rapport publié récemment par la National Wildlife Federation (NWF, aux États-Unis), on apprenait que plusieurs espèces fauniques étaient toujours sous l'emprise du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique.

Les tortues de mer, les dauphins, les pélicans, le thon rouge ainsi que plusieurs autres espèces aviaires et marines montrent des signes physiologiques et physiques notables pouvant être attribués à la toxicité du pétrole ou aux dispersants utilisés lors du nettoyage de cette catastrophe.

Outre l'aspect environnemental, la catastrophe du golfe du Mexique a également eu des répercussions sur la santé physique et mentale des individus, leur qualité de vie, ainsi que leurs balises socioéconomiques.

D'autre part, plusieurs centaines de milliers de demandes d'indemnisations monétaires n'ont toujours pas été réglées suite à la catastrophe de BP et les pertes économiques sont estimées à plus de 8 milliards pour les prochaines années!

En somme, bien que le pétrole ait été en partie dispersé, sa présence se fait toujours ressentir et il nous faudra encore plusieurs années avant de saisir l'ensemble des répercussions de cette tragédie.

Qu'avons-nous appris?

De dire que nous avons su tirer les leçons nécessaires d'un tel incident tiendrait sans doute plus d'un vœu pieux que de la réalité.

Certes, cet évènement a su frapper l'imaginaire de plusieurs millions de personnes à travers le monde, particulièrement au Québec et dans les provinces de l'Atlantique qui se retrouvent aujourd'hui confrontées à un choix : exposer ou non le golfe du Saint-Laurent à un tel risque en permettant à l'industrie pétrolière de s'y implanter.

Parmi toutes les leçons à tirer de la catastrophe de Deepwater Horizon, celle qui fait sans doute l'unanimité est que le risque zéro n'existe pas. Au-delà de ce consensus, bon nombre de politiciens et gens d'affaires se disent pourtant favorables, au minimum, à une éventuelle exploration des ressources en hydrocarbures du golfe du Saint-Laurent. Pourtant, la phase exploratoire est sans doute celle qui est la plus risquée et la plus coûteuse. Or, l'incident du golfe du Mexique s'est produit en phase exploratoire.

Par ailleurs, bien que la tragédie du golfe du Mexique ait été d'une ampleur exceptionnelle, si un tel incident advenait dans le golfe du Saint-Laurent, une mer intérieure semi-fermée sept fois plus petite que celle du golfe du Mexique, la responsabilité financière de toute compagnie pétrolière serait de 30 millions (max.) selon les lois canadiennes en vigueur (couramment en révision pour ajuster à 1 milliard). L'incident de BP a pourtant coûté, au bas mot, 43 milliards. Si nous voulions réellement nous doter des plus hauts standards en matière environnementale, ne serait-il pas plus juste alors d'appliquer le principe pollueur-payeur (aucun plafond de responsabilité)?

Enfin, ne minimisons pas le fait que cinq provinces bordent le golfe du Saint-Laurent. Bien que deux d'entre elles soient intéressées par la structure géologique Old Harry où il y aurait un potentiel d'hydrocarbures, il en revient aux communautés des cinq provinces de décider du sort du golfe.

Si nous voulons faire honneur aux individus ayant perdu la vie en 2010, ainsi qu'aux milliers de familles dont la qualité de vie et la santé ont été chamboulées, nous avons un devoir de mémoire collectif. C'est ce que le chanteur Zachary Richard, originaire de la Louisiane, est venu rappeler aux habitants des Îles de la Madeleine à la suite de la catastrophe du golfe du Mexique — lui qui a même dédié une chanson à cet effet. À nous maintenant d'apprendre de nos erreurs et de nous tourner peu à peu vers un avenir énergétique où l'utilisation des combustibles fossiles ne sera plus qu'un lointain souvenir.

