Photo: Le 4 juin, Silence, on parle!

(Crédit : martisak via Flickr)

Par Peter Robinson, chef de la direction Fondation David Suzuki.

Ces derniers mois, les lois environnementales qui protègent l'extraordinaire patrimoine naturel de notre pays — notre air, l'eau, le sol et la trame de la vie — ont été vidées de leur substance. Parallèlement, ceux qui veulent protéger cet héritage naturel ont été la cible d'un effort sans précédent et concerté visant à discréditer, brimer et étouffer leurs voix.

Le 29 mars, le gouvernement fédéral est allé plus loin encore en se donnant les moyens de ses ambitions. Plutôt que de suivre les procédures prévues pour faire modifier les lois, et de permettre à nos représentants élus de tenir un débat approfondi, le gouvernement a enfoui une réforme de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale dans un gigantesque projet de loi omnibus sur le budget, le C-38.

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Ce projet de loi habilite le gouvernement fédéral à réprimer les organismes de bienfaisance — dont les groupes environnementaux — qui préconisent de meilleures lois et politiques, infirme les décisions de l'Office national de l'énergie, « rationalise » les études environnementales pour accélérer les processus d'approbation et, peut-être plus inquiétant encore, exclut les groupes de la société civile des examens environnementaux.

Les attaques contre les organismes environnementaux et l'affaiblissement en règle des processus d'évaluation environnementale ont pour but de réduire au silence ceux qui participent aux prises de décisions concernant les développements industriels à grande échelle. Non seulement est-ce antidémocratique, mais cela mine la capacité du gouvernement de prendre des décisions éclairées et de protéger l'environnement.

Les changements proposés aux lois canadiennes visent à affaiblir les réglementations environnementales et à réduire au silence les propriétaires fonciers, les entrepreneurs, les Premières Nations, les contribuables, les chercheurs, les organismes de bienfaisance et tous ceux qui veulent défendre l'environnement.

L'avenir de l'eau, de notre sol et du climat est menacé. La liberté de parole des citoyens est menacée. Pas question de se taire pour ceux qui se préoccupent de la protection de l'environnement et de la discussion démocratique.

Voilà pourquoi les principales organisations environnementales du pays conjuguent leurs efforts pour défendre le droit des citoyens qui ont à cœur la protection de l'environnement et la discussion démocratique de se faire entendre.

Notre campagne Silence, on parle (Black Out Speak Out en anglais) invite les organisations, les entreprises et les citoyens de tout le pays à plonger leurs sites Web dans le noir le lundi 4 juin et à prendre la parole contre le projet de loi C-38. Au cours des quatre prochaines semaines, les groupes environnementaux consolideront les appuis à cette campagne, invitant d'autres organismes, les groupes communautaires et de justice sociale et les citoyens du pays à se joindre à eux pour exprimer leurs inquiétudes face à l'érosion des valeurs canadiennes fondamentales.

Les organismes suivants participent à la campagne : Ecojustice, Environmental Defence, Équiterre, Fondation David Suzuki, Greenpeace Canada, Institut Pembina, Nature Canada, Sierra Club Canada, Société pour la nature et les parcs du Canada et World Wildlife Fund (WWF) Canada.

Nous arborons le noir pendant une journée, mais nous prendrons la parole aussi longtemps que nécessaire. Joignez-vous à nous le 4 juin 2012. Pour prendre part à la campagne, visitez silenceonparle.ca (blackoutspeakout.ca) et prenez la parole, vous aussi.

7 mai 2012

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