Affichages récents dans Vert santé
La santé environnementale est une question de justice intergénérationnelle
(Credit: Peggy Olive)
Peggy Olive est une scientifique émérite à la British Columbia Cancer Agency. Ses recherches ont porté principalement sur l'utilisation des dommages à l'ADN afin de prédire la façon dont les patients vont répondre aux traitements contre le cancer. Elle s'implique auprès des Aînés de Suzuki. Cette association de bénévoles, qui se considèrent comme « ainées », travaille en collaboration avec la Fondation David Suzuki pour faire du mentorat autant auprès d'autres aînés qu'auprès des générations qui suivent de motiver et d'appuyer ceux-ci dans leurs dialogues et leurs gestes portant sur les questions environnementales. Vert Santé à demander à Dre Olive de nous faire part de ses opinions sur le côté intergénérationnel des questions portant sur la santé et l'environnement.
Vert Santé : Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir bénévole auprès des Aînés de Suzuki?
Dre Olive : Un matin de novembre 2009, j'étais à peine sortie du lit lorsque j'ai entendu l'animateur de l'émission matinale de la CBC à Vancouver, Rick Cluff, faire l'annonce d'une réunion ce jour même à la bibliothèque municipale de Vancouver. Les Aînés de Suzuki tenaient un forum portant sur les aînés et l'environnement. Même si je faisais du bénévolat pour la Fondation David Suzuki depuis que j'avais pris ma retraite cette année-là, je n'avais jamais entendu parler de ce groupe. J'ai donc décidé de participer à cette rencontre. C'est ce qui m'a poussée à me joindre à l' Association des aînés de Suzuki (en anglais seulement), avec l'intention de me motiver, ainsi que d'autres, à poser des gestes sur ce qui touche les questions environnementales critiques. Nous avons récemment organisé, avec succès, un deuxième forum, et le nombre d'adhérents à notre groupe ne cesse de croître.
Continuer »Gérer les émotions liées aux changements climatiques: une affaire de famille
Michael Ocana est un pédopsychiatre de Kelowna, Colombie-Britannique, qui porte un intérêt particulier aux problèmes climatiques. Docs Talk a demandé à M. Ocana de partager ses idées sur les façons de prendre soin de notre santé mentale face aux défis environnementaux et de mieux soutenir nos enfants tout au long de leur développement dans un monde en changement.
Vert Santé: Quelles sont les émotions liées à notre réaction face à la crise climatique?
Dr Ocana : Premièrement, j'ai constaté qu'il nous est très difficile de prendre conscience des modifications que les changements climatiques apporteront. Pas facile d'imaginer que le monde qu'habiteront nos enfants et petits-enfants puisse être profondément différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. Lorsque nous parvenons à nous l'imaginer, il est possible que nous éprouvions des émotions telles que la tristesse, la colère, la frustration, l'angoisse et la culpabilité. Gérer toute cette gamme d'émotions n'est pas une mince affaire. Notre culture n'est pas sans comporter une certaine pression sociale qui veut que nous « pensions de manière positive » et « faisions preuve de courage » face à l'adversité. Il est également possible que nous ayons à faire face à la résistance des autres dans nos débats intérieurs avec cette nouvelle prise de conscience. Dans nos sociétés modernes, il est rare que nous ayons accès à un réseau social qui puisse nous aider à accepter et faire face à ce type d'émotion. Le pouvoir d'un individu à influencer le cours des choses semble être très limité. Il est très facile de renoncer en croyant que toute action que nous pouvons entreprendre serait de toute façon dénuée de sens. Pourtant, nous avons bel et bien le pouvoir d'influencer les choses, aussi limité que puisse être ce pouvoir. Nous ne pouvons pas nous oublier complètement nos responsabilités collectives. Ceci représente un contexte susceptible de provoquer des sentiments de culpabilité, de même que des dissonances cognitives. On peut même se sentir comme s'il fallait choisir entre le déni, la chute dans l'angoisse et la paranoïa. La ligne qui sépare ces deux extrêmes peut parfois être très fine.
