Photo: Des entreprises ne veulent pas dévoiler les ingrédients de leurs parfums

(Crédit : val.pearl via Flickr)

Par Lindsay Coulter, la “Queen of Green”

J'essaie d'éliminer tout parfum à la maison (en anglais seulement) : aucun désodorisant, des produits d'hygiène personnelle ne contenant aucun des douze produits toxiques à éviter et de la litière pour chat sans parfum (en anglais seulement).

Ce n'est pas si simple. Le plus récent coupable fut un bâton déodorant bleu néon à l'odeur de « brise océanique » dont la mention « parfum » apparait sur la liste des ingrédients.

« Parfum » est le terme utilisé par l'industrie pour désigner près de 3 000 produits chimiques utilisés pour faire en sorte que les produits sentent « bon ». Mais nous appelons cela une lacune gigantesque dans le Règlement sur les cosmétiques de Santé Canada permettant ainsi à tous ces produits chimiques d'être listés sous le terme générique « parfum » dans nos savons, shampooings et déodorants. Et le pire dans tout cela, c'est que bon nombre de ces produits chimiques odorants représentent des risques pour la santé humaine et pour celle de l'environnement.

Ne devrions-nous pas avoir le droit de connaître tous les ingrédients contenu dans les produits que nous utilisons quotidiennement sur notre corps ?

Plus de 60 d'entre vous ont écrit aux grands fabricants (en anglais seulement) pour leur demander de quoi se compose les « parfums ». Je l'ai aussi fait. Plus exactement, j'ai demandé à Proctor & Gamble : « Le déodorant au parfum de brise océanique contient-il des phtalates ? »

La réponse de P&G a été « la famille des phtalates ressemble à celle des champignons, certains phtalates sont sans danger alors que d'autres sont nocifs. » Mmmm, ont-ils dit champignons ?

P&G Soins de beauté et de toilette m'a révélé qu'il utilise deux des membres de la famille des phtalates :

  1. Phtalate de diéthyle (en anglais seulement)
  2. Phtalate de diméthyle

On en trouve des traces dans ses produits, habituellement comme composant du parfum. Les phtalates sont préoccupants car ils constituent un groupe de produits chimiques qui interfèrent avec la manière dont nos hormones fonctionnent (perturbation endocrinienne).

Mais P&G n'a pas agi conformément a son habitude en me mentionnant les phtalates qu'ils utilisent. Plus de 40 entreprises ont donné réponse à notre sondage, et seulement une nous a fourni une liste complète de ses ingrédients (et ce n'était pas P&G !).

Même lorsque les entreprises nous donnaient une réponse quelconque, la plupart indiquaient qu'ils ne pouvaient nous dévoiler quels produits chimiques entraient dans la composition de leurs parfums à cause du « secret commercial ». Deux entreprises étaient prêtes à discuter de leur liste d'ingrédients, mais seulement en présence du docteur de famille du client.

Nous avons fait le résumé des réponses du test « Échec à vue de nez ». Lisez des citations provenant de fabricants et découvrez à quel point des entreprises — d'Aveda à Revlon — sont à la hauteur quand vient le temps de révéler les produits chimiques contenus dans les parfums des produits que vous achetez.

Les consommatrices et consommateurs canadiens ne devraient pas avoir besoin d'une note de leur médecin pour connaître les produits chimiques contenus dans leur déodorant, plus particulièrement quand ceux-ci sont liés à de sérieux problèmes de santé et environnementaux.

Voici ce que vous pouvez faire :

Parmi vos produits, dans lesquels avez-vous trouvé des parfums inutiles?

19 juin 2011