Photo: Est-ce que les changements climatiques vous dépriment ?

(Crédit: Pixel Addict via Flickr)

Par Dr Courtney Howard

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Lorsqu'on me dit changement climatique, je pense tout de suite aux moustiques!

Les moustiques raffolent du changement climatique. Ils se multiplient avec la hausse des températures et le changement des régimes climatiques. Porteurs de malaria, de dengue et de fièvre jaune, ils envahissent de nouveaux territoires. Nous les détestons aujourd'hui et les détesterons demain encore plus que jamais, car ils tueront sûrement plus qu'auparavant. Le niveau des océans s'élèvera et des milliers de populations humaines devront migrer. Les effets seront dévastateurs : bouleversements sociaux mais aussi pénuries d'habitation, de nourriture et d'installations sanitaires. Le manque de ressources engendrera la colère, la peur, la violence et les blessures. L'anxiété grimpera. Les enfants asthmatiques respireront mal et la chaleur tuera les personnes âgées, plus vulnérables. Ici et là, la sécheresse et les inondations frapperont. Tel que résumé dans un article récent du journal médical The Lancet : « Les riches seront moins à l'aise... les pauvres mourront ». Le changement climatique a été désigné par les auteurs comme la pire menace du 21ème siècle.

Comment vous sentez vous à la lecture de ces quelques lignes?

Si vous êtes comme la plupart des gens, c'est le genre de nouvelle qui vous donne l'envie de serrer vos enfants tout contre vous ou de vous évader en regardant « La fièvre de la danse » avec une bouteille de vin ou un paquet de biscuits. C'est également le genre de nouvelle qui peut vous empêcher de dormir, vous désespérer et même vous ôter le goût de vous atteler à vos tâches. Tandis que j'amassais des connaissances sur les problèmes de santé liés à l'environnement, par un frisquet mois de décembre arctique à Inuvik, ma mine était si basse qu'une infirmière compatissante et inquiète, m'a demandé si le quart de nuit avait été difficile. En réalité, je commençais mon quart de jour.

Ironiquement, quoiqu'un problème de nature physique, le changement climatique pourrait se faire ressentir d'abord à travers une crise de santé mentale. Ceci n'est pas sans importance pour la survie. Ce qui changera la donne sera notre capacité à accepter les mauvaises nouvelles sans entrer dans un état catatonique (schizophrénique) ou de négation, mais en agissant de manière constructive. Une ordonnance de survie doit tenir compte de notre état émotif, sans quoi nos modèles d'action ont de fortes chances de demeurer les mêmes. Voici une suggestion de la marche à suivre :

Étape 1 : Comprenez-vous et écoutez-vous. Comment réagissez-vous à l'annonce de ce diagnostic pessimiste? En empruntant l'échelle utilisée en psycho-oncologie : Quel type de stratégie d'ajustement adoptez-vous?

a) Esprit combatif: « C'est un défi que je vais relever »; b) Impuissance/Désespoir; c) Préoccupation anxieuse; d) Fatalisme: « Je n'y peux rien »; e) Evitement?
Quelles sont les forces et les faiblesses inhérentes à vos réactions?

Étape 2 : Décidez. Voulez-vous affronter ce problème? Voulez-vous FAIRE QUELQUE CHOSE?

Étape 3 : Attendez-vous à une réaction émotive et créez-vous un régulateur de bonheur pour ne pas vous sentir trop écrasé si vos premières tentatives de FAIRE QUELQUE CHOSE n'ont pas les succès escomptés. Si vous développez des symptômes de dépression ou d'anxiété, consultez un médecin. Si vous êtes juste un peu déprimé, ces quelques outils de psychologie pourraient vous aider à créer un régulateur de bonheur afin de vous aider dans votre combat climatique :

  • Rehausseurs de bonheur : Passer du temps en compagnie de votre famille et de vos amis; se marier; entreprendre un travail qui vous tient à cœur; faire du bénévolat; avoir une vie spirituelle; faire des activités qui vous font oublier le temps qui passe; faire de l'exercice.
  • Les solutions temporaires (qui n'ont que l'apparence de rehausseurs de bonheur): Le chocolat; le fromage; l'alcool; le sexe sans attachement.
  • Les tueurs de bonheur : Penser que le fait d'acheter des objets vous rendra heureux. Ma stratégie personnelle inclut (avant même de tenter de FAIRE QUELQUE CHOSE) : faire beaucoup d'exercice; gratter atrocement la guitare et faire une séance de danse-défoulement obligatoire (à 14 h) . Vous trouverez ce qui fonctionne pour vous.

Étape 4 : Trouvez ce que vous voulez faire. Lisez, apprenez, soutenez, donnez. Vous ne pouvez peut-être pas faire tout en même temps; alors faites un premier pas, allez-y, et avec cette nouvelle perspective, choisissez une direction à prendre.

Vous finirez par rencontrer des gens ou des idées qui vous stimuleront. Pour moi, maintenant, ce qui importe est de faire une recherche qui décrit des solutions gagnant-gagnant plus saines, plus propres et qui font économiser de l'argent à l'État.

Adoptez le vélo ou la marche : cela réduira vos chances de dépression, de démence, d'obésité, de cancer et de maladies du cœur (et les frais afférents), tout en réduisant vos émissions de GES et le smog. Mangez moins de viande et de produits laitiers : vous utiliserez moins d'eau et d'énergie et aurez moins de chances de développer un cancer colorectal ou de faire une crise cardiaque.

J'aime les solutions gagnant-gagnant car j'y vois des fruits prêts à être cueillis. Je les encourage à chaque occasion... entre mes séances de danse ou mes complots contre les moustiques.

Dr Courtney Howard Courtney Howard est médecin en salle d'urgence à Ottawa et membre du conseil d'administration de l'Association Canadienne des médecins pour l'environnement. Elle s'engage dans de nombreux « locum tenens » dans l'Arctique canadien; à savoir qu'elle remplace temporairement des médecins ne pouvant pas assurer leurs fonctions.

Courtney est actuellement dans l'attente de partir en mission avec Médecins sans frontières afin d'exercer son métier et d'aider des populations dans le besoin.

16 mars 2010

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