Continuer »Les interdictions de pesticides sont bénéfiques pour l'environnement et pour la population
(Credit: OlivIreland via Flickr)
Cathy Vakil est médecin de famille au département de médecine familiale de l'université Queen's à Kingston en Ontario. Elle siège au comité de santé environnementale du Ontario College of Family Physicians et au conseil d'administration de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement. Elle est coauteure de l'analyse documentaire axée sur les études sur les pesticides intitulée « Pesticide Literature Review » publiée en 2004 par le Ontario College of Family Physicians. À la suite de sa dernière contribution à notre série Vert Santé, nous avons demandé à la Dre Vakil de partager ses idées face aux développements scientifiques et politiques portant sur l'enjeu des pesticides.
Vert Santé : Qu'est-ce qui vous a motivé à vous pencher sur la question des pesticides?
Dre Vakil : Pour les médecins de famille, la médecine préventive est la meilleure démarche pour faire face aux problèmes de santé de nos patients. Un environnement sain est essentiel pour maintenir une population en santé. Il existe depuis plusieurs décennies d'importantes controverses concernant les effets des pesticides sur la santé, particulièrement en ce qui concerne le cancer, surtout chez les enfants. L'enjeu était devenu encore plus important pour moi lorsque j'ai compris que les contaminants sur les aliments que mangeaient mes propres jeunes enfants pourraient avoir des effets nocifs. C'est ainsi que je suis devenue intéressée à la recherche sur les effets des pesticides sur la santé.
Vert Santé : De quelle façon les pesticides peuvent-t-ils avoir un impact sur la santé?
Dre Vakil : Les pesticides peuvent causer des cancers (dont le lymphome, la leucémie, le cancer du cerveau et de la prostate), des retards de développement chez les enfants, des problèmes respiratoires tels que l'asthme, des maladies neurologiques telles que la maladie de Parkinson, des déficiences congénitales et des problèmes de reproduction chez les couples voulant fonder une famille. Depuis les années 60, de nombreuses études ont souligné ce que les recherches menées au cours des dernières décennies ne cessent de confirmer : il existe un lien entre l'exposition aux pesticides et ces maladies.
Continuer »Branché sur la nature
(Crédit : cyclotourist via Flickr)
Alan C. Logan est diplômé du Collège Canadien de Médecine Naturopathique et membre invité du corps professoral de la formation médicale continue de la Faculté de médecine de l'université Harvard. Son dernier livre, écrit en collaboration avec la médecin Eva Selhub de la Faculté de médecine de Harvard, explore les connexions entre la nature, la santé humaine et le bonheur. « Your Brain, On Nature: The science of nature's influence on your health, happiness and vitality » sera publié chez John Wiley Inc., au printemps 2012.
Vert Santé : Qu'est-ce qui arrive lorsque notre cerveau est « branché sur la nature»?
Dr Logan : On entend couramment les gens dire que passer du temps dans la nature leur fait du bien. Une série d'études scientifiques récentes sont venues confirmer ces impressions. Des techniques sophistiquées d'imagerie cérébrale ont montré que lorsque des adultes en pleine santé visionnent des scènes de nature avec une végétation luxuriante, les régions du cerveau associées à la stabilité émotionnelle, à l'empathie et à l'amour sont plus actives. Les mêmes circuits sont activés quand une personne regarde des photos d'un être cher. À l'inverse, regarder des scènes représentant des bâtiments urbains augmente de manière significative l'activité de l'amygdale, une région du cerveau associée à la peur et au stress. Ces résultats viennent appuyer des études précédentes ayant démontré que des scènes de nature pouvaient augmenter l'activité des ondes cérébrales de façon à engendrer des bienfaits similaires à ceux que procure la méditation.
Vert Santé : Comment la vie au quotidien empêche-t-elle notre cerveau de retirer ces bienfaits?
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Dr Logan : Nous nous sommes éloignés de la nature à mesure que nous nous rapprochions de nos écrans. Même quand les gens sont physiquement dans un espace vert, ils sont souvent « absents », dans le sens où leur cerveau est ailleurs : l'envoi ou la réception de messages textes et le fait d'avoir les yeux fixés sur un téléphone intelligent captivent toute l'attention du cerveau, ce qui l'entraine « ailleurs ». Nous sommes en quelque sorte noyés dans un océan de médias de divertissement et d'« infotoxicité ». Nous extirper du vortex d'information est difficile, car « l'information », même de qualité douteuse, possède un très grand pouvoir d'attraction. En réalité, la technologie accomplit des choses merveilleuses, elle n'est pas « mauvaise » en soi. Cependant, une surutilisation de gadgets technologiques représente un facteur-clé dans le processus de dilution des bienfaits que la nature peut procurer.
