Photo: Les environnementalistes, à quoi ça sert?

Crédit : André Querry via Flickr

Par Jean-Patrick Toussaint, Ph.D., Chef des projets scientifiques

« On sait bien, eux-autres, tout ce qu'ils font c'est chialer et dire non à tout »!

Voilà une prémisse qu'il m'a souvent été donné de lire ou d'entendre à l'égard des groupes et militants environnementaux — les « écolos ». Pour être de bonne guerre, je peux comprendre que ce qui est perçu par le grand public est l'opposition fréquente des environnementalistes à certains projets — d'autant plus que c'est ce qui est le plus régulièrement rapporté dans les médias.

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Ce qui est peut-être moins perceptible pour les Québécois et Québécoises toutefois est tout le travail de recherche, d'analyse et de suivi de dossiers qui se cache derrière les actions et, oui, les propositions de solutions environnementales mises de l'avant par les environnementalistes. J'en sais quelque chose! Avant d'être moi-même un de ces « environnementalistes», je menais ma vie d'académicien, absorbé par mes recherches scientifiques et mes petits problèmes quotidiens. Je suivais l'actualité de manière générale, certes avec un intérêt marqué pour l'environnement...mais sans plus.

Depuis que j'œuvre au sein d'un des groupes environnementaux les plus respecté au Québec et au Canada, je suis le témoin, aux premières loges, de l'ampleur de la charge de travail et tout le dévouement de la poignée de personnes qui cherchent à promouvoir la protection de l'environnement duquel nous dépendons tous et toutes pour notre prospérité sociale et économique. Les environnementalistes sont en quelque sorte les « chiens de garde » de l'environnement — ce qui n'est pas un travail de tout repos (ni toujours gratifiant), considérant la multitude de dossiers à suivre et la rapidité à laquelle les projets à fort impact environnemental se multiplient.

L'exemple le plus probant pour illustrer mes propos est sans doute toute la question entourant la construction d'un port pétrolier à Cacouna, au cœur même de la pouponnière des bélugas — espèce emblématique du Saint-Laurent qui est menacée et qui se doit d'être protégée par la loi sur les espèces en péril. Autre exemple : si ce n'était du travail d'une poignée d'environnementalistes et bénévoles, le golfe du Saint-Laurent — écosystème fragile dont dépendent les communautés côtières de cinq provinces — aurait possiblement déjà été ouvert à l'industrie pétrolière afin d'y explorer/exploiter des hydrocarbures.

Mon constat de ces dernières années à œuvrer au sein d'un groupe « écolo »?

Force est d'admettre que sur les dossiers environnementaux, ce sont bien souvent les environnementalistes qui forcent les gouvernements à faire respecter leurs propres lois, en plus d'éveiller la conscience citoyenne face aux enjeux pouvant atteindre leur droit à un environnement sain. Notre travail ne se résume donc pas qu'à « chialer » ou « s'opposer à tout », mais bien de veiller à ce que notre environnement soit sain — tout simplement! Voilà pourquoi les environnementalistes cherchent à promouvoir des solutions afin de vivre dans un monde, une biosphère, aux limites finies. Le droit à de l'air et de l'eau purs, à des sols riches et fertiles, devrait être un droit fondamental. C'est ce à quoi se consacrent des centaines de personnes tous les jours — ces fameux « écolos » : préserver notre qualité de vie maintenant et pour les générations futures.

Voilà pourquoi j'ai décidé de partager mon savoir et ma capacité d'analyse scientifiques afin de protéger ce qu'il y a, selon moi, de plus précieux en ce monde : notre demeure, notre planète. C'est la seule que nous ayons. C'est la seule où la vie, telle que nous la connaissons, est possible. J'aimerais donc pouvoir dire un jour à mon fils que j'aurai fait tout ce que j'ai pu pour lui léguer un environnement relativement sain et prospère. Et ce, au risque d'être étiqueté comme étant un « écolo ».

25 septembre 2014

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