Le temps est venu de donner le coup de grâce à l'industrie de l'amiante au Canada | Le Nid du Colvert | Fondation David Suzuki
Photo: Le temps est venu de donner le coup de grâce à l'industrie de l'amiante au Canada

(Crédit : LHOON via Flickr)

Lors de la récente campagne électorale, la chef du Parti Québécois Pauline Marois avait promis de mettre terme à l'industrie de l'amiante au Québec en annulant un prêt de 58 M$ que le Parti Libéral du Québec sous Jean Charest avait consenti afin de relancer les opérations de la Mine Jeffrey. La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé qu'il cesserait de s'objecter aux efforts internationaux visant à inscrire l'amiante chrysolite comme une substance dangereuse en vertu de la Convention Rotterdam. Le gouvernement fédéral a également promis d'investir 50 millions pour la diversification de l'économie de la région d'Asbestos.

Si les opérations de la mine étaient relancées — et les représentants de la compagnie indiquent qu'ils iront tout de même de l'avant avec leur plan — près de 200 000 tonnes d'amiante par an seraient extraites au cours des vingt prochaines années pour être exportées dans des pays en développement en Asie. L'amiante est rarement utilisé au Canada, parce que les autorités de la santé publique savent que ce minerai cause le cancer lorsque ses fibres sont inhalées. En ce moment même, le gouvernement fédéral dépense des millions pour enlever l'isolant d'amiante des bâtiments sur la colline du Parlement.

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Mondialement, on estime que l'exposition à l'amiante provoque plus de 90 000 décès évitables chaque année. Quelques 40 pays ont interdit l'amiante, y compris tous les États membres de l'Union européenne. La fin du soutien financier à l'industrie de l'amiante au pays est une bonne nouvelle en soi, mais cela n'est pas suffisant. Le Canada doit maintenant interdire de manière permanente l'extraction et l'exportation de cette substance mortelle.

L'industrie de l'amiante est moribonde. L'amiante est interdit dans un nombre croissant de pays autour du monde, et il a tué 373 travailleurs québécois entre 2007 et 2010. Le nombre de décès au cours de cette période de trois ans est presque aussi élevé que le nombre d'emplois (450) que la Mine Jeffrey promet de créer. Un décès par emploi, sans compter que la population québécoise continue d'être exposée à l'amiante dans de nombreux édifices publics. Cela inclut nos enfants dans leurs écoles.

S'il a à cœur la santé et la sécurité des Québécois, le nouveau gouvernement du Québec tiendra sa promesse d'annuler le prêt consenti à la Mine Jeffrey et réinvestira ces 58 millions dans la décontamination de nos écoles, ce qui créerait assurément de bons emplois à travers le Québec tout en protégeant la santé publique. Il devrait également travailler avec le gouvernement fédéral pour s'assurer que l'industrie de l'amiante mise au rancart pour de bon. Il en va de notre santé et de celle de nos enfants.

20 septembre 2012

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