Vert Santé : Qu'est-ce que la science peut nous dire à propos de la connexion entre la nature et un cerveau en santé?
Dr Logan : Laissez-moi mettre en lumière un certain nombre de résultats obtenus dernièrement. Des études récentes mettant à profit des données sur l'utilisation du territoire et la technologie satellitaire ont rapporté que l'accès à des espaces verts, dans un rayon d'un kilomètre autour de la résidence, était associé à une meilleure santé mentale. En effet, des études populationnelles à grande échelle ont montré que ceux qui avaient accès à moins d'espaces verts à l'intérieur d'un rayon d'un kilomètre autour de leur résidence étaient 25 plus susceptibles d'être victimes de dépression, et 30 plus à risque de souffrir de désordres anxieux. Plusieurs études effectuées au Japon ont démontré que passer du temps en forêt pouvait diminuer le stress, améliorer l'état d'esprit et diminuer les niveaux d'hormone de stress (cortisol). Des études indépendantes ont montré que des effets similaires sur la fonction cognitive pouvaient être observés lors de courts séjours dans la nature. Il a été démontré que passer seulement 20 minutes dans une nature luxuriante augmentait la vitalité. Comme la vitalité est définie dans le lexique de la psychologie comme la force émotionnelle face aux conflits internes et externes, et qu'elle correspond à aborder la vie avec enthousiasme et entrain, les implications pour la santé personnelle et la santé de la planète sont énormes.
Vert Santé : Quelle a été la plus gosse surprise lors de vos recherches pour ce livre?
Dr Logan : J'ai été frappé par le volume considérable de recherches publiées sur ce sujet. Alors que les études s'effectuaient au compte-goutte vers la fin des années 1970, les recherches se sont multipliées de façon exponentielle au cours des dernières années. C'est fascinant de voir à quel point les résultats expérimentaux montrant que la nature est une variable capable d'influencer le comportement et la cognition sont convaincants. Par exemple, une étude effectuée à l'échelle du pays au Royaume-Uni, publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, a généré des données tout à fait étonnantes selon lesquelles les espaces verts permettraient le nivellement des inégalités dans le domaine de la santé. L'étude note une disparité significative dans le domaine de la santé selon le placement sur l'échelle socio-économique. Cette disparité augmente lorsqu'un faible revenu est associé à un accès restreint aux espaces verts. En revanche, l'écart se réduit lorsque les personnes à faible revenu ont accès à des espaces verts à proximité de leur résidence. Les espaces verts aideraient donc à combler le fossé entre la santé des plus riches et celle des plus démunis.
Vert Santé : Que recommandez-vous pour que les gens se branchent à nouveau sur la nature?
Dr Logan : Nous devons faire pression sur les politiciens et les responsables de l'aménagement du territoire afin que la priorité soit mise de façon constante sur l'accès aux espaces verts, à mesure que nos villes continuent à s'étaler. J'ai bon espoir que les données récentes démontrant les bienfaits de la nature sur la santé mentale vont se révéler utiles dans le processus.
Comme individus, nous pouvons adopter des comportements qui favorisent une connexion avec la nature, en commençant par faire des efforts pour fréquenter les espaces verts. Être attentif au moment présent permet de faire la différence entre simplement s'exposer aux espaces verts et en retirer les bienfaits complets au niveau de la santé mentale.
Il y a plusieurs façons de se connecter avec la nature de façon pleinement consciente — 20 minutes de répit dans un parc urbain à l'écart du bureau ou de l'école, de jardinage communautaire ou personnel, de bénévolat en environnement, d'interaction avec des animaux, et à l'autre bout du spectre, d'aventure ou d'excursion en plein air, dans ce qu'on appelle la « nature sauvage ». Évidemment, ceci implique de prendre une pause de la technologie, et d'éteindre nos écrans et téléphones intelligents.
Vert Santé : Pensez-vous que votre recherche peut nous aider à faire face aux défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés?
