Élections municipales : Une vague verte prend forme dans le Grand Montréal | Le Nid du Colvert | Fondation David Suzuki
Photo: Élections municipales : Une vague verte prend forme dans le Grand Montréal

(Crédit : gagstreet via Flickr)

Par: Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki

Depuis des années, des citoyens de Saint-Bruno de Montarville se battent pour protéger le boisé des Hirondelles, un milieu unique à la lisière du parc du Mont Saint-Bruno, contre le développement de résidences cossues. On se souviendra que plusieurs d'entre eux ont été expulsés des séances du Conseil municipal l'hiver dernier alors que le maire Claude Benjamin faisait intervenir la police pour les réduire au silence. Cela ne se reproduira plus. Le 3 novembre dernier, les citoyens de Saint-Bruno ont porté au pouvoir ceux qui ont défendu le boisé des Hirondelles. Le message envoyé est clair : la destruction des milieux naturels, la complaisance envers les promoteurs immobiliers et le mépris des citoyens peuvent coûter aux élus municipaux leur réélection.

Inscrivez-vous à notre bulletin

Le nouveau maire, Martin Murray, a annoncé son intention de : « donner à la Ville un plan de conservation des milieux naturels et ainsi protéger les marais, boisés, ruisseaux et leurs rives. Ce qui s'inscrit dans le respect et la continuité du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD). » Il s'engage également « à ne pas entreprendre de développement domiciliaire sur l'ensemble du territoire jusqu'à l'adoption d'un nouveau plan d'urbanisme. »

Le cas de Saint-Bruno n'est pas le seul. À Carignan, les citoyens ont élu René Fournier et son équipe qui comprend plusieurs citoyens actifs dans la protection des milieux naturels. On peut croire que la saga de l'ile aux Foins, menacée de développement par un promoteur immobilier a influencé le choix des électeurs.

Ailleurs, des élus municipaux dont le bilan en matière de protection des milieux naturels et de verdissement urbain est plus que positif ont été réélus. On pense ici à la Mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, qui a été réélue avec un appui massif des citoyens, au maire Jean Martel, réélu à Boucherville et au maire Paul Leduc de Brossard, lui aussi réélu, ce qui permettra aux villes de Brossard et de Boucherville de poursuivre leurs efforts en matière de protection des milieux naturels.

Montréal n'est pas en reste : les administrations de Projet Montréal sur le Plateau Mont-Royal et dans Rosemont-Petite-Patrie ont été réélues avec des majorités accrues, le parti faisant aussi des percées historiques dans plusieurs autres arrondissements avec un programme de verdissement urbain ambitieux. On doit également saluer la réélection du maire Benoît Dorais, dans le Sud-Ouest, sous la bannière de Coalition Montréal qui a à son bilan le premier Woonerf de Montréal.

À Laval, le départ du Maire Vaillancourt a mis fin à deux décennies de saccage environnemental alimenté par une corruption endémique. Il est trop tôt pour juger des orientations du nouveau maire, mais on peut espérer que Laval prenne exemple sur Longueuil et obtienne rapidement des résultats pour protéger ce qui lui reste de milieux naturels.

Quel bilan tirer de tout cela? De plus en plus de citoyens associent directement la protection des milieux naturels à leur qualité de vie et sont prêts à investir l'arène municipale pour s'assurer de protéger l'une comme l'autre. De plus, dans des élections chaudement contestées avec de faibles taux de participation, la mobilisation citoyenne pour protéger des milieux naturels peut faire une différence entre une victoire et une défaite.

Quelques villes et arrondissements sur l'ensemble de la CMM qui en compte plus de 80, c'est encore peu, mais ne sous-estimons pas le pouvoir de contagion de cette nouvelle vague verte. Je fais le pari que d'ici la prochaine élection, en 2017, elle sera devenue la norme.

21 novembre 2013

Ajoutez un commentaire


La Fondation David Suzuki n'endosse pas nécessairement les commentaires affichés par le public sur son site Web. La Fondation se réserve le droit de refuser la publication de commentaires qui pourraient être perçus comme offensant ou qui vont à l'encontre des principes directeurs qui régissent les organismes de bienfaisance. Veuillez noter que tous les commentaires sont relus avant d'être publiés.