Un droit fondamental à un environnement sain: l'expérience québécoise

Le 17 avril 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Un droit fondamental à un environnement sain: l'expérience québécoise

Photo Credit: FrozenCapybara via Compfight cc

Par Par Michel Bélanger, avocat

Par Michel Bélanger, avocat
Président de Nature Québec
Administrateur et cofondateur du Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE)

La reconnaissance d'un droit à un environnement sain dans la Constitution canadienne que ce soit par le biais d'un amendement à la Charte canadienne ou une Charte distincte des droits environnementaux, à l'instar du projet de loi C-469 mort au feuilleton, n'est pas une demande nouvelle. Lors de l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne en 1982, des demandes en ce sens avaient été formulées notamment par l'Association du Barreau canadien et l'Association canadienne du droit de l'environnement (CELA).

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Apocalypse, non!

Le 26 mars 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Apocalypse, non!

Par Karel Mayrand, directeur général pour le Québec & Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques

Par Karel Mayrand, directeur général pour le Québec & Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques

Notre civilisation court à sa fin. Voilà la conclusion d'une Voilà la conclusion d'une étude publiée par des chercheurs de l'Université du Minnesota ces jours-ci. Les auteurs indiquent que la raréfaction des ressources, couplée à des pressions anthropiques de plus en plus grandes nous conduisent tout droit vers un mur qu'il nous sera fort difficile d'éviter. Ce constat nous force à repenser notre mode de vie. Alors que le discours écologiste a consisté depuis 50 ans à réclamer des changements profonds à nos façons de faire pour éviter un déclin irréversible de la biosphère, nous devons maintenant composer avec l'imminence et l'inévitabilité de cet effondrement. La catastrophe annoncée s'est amorcée et elle se déroule sous nos yeux en ce moment même. Doit-on baisser les bras devant une telle apocalypse? Non.

Devant l'imminence de l'effondrement de notre civilisation, la clé de notre survie passe par la redécouverte de ce qui a fait la force de notre espèce : pouvoir prévoir et modeler notre avenir. Nous devons recourir de toute urgence à notre inventivité et notre capacité d'adaptation afin de repenser notre civilisation et survivre dans des conditions inédites. Pour ce faire, il nous faut d'abord accepter la réalité, comprendre ce qu'elle implique pour notre économie et nos sociétés, et faire les choix qui s'imposent, choix qui devront impliquer toutes les couches de la société, sans exception!

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Le budget révèle les priorités du gouvernement

Le 10 février 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Le budget révèle les priorités du gouvernement

Le budget fédéral sera déposé demain. C'est le moment pour le gouvernement de faire des choix avec notre argent : des choix à propos de mesures qui seront mises en place, de services qui seront abolis.

Les budgets révèlent les priorités du gouvernement, sa vision de notre pays et de ce que nous valorisons comme société. Alors que la couverture médiatique se concentrera sur ce qu'on retrouvera ou non dans ce budget, il est important de le regarder dans la continuité d'une longue liste de décisions prises lors des précédents.

Il est temps de nous poser la question : « Quels choix ont été faits à ce jour ? »

Il est évident que la réponse n'est pas positive.

Ces choix budgétaires révèlent un portrait de notre pays qui n'augure rien de bon pour notre santé, notre sécurité et notre environnement.

Le budget fédéral de cette année révélera une autre série de choix et de priorités sur le genre de pays que nous voulons léguer à nos enfants et aux générations à venir.

Revenez nous visiter pour mieux comprendre ces choix et savoir ce que vous pouvez faire.

Le Manifeste pour un Québec fossile : Un débat mal amorcé

Le 15 janvier 2014 | Laissez un commentaire
Photo: Le Manifeste pour un Québec fossile : Un débat mal amorcé

(Crédit : 2. via Flickr)

Par Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki

Après le manifeste pour un Québec lucide, le Québec accueille en 2014 le manifeste pour un Québec fossile signé par des personnalités québécoises du monde des affaires et quelques anciens politiciens. Les deux manifestes partent du même constat : le Québec a une dette financière, et son déclin démographique est inquiétant. Pour les auteurs du manifeste pour un Québec fossile, nous n'avons tout simplement pas les moyens de nous passer des revenus potentiels que nous pourrions tirer de l'exploitation de son pétrole. Il en va de notre santé économique future. Malheureusement le document évacue des enjeux fondamentaux, il ne passe pas le test de la réalité en plus d'être ouvertement hostile envers les groupes écologistes.

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