Dr Logan : Il y a de bonnes raisons de croire qu'un contact renouvelé avec la nature est susceptible de nourrir une plus grande préoccupation pour l'environnement. Plusieurs études ont démontré qu'un réel contact avec la nature, particulièrement pendant l'enfance, est un des meilleurs indices d'attitude pro-environnementale. La bonne nouvelle, c'est que peu importe l'âge, il est possible d'établir un lien privilégié avec la nature, et cette connexion améliorée se manifeste par un intérêt plus marqué envers les causes environnementales. Le chainon manquant réside dans la prise de conscience des vertus revitalisantes de la nature, mais, heureusement il est possible remédier à la situation. Une compréhension plus approfondie du potentiel de la nature à exercer une influence positive sur la santé mentale pourrait devenir le catalyseur de changements importants.
Changements climatiques : au cœur du problème
(Crédit : Juise via Flickr)
Bradley J. Dibble est cardiologue à Barrie et Newmarket en Ontario. En plus de mettre l'emphase sur la gestion des facteurs de risque et sur la médecine préventive dans sa pratique, il porte un intérêt spécial aux questions environnementales et à la crise climatique. En 2009, il a été nommé par le ministre fédéral de l'Environnement au sein du Conseil consultatif sur le développement durable et il fait partie des Éco-leaders de l'Association Canadienne des Médecins pour l'Environnement (ACME). Le Dr Dibble a écrit un livre sur la crise climatique, intitulé Comprehending the Climate Crisis, qui sera publié plus tard cette année. Vert santé a demandé au Dr Dibble de partager son point de vue sur les changements climatiques.
Vert santé: En tant que cardiologue, qu'est-ce qui a suscité votre intérêt envers le problème des changements climatiques?
Dr Dibble: Premièrement, mes questionnements par rapport aux changements climatiques proviennent principalement du fait que je suis un citoyen préoccupé par l'avenir de ma planète. Ensuite, en tant que médecin, je dois soigner les malades, mais j'ai aussi un devoir de prévention. Ce devoir doit s'étendre à toute la population et pas seulement aux gens que je reçois en consultation. De plus, les patients souffrant de problèmes respiratoires ou cardiovasculaires sont particulièrement sensibles aux changements de température et d'humidité, donc plusieurs de mes patients seront parmi les plus touchés par les effets néfastes des changements climatiques sur la santé.
Vert santé: Quels effets les changements climatiques pourraient-ils avoir sur la «santé cardiaque » des Canadiens?
Dr Dibble: Les études ont démontré que les risques de crises cardiaques et de décès sont augmentés par des hausses de chaleur et d'humidité, plus spécialement chez les gens souffrants ou à risque de souffrir de maladies cardiovasculaires, notamment les ainés. Pendant les journées chaudes et humides, nous conseillons à ces individus de rester le plus possible au frais et de bien s'hydrater. Si le réchauffement climatique se poursuit selon les prévisions — considérant que 10 des 11 dernières années sont parmi les plus chaudes jamais enregistrées — alors, de plus en plus de gens verront leur santé affectée.
De plus, les températures plus chaudes associées aux changements climatiques sont susceptibles d'exacerber les problèmes de la qualité de l'air. Plus particulièrement, la formation d'ozone au niveau du sol, un composant du smog, dépend de la température. Les scénarios de changements climatiques prévoient des concentrations croissantes de ce gaz, ce qui entrainera des effets majeurs sur la santé humaine. Déjà, 5.5% des décès reliés à des maladies cardiaques et pulmonaires au Canada peuvent être attribués à une exposition à l'ozone, et les niveaux de ce gaz n'ont cessé d'augmenter au cours de la dernière décennie. Si la tendance se maintient, cette situation ira en empirant.
Vert santé : En tant que médecin, quels sont les autres impacts des changements climatiques qui vous préoccupent?
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Dr Dibble : Il y en a trop pour les énumérer tous, mais je vais en souligner quelques-uns qui m'inquiètent particulièrement. Le premier concerne les vecteurs de maladies comme les moustiques impliqués dans la transmission de la malaria. Les régions où sévissent ces moustiques sont appelées à s'étendre à mesure que la température augmente sur la planète. Les 250 millions de personnes infectées chaque année pourraient facilement être deux fois plus nombreuses dans les années à venir. Plusieurs autres maladies transmises par des vecteurs pourraient de la même manière être propagées sur de plus grands territoires. Un exemple plus près de nous, qui touche directement les Canadiens, est la maladie de Lyme. Un de ses vecteurs de transmission est la tique du chevreuil, dont le territoire est également appelé à s'étendre en raison des changements climatiques.
