Photo: Pourquoi voter est important pour l'environnement

(Crédit : PNASH via Flickr)

Par Karel Mayrand, Directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec

Dans un éditorial du 19 avril dernier, François Cardinal lance cette question : « L'environnement est-il un enjeu électoral prioritaire? À cette question, les Canadiens répondent oui à plus de 70%. Mais si on leur demande plutôt de nommer les enjeux qu'ils considèrent importants, l'environnement n'est cité que par... 3% d'entre eux. »

Triste constat. L'environnement reste un enjeu marginal, périphérique. Pourtant, dans une année marquée par les catastrophes de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique et de Fukushima au Japon, on se serait attendu à ce que les préoccupations environnementales prennent plus de place dans cette campagne électorale.

Pourquoi n'est-ce pas le cas ?

Premièrement parce que les campagnes électorales sont centrées sur des débats à court terme qui visent à satisfaire des clientèles d'électeurs précises. Et quelles sont leurs préoccupations ? L'économie et la santé pour certains, la criminalité, les taxes ou l'éducation pour d'autres. Parfois aussi l'environnement.

Chaque enjeu électoral est porté par une clientèle bien précise. Le problème est que les personnes qui seront le plus affectées par la dégradation de notre environnement — les jeunes — ne votent pas. Les jeunes de moins de 25 ans ont un taux de participation de près de 35% alors que les personnes de 55 ans et plus ont un taux près de deux fois supérieur.

Pire encore, les moins de 18 ans n'ont pas le droit de vote, et les personnes qui devront faire face aux pires impacts de la destruction des systèmes naturels qui supportent la vie sur Terre ne sont pas encore nés.

Alors la question est : qui prendra la parole pour les générations à venir si celles-ci n'ont pas de voix ? La réponse est simple. Chacun d'entre nous.

Il est grand temps de cesser de dilapider l'avenir de nos enfants pour satisfaire nos besoins immédiats. Il faut cesser d'endetter les générations à venir en appauvrissant leur capital écologique. Il est temps de voter en pensant à notre environnement, à leur environnement.

Le 2 mai j'offrirai mon vote à Anaïs et Simon-Olivier, mes deux enfants, en votant pour un parti qui s'engage à protéger leur avenir, à agir pour contrer les changements climatiques, à protéger notre diversité biologique, à nous assurer un air pur et une eau propre.

J'invite tous ceux qui ont à cœur l'avenir de nos enfants à faire de même. J'invite les parents à penser à leurs enfants. Les grands-parents à donner leur vote à leurs petits trésors pour leur laisser un héritage dont ils seront fiers. Plus encore : je vous lance tous le défi de convaincre un jeune de 18-25 ans à voter, peut-être pour la première fois, en pensant à son avenir.

Si nous y arrivons le 2 mai, tous les partis sauront que désormais ils ne peuvent remporter notre adhésion sans se soucier des intérêts de ceux qui viendront après nous. Et nous aurons offert à ceux qui viendront après nous le cadeau le plus beau qui soit : une voix.

26 avril 2011

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