Photo: Inspirons nous de nos olympiens : passons à l'histoire pour le salut de notre biosphère!

(Crédit : Mike_fleming via Flickr)

Par Jean-Patrick Toussaint, Chef Projets Scientifiques

Alors que les Jeux olympiques viennent tout juste prendre fin, peut-être devrions-nous prendre un instant afin d'avoir une réflexion sur ce grand rassemblement planétaire, et des leçons que nous pouvons en tirer. Les Jeux olympiques représentent sans équivoque un point focal où le temps semble s'arrêter et les nations du monde entier se rallient pour une cause commune : soutenir leurs athlètes et célébrer leurs prouesses, leur courage et leur détermination.

Alors que notre planète entière est la proie de transformations sans précédant depuis plus d'un siècle (la plupart d'origine humaine), ne devrait-il pas en être de même quant à la capacité de l'humanité de se rallier autour d'une cause commune : l'état de notre planète et notre capacité à l'habiter pour les siècles à venir?

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Nos écosystèmes et notre biosphère s'effondrent

Notre planète a vécu plusieurs changements majeurs depuis sa formation. Depuis l'apparition de la vie sur Terre, de nombreux évènements d'extinctions de masse des espèces ont également eu lieu (ils sont au nombre de cinq) — le plus récent s'étant produit au Crétacé, avec la disparition des dinosaures, ce qui a permis aux mammifères (dont l'Homo sapiens) de dominer la planète.

Dans un récent billet de blogue, j'expliquais qu'un groupe de scientifiques avait publié dans la revue Nature (anglais seulement) un article plutôt inquiétant dévoilant que nous nous dirigeons vers un point de non-retour (si ce n'est pas déjà enclenché) quant à l'effondrement de l'écosystème global de la biosphère. Pire encore, les scientifiques sont d'avis que l'étendue des perturbations locales et globales, engendrées par l'activité humaine, est beaucoup plus grande que celle caractérisée par les dernières grandes perturbations... rien de moins!

Il est difficile d'imaginer que nous puissions être responsables de changements aussi drastiques. D'autant plus difficile à imaginer compte-tenu qu'on nous averti depuis belle lurette de ces changements sans que ceux-ci soient facilement observables en l'espace d'une vie humaine. Pourtant, cette tendance est portée à changer — à titre d'exemples : zones mortes dans les océans, perte accélérée de la biodiversité, événements météorologiques extrêmes plus fréquents, etc. En l'espace d'à peine quelques décennies, notre espèce se voit sur le point d'engendrer des changements aussi sévères et irréversibles que ceux s'étant produit il y a de cela des millions d'années, et qui ont mis des dizaines de milliers d'années à se produire !

Pourquoi ne pas s'inspirer de nos Olympiens?

Il ne fait aucun doute que les Jeux olympiques rassemblent les gens d'un même pays, peu importe leurs allégeances politiques. Ne pourrait-on pas en faire de même pour améliorer l'état actuel de notre biosphère? La décrépitude de nos écosystèmes devrait faire vibrer en nous notre fibre identitaire humaine et nous unir d'une même voix afin que nous fassions preuve de courage et de détermination, à l'instar de nos Olympiens, pour ramener notre biosphère à des conditions viables.

Bien sûr, cela exigera des efforts considérables : ralentir la croissance de la population, de même que notre consommation de ressources per capita, augmenter notre apport d'énergies renouvelables, devenir plus efficaces là où l'utilisation de combustibles fossiles demeure inévitable, améliorer l'efficacité et la gestion de nos ressources et de la biodiversité, etc. Mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle afin de nous assurer d'une place sur le podium de la biodiversité terrestre pour les siècles à venir?

16 août 2012

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1 commentaire

03 septembre, 2012
01:25

Chers (es) Amis(es), Je viens de lire votre article qui est très intéressant et mentionne nos difficultés actuelles pour une harmonie avec notre berceau qu'est la planète Terre. C'est le berceau de la vie qui est en danger car les premiers regards sont importanst sur la découverte de notre monde. Mais bien plus,notre fonctionnement intime et biologique très près des éléments de ce milieu nous introduisent dans un monde où l'environnement et la terre doivent être sacrés. Ne rien altérer devient un grand devoir car la terre a une mémoire et elle détient dans l'infiniment petit les résonances et les mémoires des formes issues des temps créatifs et évolutifs.Faisons attention de ne pas développer anti-vie qui en rien de temps nous rayerait à tout jamais du vivant. Seules nos consciences peuvent nous sauver de ces destructions généralisées. Merci pour cet article et recevez ,chers Amis du Canada,mes sentiments les plus sincères et expressifs.

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