Une autre de mes préoccupations est le cout financier des changements climatiques. Quand on réalise que l'ouragan Katrina a couté plus de 80 milliards de dollars et que les phénomènes climatiques extrêmes sont susceptibles de devenir plus courants en raison du réchauffement climatique, il en résulte que l'argent dépensé pour faire face à ces catastrophes ne sera plus disponible pour financer, par exemple, les soins de santé.
Vert santé : Étant donné que les gaz à effet de serre au Canada proviennent à 80 % du secteur de l'énergie, quelles seraient les meilleures options énergétiques par rapport à la santé des Canadiens?
Dr Dibble: Il est bien connu que l'activité physique favorise une bonne santé cardiovasculaire. Une des meilleures options énergétiques serait donc d'utiliser l'énergie humaine plutôt que celle des véhicules pour se rendre du point A au point B. Ceux qui le peuvent devraient effectuer leurs déplacements à pied ou à vélo. Comme environ 30 % des émissions de gaz proviennent des véhicules, il s'agirait d'une excellente façon d'améliorer non seulement notre santé cardiovasculaire, mais aussi de réduire notre empreinte carbone.
Parmi les autres options à envisager, les Canadiens pourraient tenter de réduire leur empreinte carbone en surveillant de près leur consommation d'énergie, principale source d'émissions de gaz à effet de serre. En se tenant loin des combustibles fossiles et en favorisant les énergies renouvelables, il serait possible de réduire substantiellement les émissions de gaz. Plusieurs professionnels de la santé au Canada font déjà équipe pour soutenir une campagne justement ce but.
Vert santé: Si vous pouviez rédiger une « ordonnance » pour résoudre le problème des changements climatiques, quelle serait-elle?
Dr Dibble : Obtenir un consensus international à propos de la sévérité du problème serait déjà un premier pas important. Jusqu'à ce que les gouvernements travaillent de concert pour s'attaquer au problème à l'échelle mondiale, dans un esprit de coopération, je crois qu'il sera trop difficile en tant qu'individus de tout faire par nous-mêmes. Mon ordonnance serait que les dirigeants des pays industrialisés et des pays en croissance rapide se rencontrent dans une pièce et n'en sortent pas avant d'avoir conclu un accord contraignant sur le prix du carbone, qui serait applicable mondialement.
J'aimerais aussi voir le Canada prêcher par l'exemple. Oui, nous sommes assis sur un énorme dépôt de pétrole avec les sables bitumineux d'Athabasca, mais il s'agit de la source de pétrole la plus sale de la planète et de la source d'émissions de gaz à effet de serre qui connait la croissance la plus rapide au pays. Ce n'est pas parce qu'il y a une demande que nous devons absolument y répondre. Dans l'état actuel des choses, le pétrole est la drogue, la planète est l'accro et le Canada est le revendeur. Je crois que l'opportunité de devenir le fer de lance d'un mouvement mondial en faveur des énergies renouvelables se trouve à portée de mains. C'est à nos dirigeants politiques de faire les bons choix, mais nous devons unir nos voix pour leur faire part de nos préoccupations, pour qu'ils sachent ce qu'on pense de cette situation.
Vert santé : En tant qu'individus, qu'est-ce que nous, Canadiens, pouvons faire pour protéger notre santé des effets des changements climatiques?
Dr Dibble : Diminuer les risques de maladies en adoptant de saines habitudes de vie serait déjà un bon départ. Ceci implique de faire de l'exercice, d'avoir une saine alimentation en évitant les abus, de ne pas fumer, de connaître ses propres facteurs de risque tels que pression sanguine, diabète, taux de cholestérol, et de suivre des traitements au besoin. Un corps en santé sera beaucoup plus apte à faire face aux effets des changements climatiques qu'un corps malade. Militer pour une planète en santé et trouver des solutions dans nos vies personnelles et en famille afin de minimiser les effets néfastes font aussi partie des gestes importants que l'on peut poser. Comme le dit le proverbe : «Mieux vaut prévenir que guérir».


