Photo: Notre conquête de l'espace terrestre et marin ne doit pas se faire au détriment des espèces qui partagent notre histoire!

(Crédit : Tim Pearce, Los Gatos via Flickr)

Par Jean-Patrick Toussaint, Chef projets scientifiques

"Space, the final frontier..." Les amateurs de la série télévisée Star Trek se souviendront de cette fameuse phrase dont nul autre que le Capitaine Kirk (William Shatner) faisait la narration. En effet, l'espace est une des dernières frontières que l'homme cherche encore à explorer et exploiter.

De retour sur Terre par contre, il est facile d'oublier que notre planète, contrairement à l'espace « selon Star Trek », a des limites qui ne s'étendent pas à l'infini, bien qu'il nous reste encore plusieurs lieux à explorer, tels que nos océans dont nous connaissons à peine tous les racoins et espèces qui s'y trouvent.

Pourtant, malgré notre manque flagrant de connaissances à plusieurs égards quant à la diversité de la vie sur Terre, nous continuons tout de même à exploiter nos ressources terrestres et marines de manière irresponsable, comme si elles étaient inépuisables. Il devient donc essentiel de prendre un temps d'arrêt et nous poser la question suivante : quel est l'impact d'une telle activité sur la santé de nos milieux marins (et terrestres)?

La réponse nous est tombée dessus comme une tonne de brique récemment lors de la parution d'un rapport (en anglais seulement) signé par 27 des plus grands spécialistes en biologie marine : nos océans sont dans un état critique; la vie marine est en péril! Les causes sont multiples (changements climatiques, acidification des océans, pollution, etc.) bien qu'un dénominateur commun ressort du lot — l'activité humaine. Parmi ces activités, le problème de la surpêche se retrouve au banc des accusés. En effet, c'est environ 9000 à 10 000 tonnes de poissons que nous (sur)pêchons à chaque heure!

Quelles solutions s'offrent à nous pour renverser cette tendance? À grande échelle, il devient impératif d'améliorer la gouvernance internationale des océans, en particulier à l'égard de la gestion des pêches, tel que suggéré dans le rapport scientifique. Ceci implique donc une amélioration du contrôle de suivi et de surveillance, ainsi que des systèmes de traçabilité des produits issus de la mer et des océans, et ce à tous les niveaux de la chaîne d'approvisionnement.

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À l'échelle locale, il en revient à chacun et chacune d'entre nous d'agir de manière responsable afin de limiter notre impact sur nos cours d'eau et océans. À cet effet, dans le cadre du projet Le Saint-Laurent : Notre fleuve vivant, la Fondation David Suzuki, fier partenaire du guide des produits issus de pêcheries durables Seachoice (en anglais seulement), vous propose une liste des 10 meilleurs choix de produits de la mer adaptée au Québec. Il vous sera ainsi possible de consommer des fruits de mers issus de pêcheries durables donc, par le fait même, de diminuer votre impact sur les milieux marins par les choix que vous ferez.

La vie sur Terre, telle que nous la connaissons aujourd'hui, dans toute sa diversité biologique, a pris près de 4 milliards d'années à évoluer. L'homme moderne (Homo sapiens sapiens) est arrivé très tard dans cette épopée de la vie (≈200 000ans, ou dans les 30 dernières minutes à l'échelle d'une année!). Pourtant, l'impact que nous avons eu depuis si peu de temps est retentissant — à preuve l'état de nos océans aujourd'hui. Afin de préserver la richesse et la santé de nos océans et cours d'eau, je vous invite donc à devenir dès aujourd'hui des agents de changement en choisissant des produits de la mer issus de pêcheries durables.

11 juillet 2011

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2 commentaires

17 juillet, 2011
11:20

Il serait bien que la Fondation Suzuki publie à grande échelle ses documents destinés au public sur les actions concrètes que les gens peuvent poser. C’est lorsque l’information devient disponible que les choses peuvent changer plus vite. Il serait bien que lorsque ses actions concernent le Québec, elles soient accessibles en français, sinon les gens ne se sentent ni interpeler et encore moins concerner. Comme il s’agit d’agir localement dans une pensée globale, il faut alors que les gens aient une accessibilité à l’information pour agir.

13 juillet, 2011
02:32

Encore un niemme rapport qui souligne l urgence d adopter des actions concretes et des reglements regionaux et internationaux contraignants. Les politiques ne pensent qu au court terme cest a dire satisfaire l ensemble de ceux qui utilise l espace maritime, susrtout ceux qui ont le plus d argent et/ou de voies…Ils sont sourd a ce type de rapport, regarder le sommet de Copenhagen sur les changements climatiques, que des voeux pieux. Je crois que nous citoyens et membres de la societe civile du monde entier avons l obligation de nous mobiliser pour que la nature, notamment les oceans (je suis biologiste marin) soit respectee par des faits concrets et des lois nationales et regionales efficaces.

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