Photo: Le déclin de l'empire humain

(Crédit : Truthout.org via Flickr)

Par Jean-Patrick Toussaint, chef de projets scientifiques pour le Québec de la Fondation David Suzuki

Lorsque plusieurs économistes s'entendent pour dire que nous approchons d'une récession, que ce soit à une échelle nationale ou internationale, peu de gens doutent de leurs prévisions et vont même jusqu'à prendre les dispositions nécessaires afin d'en éviter les conséquences.

En contrepartie, lorsque les sommités scientifiques des quatre coins du globe nous préviennent que nous allons tout droit vers le précipice en ce qui concerne l'état la biosphère et notre capacité de continuer à habiter la seule planète que nous savons vivable, il semble alors que nous avons toutes les difficultés du monde à y croire.

Pourtant, telle est la réalité.

À l'aube du Sommet de Rio+20, visant à faire progresser l'équité sociale et à assurer la protection de l'environnement, des scientifiques de réputation internationale indiquaient récemment dans la revue Nature (anglais seulement) que le changement climatique, la croissance de la population mondiale et les dégâts causés à l'environnement pourraient nous mener à un point de non-retour quant à l'effondrement de l'écosystème de notre planète, et ce, en quelques générations à peine.

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Parallèlement, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) en arrive à un constat similaire en observant que nous sommes en train de détruire nos écosystèmes de telle sorte que cela affectera inévitablement nos sociétés humaines.

Le rythme auquel les espèces disparaissent est actuellement 1000 fois plus élevé que le rythme naturel d'extinction des espèces. Nous sommes entrés dans l'anthropocène — l'ère où l'homme est devenu une force de la nature en soi. Ceci est maintenant un fait bien accepté — même parmi les économistes! Avons-nous pourtant oublié que nous aussi sommes une espèce parmi tant d'autres et l'effondrement des écosystèmes mondiaux ne peut que nous emporter?

Ces constats peuvent sembler bien alarmistes. Pourtant, il ne s'agit pas ici d'être pessimiste ou prophète de la fin des temps. Il s'agit plutôt de prendre conscience de l'alarme que sonnent les experts du climat et des sciences de l'environnement et de se donner les moyens pour y réagir. Il faut transformer cette connaissance en volonté et la volonté en action.

Voilà déjà 20 ans que les scientifiques nous préviennent des changements irréversibles qui frappent à la porte de notre planète. Voilà déjà 20 ans que nous ne faisons que remettre le problème à plus tard. Vingt ans après le Sommet de la Terre de Rio, nous ne pouvons plus jouer à l'autruche.

Avant d'en arriver au déclin de « l'empire » humain, donnons-nous les moyens de changer la donne — nous en avons encore l'occasion. Il suffit que nous en ayons la volonté individuelle, collective et politique. En modifiant nos modèles de croissance insoutenables pour des modèles durables, basés sur des économies vertes et équitables, en faisant bon usage de nos ressources naturelles et en nous tournant vers une justice plus sociale, nous pouvons éviter ce point de non-retour.

11 juin 2012

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