Le Saint-Laurent, notre soif et la sienne | Le Nid du Colvert | Fondation David Suzuki
Photo: Le Saint-Laurent, notre soif et la sienne

En entrant dans le golfe du Saint-Laurent par la porte de derrière, j'anticipais sa rencontre, j'avais soif de lui. Je le reconnaissais à peine tellement l'Atlantique avait habitué mon regard aux grands espaces et la brume aux plus petits. Notre entrée dans le Saint-Laurent marquait un premier mois de navigation à la voile sur l'Atlantique entre la France, le Groenland et le Canada.

Les escales alors effectuées dans les eaux du golfe nous ont plongés dans son histoire unique. À Terre-Neuve, l'Anse-au-Meadow, soit le premier village Viking reconnu en Amérique du nord, nous a accueillis sur une note historique à laquelle on ne pouvait rester insensible. Il y a 1000 ans, cet endroit particulier, situé tout juste à l'entrée du Saint-Laurent, marquait un pas important dans l'histoire de l'Homme. Ce lieu unique boucle le parcours que l'humanité a formé autour de la planète. Deux branches distinctes d'individus, les Vikings et les Autochtones d'Amérique, séparées à même le berceau de l'humanité sur le continent africain 100 000 ans plus tôt, bouclaient un cercle complet de la planète en se rencontrant en ce lieu.

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Au Labrador, Red Bay, ancienne station de chasse à la baleine, fourmillait d'informations quant aux basques qui sont venus y chasser la baleine 500 ans plus tôt. Bien avant Jacques Cartier, le Saint-Laurent se faisait discret de ses richesses et ne les partageait qu'avec ceux ayant suffisamment de cran et de courage pour se rendre jusqu'à lui.

Après avoir passé une semaine entre Belle Isle, Terre-Neuve, le Labrador et Anticosti et avoir traversé plus de 1000 ans d'histoire en deux escales, l'accent acadien de Havre Saint-Pierre marquait pour moi une arrivée en terre connue. En naviguant dans le chenal de Mingan, j'ai enfin reconnu le Saint-Laurent de par ses marsouins apparaissant à fleur d'eau sous leur petite dorsale foncée, par ses rorquals communs et ses loups-marins en grande quantité.

Durant mon escapade de six semaines sur l'Atlantique et les eaux du Saint-Laurent, l'état de santé du fleuve faisait la une. Même depuis les rigueurs froides du Groenland et ce même au milieu de l'Atlantique, j'avais écho de l'été chaud et sec qu'a connu le Québec durant l'été.

Depuis mon retour, je prend connaissance des mauvaises nouvelles sur l'état de santé du Saint-Laurent; record du plus bas niveau d'eau enregistré depuis plusieurs décennies, mort mystérieuse de nombreux bélugas, diminution drastique du taux de survie des poussins de fous de Bassan de l'Île Bonaventure, chute de la population d'anguille au Lac Saint-Pierre, débalancement sur la distribution, l'abondance, les habitudes, la présence et le taux de survie de plusieurs espèces tels que le brochet, la perchaude, l'esturgeon, le doré et même le lançon dont se nourri le béluga.

Par tous ces symptômes, le Saint-Laurent témoigne de son piètre état de santé. Son état actuel influence des centaines d'espèces et plusieurs écosystèmes dont le nôtre. Le peu de précipitations a donné soif au Saint-Laurent cet été et ce facteur nous rappelle à quel point le fleuve est fragile.

À travers l'histoire, le Saint-Laurent nous a nourris, servis, gâtés et a su assurer notre pérennité et permettre notre survie. Afin de maintenir un transport maritime adéquat, nous permettre des échanges commerciaux et fournir l'eau potable essentielle à des millions de québécois il est indispensable de reconnaitre le Saint-Laurent pour ce qu'il est; indispensable à la vie. Le fleuve coule non seulement dans nos veines mais aussi à travers les maillons de notre économie, il est primordial de mieux préserver son équilibre et de prendre en charge sa santé et par le fait même; la nôtre.

28 septembre 2012

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1 commentaire

28 septembre, 2012
12:19

Oui oui je lai vue en aout dove mafait la surprise de ce voyage de louest 132 dea -z puis jai vecu se que du dit ya 15yennavait plus deau oui pauvre st laurent ont na couchee a perce a matane puis tout le temps de mes court trois jour jadmirais se qui reste du nord ouest et sud ouest splendide mais sitriste ihear u david ithink of this everymomentcour st laurence i hear seems to calll for help the ecosystem is gettin more n more fragile indeed n those sattelite n rimouski marine area seemed fishhhhy to meididnt get a good vibe nor hydro there destroyers itook somany pica of of all ouest waters. n landscapes that r left like 1000 n over so if when to get old ican n remember when it was once :/ though water n nature is calling us humanity neglects kyoto

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