Photo: Une petite taxe offrirait de gros avantages pour l'environnement mondial

(Crédit : akeg via Flickr)

Par Dale Marshall, analyste de politiques, changements climatiques

Le mouvement Occupons a été critiqué pour ne pas avoir eu de message cohérent, unifié identifiant le problème et les solutions. Pourtant, ce qui en est sorti clairement, c'est que les manifestants pensent qu'il y a quelque chose de grave à reprocher à la façon dont nos économies nationales et mondiales fonctionnent. Le fossé entre riches et pauvres se creuse. Beaucoup de gens font face à une insécurité accrue, tandis que ceux en haut reçoivent la plupart des gains économiques. La réglementation financière a été incapable de freiner la cupidité ou limiter les ravages dans la population.

C'est ce dont le mantra «Nous sommes les 99% » parle. Il marque un bon point.

Ce qui a été moins discuté, mais qui est tout aussi vrai, c'est que l'écart grandissant entre les biens nantis et les démunis a également des répercussions graves sur la santé de l'environnement mondial. L'inégalité et l'insécurité mènent à une dégradation de l'environnement encore plus importante d'au moins deux façons.

Tout d'abord, la richesse est fortement corrélée avec la pollution et la consommation des ressources naturelles. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre des personnes riches et pays riches, qui causent les changements climatiques, sont les plus élevées.

Inscrivez-vous à notre bulletin

Deuxièmement, ceux qui ont un revenu faible et fixe ou un sentiment d'insécurité quant à leur situation financière sont, sans surprise, souvent moins préoccupés par l'état de l'environnement — en particulier pour les problèmes mondiaux comme les changements climatiques ou l'épuisement des pêcheries dans le monde. C'est pourquoi les sondages montrent souvent l'environnement descendre en dessous de l'emploi et l'économie comme sujet de préoccupation pendant les récessions.

Mais il existe des solutions aux problèmes de l'inégalité, autant économique que sociale, et à la dégradation de l'environnement. Une de ces solutions est de créer une taxe sur les transactions financières (parfois appelé la taxe Robin des Bois) . Nous avons eu l'occasion il y a deux semaines de mettre cette solution de l'avant. La France accueillait une réunion des dirigeants du G20 et le gouvernement français a ajouté comme une priorité « de nouvelles actions visant à améliorer durablement la stabilité et la prospérité mondiales. » Une grande partie de l'intention déclarée de la France est de réformer la manière dont le système financier mondial fonctionne et une taxe sur les transactions financières serait une réforme autant significative que positive.

Alors, qu'est une taxe sur les transactions financières? C'est une petite taxe sur les transactions financières mondiales et les métiers de devises. La taxe saurait répondre à deux objectifs: elle ralentirait la spéculation financière et générerait des quantités importantes d'argent qui pourrait être utilisé pour aider les personnes les plus durement frappées par des chocs mondiaux, à la fois économiques et environnementaux. La plupart des bailleurs de fonds ont demandé une taxe à 0,05 pour cent, un taux si bas qu'il aurait peu d'impact réel sur les investissements à long terme, mais freinerait la spéculation à court terme et générerait environ $ 400 milliards par an.

Une partie de ces revenus devrait être utilisée pour aider les pays pauvres et vulnérables à faire face aux impacts des changements climatiques mondiaux. Les pays riches et polluants, comme le Canada, ont promis de donner cet argent parce que nous sommes largement responsables de ces impacts significatifs. Et une partie de ces revenus peut aider ceux qui sont les plus touchées par les bouleversements économiques, car beaucoup sont maintenant confrontés. Dans les deux cas, les bénéficiaires de la taxe sur les transactions financières sont ceux qui sont les plus touchés par les problèmes mondiaux auxquels ils n'ont pas contribué.

Alors, la réunion du G20 a été une réelle opportunité. La taxe sur les transactions financières s'intègre parfaitement dans l'agenda de la France et ce n'est pas une coïncidence- le président Sarkozy soutient publiquement la taxe, comme le font les dirigeants des puissances du G20, dont l'Allemagne et l'Afrique du Sud. Tout comme le font les lauréats du prix Nobel et économistes Joseph Stiglitz et Paul Krugman. Bill Gates a même voyagé à Cannes pour exhorter les dirigeants mondiaux à adopter la taxe Robin des Bois ... et il fait clairement partie du « un pour cent ».

Malheureusement, notre premier ministre s'est encore une fois exprimé contre cette solution innovante. C'est loin d'être fini. Il y aura sans doute d'autres opportunités pour les leaders mondiaux d'expliquer la sagesse de cette proposition à M. Harper.

16 novembre 2011

Pour en savoir plus

Ajoutez un commentaire


1 commentaire

20 novembre, 2011
10:14

Harper, encore une fois, tu présentes ton mépris envers la justice sociale internationale pendant ce temps tu endurcis le ton envers ceux qui crient justice. Tu encourages les dépenses militaires et carcérales. Tu condamnes pour toujours et sans une chance de pardon. Je ne reconnais plus le pays de paix et de miséricorde que fut le Canada.

La Fondation David Suzuki n'endosse pas nécessairement les commentaires affichés par le public sur son site Web. La Fondation se réserve le droit de refuser la publication de commentaires qui pourraient être perçus comme offensant ou qui vont à l'encontre des principes directeurs qui régissent les organismes de bienfaisance. Veuillez noter que tous les commentaires sont relus avant d'être publiés.