Photo: La Fondation David Suzuki profite du beau temps pour lancer un nouveau rapport sur le climat

Par Ryan Kadowaki, Coordonnateur des projets sur les changements climatiques et l’énergie propre

Le mois dernier, l'est du Canada a connu des températures incroyablement chaudes, donnant à beaucoup de gens l'impression d'être en vacances. Ces températures ont aussi donné un aperçu des changements auxquels on peut s'attendre dans notre monde de plus en plus chaud. À Toronto, on profitait du soleil torse nu avec un bon bouquin, tandis qu'à Ottawa, c'est en ski que certains se faisaient griller le haut du corps. À Winnipeg, les gens avaient sorti leurs shorts verts pour fêter la Saint-Patrick.

Pendant ce temps, à la Fondation David Suzuki, nous étions en train de finaliser notre plus récent rapport sur l'action des gouvernements provinciaux face aux changements climatiques.

Il s'agit du quatrième rapport de ce genre que prépare la Fondation, et du premier depuis 2008. Ce travail nous paraît important, puisqu'il permet de souligner les progrès des provinces et des territoires qui font preuve de leadership dans le domaine des changements climatiques. Il peut s'agir de gestes posés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), ou de mise en place de mesures d'adaptation au phénomène du réchauffement. Le rapport est aussi pour nous l'occasion de suggérer aux provinces des moyens d'aller plus loin en partant des efforts déjà déployés, ou encore de proposer de nouvelles solutions aux problèmes identifiés.

Qu'apprend-on dans notre rapport ? D'abord, que l'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique continuent d'être les meneurs dans la lutte aux changements climatiques. L'Ontario fait partie de l'avant-garde en Amérique du Nord en ce qui a trait aux installations d'énergie renouvelable : elle se situe au deuxième rang pour la production d'énergie solaire photovoltaïque et au neuvième rang pour celle d'énergie éolienne. Le Québec, quant à lui, est la première province à adopter le système de plafonnement et d'échange des droits d'émission de gaz à effet de serre mis en place par la Western Climate Initiative. Ce système pourrait jouer un rôle important dans la réduction des émissions de carbone en Amérique du Nord. En Colombie-Britannique, la taxe sur la pollution due au carbone instaurée par le gouvernement est la plus substantielle au Canada et aux États-Unis. On y a aussi adopté de nouvelles normes plus contraignantes d'efficacité des véhicules. Dans les provinces maritimes, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse ont amélioré leur position au classement grâce aux engagements pris par la première envers l'efficacité énergétique et l'énergie renouvelable, et à l'introduction par la seconde d'un niveau maximum d'émissions destiné à contraindre le secteur de la production d'énergie à réduire ses émissions.

À l'autre extrémité du classement, on trouve deux provinces qui sont responsables de 45 p. 100 des émissions de GES du Canada et de plus de 80 p. 100 de la croissance de ces émissions au cours des 20 dernières années. Pourtant, ces deux provinces ne représentent que 14 p. 100 de la population et 20 p. 100 de l'économie du pays. Plutôt que de chercher des moyens d'extraction des ressources plus responsables sur les plans social et environnemental, ces provinces ont préféré consacrer leurs énergies à faire du lobbying auprès de gouvernements étrangers pour accroître leurs exportations de combustibles fossiles. Ce faisant, elles encouragent la croissance des émissions pour des années à venir, elles se déchargent de leurs responsabilités environnementales sur les autres provinces... et elles s'assurent que personne ne viendra voler leur place dans les bas-fonds du classement de la Fondation David Suzuki.

Nous ne nommons personne, mais nous vous invitons à parcourir notre rapport pour en savoir plus. Vous pouvez aussi consulter notre carte interactive pratique qui présente les faits les plus importants.

À une époque où les effets des changements climatiques sont plus évidents que jamais, et ce à l'échelle mondiale, nous devons presser nos élus d'agir. Vous voulez contribuer au mouvement ? Participez à l'un des évènements locaux organisés dans le cadre de la Journée d'action sur les changements climatiques de 350.org, le 5 mai prochain. Ou participez à l'événement historique du 22avril.org le 22 avril prochain à 14h à Montréal pour souligner le Jour de la Terre.

12 avril 2012

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