Qu'avons-nous à célébrer pour la Journée mondiale des océans? | Le Nid du Colvert | Fondation David Suzuki
Photo: Qu'avons-nous à célébrer pour la Journée mondiale des océans?

(Crédit : ouistitis via Flickr)

Beaucoup de mes amis me demandent depuis plusieurs semaines si je me sens découragé par la situation que vivent plusieurs groupes environnementaux et scientifiques ici au Canada. À cette question je réponds toujours, à l'instar de David Suzuki, que je ne peux me permettre de désespérer et que ceux qui le sont, et bien, ont le droit de l'être, sans toutefois contrecarrer le travail que livrent les porteurs d'espoir.

Pourtant, considérant le climat politique dans lequel nous vivons présentement, il ne serait pas étonnant que l'espoir laisse place à l'amertume et à l'incrédulité étant donné que nos dirigeants semblent avoir perdu ces valeurs qui ont fait de nous un pays autrefois chef de file en matière d'environnement.

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Bien de l'encre a donc coulé depuis les dernières semaines concernant le projet de loi C-38, le bâillonnement des scientifiques à l'emploi du gouvernement fédéral, ainsi que les coupures de postes au sein de plusieurs ministères fédéraux. Et pourtant, il semble que nous ne soyons pas au bout de nos peines.

Parmi les ministères touchés par les coupures fédérales, Pêches et Océans ne fait pas exception. Plus près de chez nous, l'Institut Maurice Lamontagne (IML), phare scientifique de la recherche en biologie marine — particulièrement touchant le Saint-Laurent — se verra amputé de 8 de ses 11 chercheurs en écotoxicologie. L'implication? En coupant ces postes, tout un réseau de surveillance des effets biologiques des composés chimiques en milieu aquatique (p. ex. BPC, métaux lourds, pesticides, etc.) s'amenuise, mettant ainsi à risque la santé et la sécurité des espèces et des personnes qui dépendent de ce milieu de vie. Cette situation est d'autant plus inquiétante et embarrassante compte tenu que Pêches et Océans veut se doter d'un plan de rétablissement de la population de bélugas du Saint-Laurent; les bélugas étant aux prises avec de sérieux problèmes de contaminations par des polluants organiques persistants... tels que les BPC et hydrocarbures!

Or, puisque le golfe du Saint-Laurent est la cible de l'industrie pétrolière qui aimerait bien s'y implanter, et qui bénéficiera sans doute des allègements sur la loi canadienne sur l'évaluation environnementale proposés dans le projet de loi C-38 pour faciliter le déploiement de grands projets, nous sommes en droit de nous questionner sur la valeur que l'environnement et la science revêt aux yeux de ce gouvernement.

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Cette situation est non seulement attristante, mais aussi des plus paradoxales dans l'optique où nous célèbrerons sous peu la Journée mondiale des océans. Paradoxal puisque le Canada, bordé de trois océans, est l'instigateur du concept de cette journée... introduit lors du premier Sommet de la Terre de Rio en 1992! Difficile donc de célébrer cette journée alors que nous sommes en train de laisser tomber nos océans ainsi que la recherche qui nous permet de mieux les comprendre et d'en apprécier toute leur splendeur.

En ces temps difficiles, il en tient donc à vous et moi de perpétuer ce mouvement de défense des politiques et droits environnementaux que nos prédécesseurs ont su établir de par leurs convictions et leurs valeurs.

C'est pour cette raison que j'invite toujours mes amis à ne pas laisser primer découragement et désespoir, mais plutôt à faire preuve de leadership et d'audace en ne cessant de lutter pour ce qui nous tient à cœur et ce à quoi nous avons tous et toutes droit : un environnement sain et accessible à tous pour les générations présentes et futures!

Qui aime l'environnement me suive!

6 juin 2012

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