(Crédit : AX via Flickr)
Au cours des années 1980, j'ai passé mon adolescence à Saint-Jérôme dans ce qu'on appelait alors les Basses Laurentides. À 12 ans, je pouvais prendre des skis de fond sur mes épaules et skier en plein milieu de la ville, près de l'autoroute 15. Sur cette même autoroute, je pouvais me rendre à Montréal en une vingtaine de minutes et ne croiser parfois que quelques dizaines de voiture. Il y avait même un étang et des canards en plein centre de la ville au grand plaisir des enfants qui s'y rendaient en expédition.
Les temps on changé.
Le boisé où je skiais a été transformé en Smart Center où trônent Costco et Walmart. L'étang a été remblayé et fait maintenant place à des résidences cossues. L'autoroute 15 est bloquée en permanence. Saint-Jérôme fait maintenant partie de la troisième couronne de Montréal. Les Basses Laurentides sont devenues une annexe de Montréal et Mirabel, Blainville et Boisbriand sont aujourd'hui des villes dortoirs.
Les effets du bas prix des résidences et des terrains, des faibles taxes municipales, d'un prix de l'essence lui aussi très bas et de l'accès gratuit à une autoroute à trois voies se sont conjugués pour créer un formidable mouvement vers l'étalement urbain. La ville s'est étendue et nous payons aujourd'hui collectivement le coût de cet étalement.
La congestion routière nous coûte près de 3 milliards de dollars par année. Nos infrastructures vieillissantes ne suffisent plus à la demande alors que nous avons ajouté près de 100 000 voitures par année sur un réseau routier saturé. En outre les émissions de gaz à effet de serre liées au transport représentent maintenant 43% du bilan québécois.
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Les milieux naturels disparaissent dans tout le Grand Montréal, qui perd à chaque année près de 2% de ses boisés, milieux humides et prairies. Plus de la moitié des milieux humides de la région sont disparus, faisant perdre à jamais une richesse biologique inestimable.
Le territoire agricole, protégé depuis 1978, rétrécit sous les assauts systématiques de promoteurs immobiliers. La spéculation sur les meilleures terres agricoles du Québec est alimentée par des compagnies à numéro dont certaines appartiennent à des intérêts chinois et d'autres à des compagnies ayant des liens avec le crime organisé.
Le cas de Laval résume à lui seul toutes les dérives de l'étalement urbain. Dans cette ville où les ménages possèdent en moyenne 2,3 voitures, le transport représente plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. La spéculation sur les terres agricoles est incessante et il ne restera plus de milieux humides à Laval après le saccage en règle perpétré par l'administration du Maire Vaillancourt.
Le développement anarchique du Grand Montréal a assez duré. Nous avons dépassé les limites physiques, biologiques et économiques au-delà desquelles le laisser-faire nous appauvrit tous collectivement.
Le Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) proposé par la Communauté métropolitaine de Montréal en avril dernier propose un changement de cap articulé autour de trois grands axes : la densification de nos villes, le renforcement des transports collectifs et la protection des milieux naturels. Ce changement de cap est nécessaire et complètement en phase avec la tendance des grandes métropoles dans le monde.
Plusieurs refusent encore de se rendre à l'évidence que le modèle de développement actuel ne peu plus durer. Il ne profite qu'aux promoteurs et aux élus municipaux qui veulent accroître leur assiette fiscale. Les maires de la couronne Nord prétendent qu'ils possèdent l'unique modèle pour satisfaire aux aspirations des jeunes familles. Mais ce modèle appartient aux années 1960.
La réalité a changé.
Les parents passent plus de temps sur la route et moins de temps avec les enfants. Le tout avec un litre d'essence qui s'approche des 1,50$ et qui continuera d'augmenter. J'ai décrit dans un autre blogue les effets sur la qualité de vie et le budget des familles du temps et des fonds accrus consacré au transport.
Les enfants n'ont plus accès à la nature à proximité de leur domicile comme c'était le cas il y a une génération et deviennent de plus en plus sédentaires. Plusieurs, comme le journaliste François Cardinal dans son livre Perdu sans la nature, ont fait le lien entre l'absence de jeu extérieur et les problèmes de comportement et d'apprentissage.
Nos familles et nos proches méritent mieux que ça. Nous devons leur offrir une alternative viable.
Dans ma ville, il y a 25 ans, j'allais à l'école à pied comme 70% des enfants. Ils sont aujourd'hui 30% à pouvoir le faire. Mes pistes de ski de fond sont devenues un stationnement. Mon étang a été transformé en rond-point. Tout cela en une génération.
Qu'est-ce qui attend mes enfants ?
Avec un PMAD bonifié et renforcé, nous pourrions avoir des quartiers densifiés où les services de proximité et les transports collectifs seraient accessibles. Où les routes seraient décongestionnées et la qualité de l'air meilleure. Où les milieux naturels seraient protégés et restaurés et où une trame verte permettrait à tous les habitants du Grand Montréal de jouir d'un accès à la nature et d'une qualité de vie inégalée.
L'heure du grand virage a sonné pour Montréal.
Le mémoire de la Fondation David Suzuki Découvrir notre vraie nature est disponible en ligne.
Pour en savoir plus sur ce virage, visionnez Sagacité, le film réalisé par Vivre en Ville.



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3 commentaires
05:24
Unbelievable how well-written and inforamtive this was.
21:40
bravo mon grand pour le trvail que tu fait cela est interessant a lire je te félicite
22:04
Je resides a Morin-Heights ,ma femmes travailles a montréal ,au centre ville. Elle passe de 15 a 20 hrs par semaines sur les routes. Elle tante parfois de prendre le train a st-jerome mais les horaires a selement 3 departs le matin en direction de mtl ne conviennes pas souvent a ses horaire de travails et ce quans il reste des places de stationnements temps du trajets en train 2 hr 15 allez et meme chose pour le retour….Par chace je suis travailleur autonome et travaille dans les laurentides je suis donc en position d’etre en meme temps Papa a la maison Je m’ennuis d’un equilibre famolliale et les enfants de leur maman Pourquoi ne pas pensé a un sisteme de trasport plus rapide qui pourrais inssiter les gens qui n’ont pas le choix de travailler dans mtl. par exemple un train grande vitesse qui aiderais a reduire le nombre de voiture sur les routes imaginer 4hr 30 de train par jours alors que ca prends moin de temps en voiture meme en etand dans le trafics de blainville jusqua mtl et le soir de mtl a blainville
merci Francois m.
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